"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Instants

Une prison de moins

Des fois tu cherches ta fourchette et elle est dans ta main. des fois tu cherches tes lunettes que t’as sur le nez. des fois tu te demandes quel mur tu essaies de détruire et t’as tellement le nez dessus que tu prends le rouge de la brique pour de la colère. Et puis, y’a 3 jours, j’ai éclaté de rire en regardant la fourchette dans ma main. Ou le mur, ou je sais plus quelle métaphore filer, bref. Un an que j’ai tout plaqué, mon mec ma vie ma ville, j’ai bazardé l’intégralité de mes livres, disques, dessins, du passé faisons table rase, je suis pas tellement du genre à faire dans la dentelle, la faute à mon virilisme. C’est pas pour raconter ma vie, mais pour contextualiser un peu. Et puis je suis partie en quête de je sais même pas quoi.

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A LA UNE

Non, il n’est pas possible de séparer la « critique des médias » de la défense de Bachar al Assad

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La crise qui vient de s’abattre sur Le Média est assez symptomatique et aussi un révélateur de ce qu’est la critique des médias. Le Média et sa ligne éditoriale sur la Syrie n’est pas un accident de parcours mais une tentative courageuse de traduire la critique des médias en actes. Et il n’a pas démérité, il est un pur produit de la “critique des médias” et de ce qu’elle est destinée à produire.

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Médias alternatifs

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C’est vraiment amusant, cette arnaque sémantique, parce que finalement c’est un peu la seule de nos ruses de militants qui voulaient devenir modernes qui a fonctionné. A la fin des années 90, c’était horriblement has been, d’être genre militant révolutionnaire classique. Bon déjà, on avait eu la chute du Mur de Berlin. C’était pas seulement l’effondrement des staliniens, c’était l’effondrement tout court, la révolution ça ne faisait pas rêver. Et en plus, on avait Robert Hue ou des trucs comme ça. Les anarchistes, c’était pas mieux, les gens aimaient bien le style mais bon après de là à militer sur la base de révolutions ratées y’a 70 ans, bon. Non, militer c’était un gros mot. Ringard et suranné. Comme “journal militant”, Comme “parti” ou “organisation”. Il fallait plus dire ça. Il fallait dire ” réseaux” , “coordination”, “activiste”. Et “alternatif”. Gommer la notion de conflictualité, d’opposition, non , fallait être vecteur d’agitation et de cogitation, tu vois. Entre individus totalement libres et indépendants, pas de rapports de pouvoir, mais non, mais non. Donc du coup, hors de question de faire un “site militant”. Ben non, “média alternatif”. Objectif, neutre, indépendant. Surtout que les gens croient pas s’engager avec toi, hein.

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A quoi servent les Fake News?

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Fondamentalement à quoi servent les « fake news » ? A quoi servent les « news » en fait ? A créer du lien social. D’un point de vue fonctionnel, les news ça ne sert à rien d’autre. On ne va pas soudain changer de vie en apprenant une nouvelle. Par contre, on va en parler au café ou au boulot « tu as vu ? – oh ouais c’est terrible – oui, en effet ». Autour d’une news, on échange, on partage, on témoigne de son attachement à certaines valeurs auprès d’un autre humain qui va répondre positivement ou négativement. En partageant une nouvelle avec ses semblables on crée la société démocratique en réalité qui existe principalement dans ce genre de partage. On vote une fois de temps en temps mais tous les jours on va échanger avec les autres sur le pluralisme de la société : « tiens tu as vu y’a des gens dans la société qui croient que la terre est plate – oui c’est fou dans quel monde on vit… » : c’est en partageant des news qu’on se rend compte des valeurs partagées, de l’existence d’autres groupes sociaux avec d’autres valeurs, de la pluralité des points de vues etc. Ce principe non-fonctionnaliste fait qu’il est difficile, dans nos sociétés capitalistes, de comprendre à quoi peut bien servir une news et à quoi les médias servent en général. Ca produit rien d’autre que du lien social ? Mais ça sert à rien !? D’où une…

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Pierre le Corf, dans l’enfer de la propagande du régime de Bachar-al-Assad

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On pourrait le prendre pour un de ces illuminés comme les guerres en attirent immanquablement, un garçon en mal d’aventure venu se payer le grand frisson en Syrie. On pourrait être seulement désolé pour lui et passer son chemin sans plus d’un haussement de sourcil. Il aurait dû rester une anecdote sordide dans une histoire qui le dépasse. Seulement voilà : le bougre est diablement moins ingénu qu’il ne veut le laisser paraître et s’est fait en quelques mois une place coquette sur les réseaux sociaux et dans la presse. On a même vu sa ganache faire l’objet d’un sujet du JT de France 2 le 5.10.2016, un de ces « grands médias » qu’il vilipende pourtant à l’envie à coups d’ « on vous ment, on vous manipule », credo qu’il partage avec la fachosphère 2.0. Alors face au succès, Dieu merci tout relatif, d’un story telling séduisant et au moment où Bachar et Poutine mettent à mort le peuple syrien, je ne pouvais pas rester sans réagir.

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Point de suspension, retrait définitif!

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En décembre 2017, Gallimard annonçait la réédition des pamphlets antisémites de Céline, dont l’un publié sous l’Occupation. À la mi-janvier, sous la pression, Antoine Gallimard annonce une « suspension » provisoire, se déclare victime de la censure et accuse « les musulmans » d’être les « vrais » antisémites. Ce 19 janvier 2018, quelques amis de la bien-pensance sont allés à la librairie Gallimard pour y lire des extraits de la prose exterminatrice de Céline et exiger le retrait définitif du projet de réédition. De fait, « créée en 1919 par Gaston GALLIMARD pour servir de vitrine aux publications de sa maison, la librairie continue à présenter tout le fonds disponible des Editions GALLIMARD », même si elle est aussi devenue « une librairie générale ouverte à la production des autres éditeurs » (selon la description du site). Pourtant, la lecture a suscité des violences verbales et physiques du personnel de la librairie, au prétexte que ces amis de la bien-pensance se seraient trompés d’adresse. Ils ont d’ailleurs été soutenus par des clients qui se sont comportés en propriétaires et en ardents défenseurs de la liberté d’expression antisémite. Une illustration des limites de la liberté d’expression chez Gallimard. La haine, oui, l’action pacifique, non. Face à l’antiracisme, plutôt censeurs.

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Liberté pour les prisonniers syriens, Freedom for Syrian prisoners!

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“The withdrawal of Assad has ceased to be a priority” – is repeated in the European as well as International Summits. Some like Emmanuel Macron even dare to specify that they do not deny Assad’s crimes against humanity and that maybe one day they’ll demand accountability for those crimes. In this terrible moment when democracies define that a bloodthirsty dictator is unavoidable, we are not only walking on the graves of those who have been killed by the tormentor – but the words and actions of those politicians burry alive the revolutionaries.

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Paris with Syria

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La révolution n’est pas morte. Et de par le monde, son message s’est diffusé, parfois au hasard, comme ces balles de ping-pong recouvertes de mots pour la liberté qui dévalaient les rues syriennes dès 2011. Tant que les messages continueront à dévaler les rues, il y aura quelqu’un pour les ramasser et les renvoyer. 

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Machiavel, la realpolitik et la guerre en Syrie

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Certes, Assad est un tyran qui massacre son peuple, mais… Voici l’argument ultime et absolu des défenseurs de la politique d’Assad et de Poutine en Syrie : évacuer toute morale pour légitimer une realpolitik. Leurs opposants tentent sans aucun succès d’argumenter justement l’humain, la morale, l’éthique, le droit de la guerre, les valeurs sur lesquelles se fondent nos sociétés, les images choquantes de la réalité du massacre. En réalité les pro-Poutine et pro-Assad sont moraux et leur problème n’est pas à l’origine un déficit d’éthique. Ils reconnaissent que Bachar est un tyran, ils savent faire la différence entre le bien et le mal, simplement ils choisissent le mal. C’est un choix pleinement conscient et libre et qu’il est impossible de changer en leur demandant de prendre en compte des arguments éthique et moraux qu’ils ont déjà pris en compte dans leur réflexion. En fait, le choix du mal est un choix éthique. Le réel problème de ces personnes se situe ailleurs : la realpolitik. Et surtout dans la définition qu’en donnent ses partisans : la realpolitik serait simplement le choix du mal. La seule difficulté de la realpolitik serait en fait de faire ce choix et de le tenir courageusement face aux « bisounours », aux « bienpensants », aux « humanistes ».

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