"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Joël Giraud et le conspirationnisme: qui se cache derrière les chemtrails ?

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Le secrétaire d’Etat à la ruralité , Joël Giraud est donc un politique qui n’a pas hésité à promouvoir une théorie conspirationniste à l’Assemblée Nationale, en se servant des questions écrites au gouvernement. La chose a suscité quelques articles, qui ont un petit défaut: en limitant le sujet aux “chemtrails”, elles donnent l’impression que l’on est face à un député un peu farfelu, pas très sérieux mais quand même inoffensif. Les élucubrations sur les chemtrails sont en effet très répandues et nous avons tous un pote de barbecue qui, il y a quinze ans, voyait des OVNIS dans le ciel et y voit maintenant de mystérieux épandages faits par des puissances obscures. Ca ne va pas bien loin, et c’est un peu ridicule. Sauf qu’on ne parle pas d’un pote de barbecue mais d’un membre du gouvernement français. Qui n’est pas un “bleu” en politique, pas un de ces députés LREM sortis de nulle part. Joël Giraud est député depuis 2002, rapporteur du budget depuis 2017 . Il a également été vice-président de conseil régional et maire. Un homme politique expérimenté et influent, donc. Cela vaut donc la peine d’aller un peu plus loin que simplement tourner en ridicule une question en apparence lunaire . Pour qui connaît un peu les méthodes des mouvances conspirationnistes et néo-fascistes, il est habituel que des théories en apparence plutôt inoffensives soient juste un sas d’entrée vers des choses beaucoup plus politiques. Reprenons donc la question écrite exacte , disponible sur le site de…

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Attentat contre la synagogue de Halle: un “loser” sanglant.

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Négationnisme/Non classé/suprémacisme blanc by

Au deuxième jour de son procès, entamé le 23 juillet, Stephan Balliet rit devant la vidéo de son attaque meurtrière contre la synagogue de Halle le 9 octobre 2019, attaque lors de laquelle il n’a finalement pu tuer « que » deux personnes, Jana Lange qui passait dans la rue, et Kevin S. qui déjeunait dans un kebab qu’il a mitraillé. Lorsque les juges et les familles des victimes s’émeuvent de ses ricanements, il dit qu’il s’amuse « seulement » de quelques unes de ses vannes, et pas spécialement de ses crimes, qu’il assume, cependant. Tout comme il assume d’être négationniste, et de penser que les Juifs doivent être exterminés car ce sont eux qui organisent le Grand Remplacement. Pourtant Stephan Balliet est profondément déçu de lui même. Déjà, dans la vidéo qu’il a diffusé en direct pendant l’attaque, il s’auto-dénomme « le loser » parce qu’il n’ arrive pas à faire sauter la porte de la synagogue pour perpétuer un massacre. Stephen Baillet a 28 ans. Et pour lui, réussir sa vie, c’était parvenir à tuer un maximum de Juifs, le jour de Yom Kippour. C’est du moins ce qu’il a mis tout en haut de sa liste de « réussites », faite à la manière d’un barème de jeux vidéos permettant d’obtenir des badges ou d’accéder au niveau supérieur. Il en avait listé 25 plus un malus, si jamais il se blessait lui-même. La liste qui clôture le manifeste posté sur un forum suprémaciste et sur le Dark net, est rédigée comme suit. Les ”…

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Ghetto de Varsovie: les visages de l’insurrection

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Mémoires Vives/Non classé by

Le 19 avril 1943 débute la « liquidation » du ghetto de Varsovie. Créé à la fin de l’année 1940 au cœur de la capitale polonaise, il a vu passer plus d’un demi-million de juifs. Cent mille d’entre eux y ont trouvé la mort jusqu’à l’été 1942, du fait des conditions meurtrières créées par les Allemands. A l’été 1942, dans le cadre de la « solution finale », 260 000 personnes sont déportées à Treblinka. Au mois de janvier suivant les SS reprennent les déportations, mais elles sont interrompues par les premières actions armées des groupes de résistances juives. Deux organisations coexistent. Le Żydowski Związek Wojskowy (ZZW, Union militaire juive), commandée par Pawel Frenkiel, 23 ans, rassemblant les militants des partis de droite, et la Żydowska Organizacja Bojowa (ZOB, Organisation juive de combat), où se retrouvent les militants de gauche. Alors que les ZZW et ZOB s’organisent afin de combattre les Allemands, des centaines de bunkers souterrains sont aménagés par la population. Lorsque le 19 avril 1943 les SS lancent leur opération, il reste de 50 000 à 60 000 Juifs dans le ghetto. Le ZZW (environ quatre cents combattants) et la ZOB (environ 750 combattants), ainsi que des groupes « sauvages » non affiliés, font face aux Allemands et livrent combat pendant près d’un mois.   19 avril 1943. A 3h du matin 850 SS commandés par 16 officiers encerclent le ghetto de Varsovie pour procéder à sa liquidation, après une première tentative en janvier. Ils pénètrent à 6h…

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Inégalités scolaires face à la pratique de l’écriture, appel à enquête

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    NDLR :Nous relayons ici cet appel à volontaires pour participer à un travail d’enquête sur les inégalités scolaires. Il s’adresse aux anciens élèves, aux enseignantEs, aux AESH, et à tous les salariéEs et bénévolEs concernéEs ou impliquéEs sur ces questions. Le questionnaire est en ligne ici Dans le cadre d’un cours de licence 3e année consacré à la critique face à la littérature documentaire, j’ai proposé aux étudiant.es de se lancer en groupe dans un travail d’enquête documentaire afin d’éprouver les vertus, en les mettant en pratique à l’échelle d’un article de presse, des quelques principes de l’éthique documentaire. Bien sûr, les étudiant.es étaient invité.es à déterminer l’objet de leur enquête, dans laquelle je n’ai fait que les accompagner. Ça a fonctionné au-delà de mes espérances, au point que beaucoup d’étudiant.es se sont accroché.es à leur projet d’enquête dans les conditions du confinement alors que la tâche était devenue facultative. J’ai par exemple recueilli des enquêtes, réalisées à partir d’un travail de terrain, sur les violences sociales et politiques vécues de nos jours par – je reprends les termes employés par les étudiant.es – la communauté LGBTQIA+, les prostituées, les employé.es de la Poste, celles et ceux de MacDo, les paysan.nes, les membres du réseau social Instagram, les victimes de harcèlement scolaire. J’écris ce statut avec l’accord d’un étudiant lancé pour sa part dans une enquête relative aux “inégalités scolaires face à l’apprentissage et la pratique de l’écriture en primaire et au collège”. Je lui ai proposé de…

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Universalité, équité, justice : le sens des mots

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L’une des caractéristiques du pouvoir actuel est d’utiliser à tout propos les mots du libéralisme politique pour en travestir le sens, tout en détruisant les fondements de la démocratie libérale, notamment les droits civils, pour réprimer toute contestation de sa politique économique néolibérale. Nous reproduisons ici, avec son autorisation, le texte d’Alain Policar, initialement paru le 25 décembre dans Libération, texte qui remet à sa juste place le concept d’universalité qu’osent utiliser les imposteurs du macronisme. On parlera désormais, pour évoquer l’usage des mots par l’actuel pouvoir, de la «langue de la macronie». Langue dévoyée qui mobilise de grands principes pour en détourner le sens. L’universalité est ainsi confondue avec l’uniformité. Il faudrait, au nom de la justice sociale, appliquer un système unique, dit universel, à des situations diverses. L’idée sous-jacente est d’imposer, par l’usage d’un terme consensuel, la conviction de la nécessité de la réforme : ce qui est universel serait nécessaire. Nommer les choses (en l’espèce, mal nommer), c’est performativement chercher à imposer une réalité. De quelle nécessité est-il ici question ? Celle de la compétitivité de l’économie française en contexte néolibéral. Dans cette perspective, il faut en finir avec l’Etat-providence et, pour y parvenir, intervenir massivement : ne plus se contenter de laisser faire mais dessiner un autre avenir dans lequel, comme l’écrit suggestivement Barbara Stiegler sur AOC, la retraite serait devenue un archaïsme, et où l’objectif serait de travailler jusqu’à la mort. Or, alors que l’on nous vante la valeur de l’égalité, on refuse de considérer…

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Polanski: la censure, si seulement…

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Ce sont les idées progressistes radicales qui sont en état de censure sociale dans ce pays. La victoire du retournement victimaire opéré par les réactionnaires et les fascistes en est un des symptômes. Pendant des années, le public de Dieudonné avait cet étrange discours: revenant du Zénith ou d’un théâtre qui avait pignon sur rue, il nous traitait de censeurs en nous mettant en lien des vidéos de Dieudonné virales et vues des millions de fois. A gauche, des centaines de textes et de commentaires défendaient sa liberté d’expression et l’infime minorité qui se positionnait contre ces défenses était traitée comme si elle avait le pouvoir du NKVD. En 2014, l’interdiction d’un de ses meetings sur des milliers, UN seul fut une affaire nationale où il eut le soutien de forces venues de l’ensemble du champ politique. Dans ces mêmes années, le succès des thèses racistes, antiféministes, réactionnaires se matérialisa notamment par leur diffusion permanente à des heures de grande écoute et sur des médias très regardés. Dans les talk shows, sur les chaînes d’info en continu, Zemmour ne fut pas le seul à devenir ce qu’il faut bien appeler une star. On vit défiler des prêtres homophobes, des jeunes femmes contre l’IVG, des dénonciateurs du Grand Remplacement ou du Grand Ensauvagement comme Laurent Obertone. On vit, le soir de l’assassinat du jeune militant antifasciste Clément Méric, une invitation faite à Serge Ayoub sur une chaîne d’information, on invitait donc le néo-nazi qui avait formé les tueurs. Outre leur modèle…

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Les droits de l’homme rendent-ils idiot ?

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C’est un livre pour les idiots utiles de la tyrannie des minorités. Un livre pour les bisounours déconnectés et has been, qui croient encore que bien penser n’est pas une tare, qu’il vaut mieux être politiquement correct que d’extrême-droite, et que démocrate droit de l’hommiste bon teint est moins une insulte que sale fasciste. Un livre décalé, hors du temps qui développe une idée tout à fait surannée. Affirmer comme principe fondateur que les hommes naissent libres et égaux en droits serait un bon socle pour définir l’orientation de l’avenir de l’humanité. Rires. Sarcasmes. Déconstruction. Paradoxes brillants et non conformistes. Les droits de l’homme franchement ? 1789, vraiment ? Et pourquoi pas mai 68 ? L’ouvrage de Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère «  Les droits de l’homme rendent-ils idiot » n’est pas un livre pour 2019. Disons le franchement, il ne trouvera pas son public. Pour que ce soit le cas, il aurait fallu que son contenu arrange une force politique influente dans le temps présent. Ce n’est pas le cas. Il n’épargne personne. Certes, il fait une critique acérée du mythe populiste de la démocratie formelle, réduite à l’existence de scrutins électoraux exprimant la volonté du Peuple. Il rappelle que le vote n’est qu’une des conditions de la démocratie, que sans droit à l’information libre et éclairée, sans protection des opposants politiques, la Majorité n’est pas démocratique . Dans des pays comme la Russie, la Hongrie ou le Brésil, là où l’on tue des journalistes, là où les voix discordantes sont tabassées et…

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De Christchurch à El Paso, le “Blanc” n’existe que par le sang.

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Le 3 août 2019, à El Paso au Texas Patrick Crusius a parcouru 1000 km, puis armé d’un AK 47, il a tiré dans un supermarché abattant 20 personnes, dont plusieurs enfants. Le jeune homme avait 21 ans, il était décrit comme plutôt solitaire et moqué au lycée où il allait précédemment. Il a laissé un manifeste de quelques pages, très ordonné, expliquant avoir agi contre le Grand Remplacement perpétré par les Mexicains. Patrick Crusius n’était pas un Loup Solitaire. Brenton Tarrant, le tueur de Christchurch n’était pas un Loup Solitaire. Les tueurs djihadistes qui n’ont pas de liens matériels avec Daech ne sont pas des Loups Solitaires. Mais au contraire des tueurs parfaitement socialisés politiquement, mais une sociabilité fantôme, ou du moins perçue comme telle dans des sociétés où la révolution technologique est en cours, et où les critères utilisés pour définir la sociabilité “réelle” et la sociabilité ” virtuelle” sont totalement dépassés, accordant une essence de “réalité absolue” à la première et un caractère faible et illusoire à la seconde. Patrick Crusius faisait réellement partie de la même organisation politique que Brenton Tarrant. La première ligne de son manifeste lui rend hommage comme à un frère et à un camarade dont il partage non seulement la vision du monde mais la méthode de lutte politique: le meurtre de masse qu’il considère comme une guerre impitoyable. De fait, le terme importe peu au regard des faits:les centaines de morts sont désormais abattus chaque année par des soldats d’une armée…

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Négationnisme: après la chute de Chouard, briser les cycles de l’antisémitisme de gauche

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C’était il y a un peu plus de dix ans, le 26 décembre 2008. Dieudonné faisait acclamer le négationniste Robert Faurisson sur scène au Zénith de Paris. Pour la gauche radicale c’était un énorme traumatisme, d’autant plus violent qu’il était non dit, étouffé sous des montagnes de déni et de désarroi politique silencieux. L’homme qui avait réussi à faire monter l’obscur négationniste sur la scène d’une grande salle parisienne, à le faire applaudir par une salle chauffée à mort avait été un compagnon de route de la gauche antiraciste. Une de ces petites célébrités que les organisations se disputaient pour venir faire une apparition dans leur cortège de manifestation. Un des héros de la lutte antisioniste tellement en vogue dans les années 2000. Il y avait cependant une vague consolation. Dieudonné à ce moment là, était déjà parti officiellement à l’extrême-droite. De lui-même, mais enfin, il n’était plus des « nôtres », et l’ensemble de ceux qui l’avaient soutenu depuis ses propos antisémites du début des années 2000, et ne l’avaient renié que lors de ses embrassades avec Jean Marie Le Pen en 2006 se réfugièrent là dedans. On gardait l’eau sale du bain antisioniste, mais l’atroce bébé était seulement notre rejeton indigne, nous n’avions plus rien à voir avec ses turpitudes, après tout il nous avait rejetés. Cet alibi, la gauche radicale ne l’aura pas avec Etienne Chouard. De notre rapport à l’antisémitisme, de ces eaux brunes que nous n’avons jamais purgées, la bête négationniste est sortie une nouvelle fois. Mais…

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Trump is Death, Abortion is Life.

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J’ai avorté. Pourquoi, ce n’est l’affaire de personne, sauf la mienne. La semaine dernière, j’ai participé à un rassemblement local de la Journée d’action pour défendre le droit à l’avortement. Parallèlement aux demandes de dons et à la participation sur le terrain, les organisateurs ont demandé à celles qui avaient bénéficié d’un avortement de partager leurs histoires. Les organisateurs ont théorisé qu’en parlant de nos expériences, nous pouvions personnaliser l’acte, l’humaniser. Comme pour la sexualité ou le genre, peut-être, devions-nous nous définir par nos avortements. Mes fils d’actus de réseaux sociaux sont remplis d’histoires d’âmes courageuses offrant leurs traumatismes en sacrifice à la justification de l’avortement. Pour beaucoup, il y a un élément émotionnel profond dans la décision d’avorter. Elles confessent toutes les raisons de leur décision comme si elles demandaient pardon. Victimes de viol. Victimes d’inceste. Victimes d’abus. Foetus non viables. Complications potentiellement mortelles pour la mère ou l’enfant. Mon coeur a mal pour elles , vraiment. Je crois que leurs motivations sont nobles. Mais leurs histoires détournent l’attention de la manière dont cet argument devrait vraiment être encadré. Qu’en est-il de celles d’entre nous qui ne sont pas victimes? Qu’en est-il de celles qui se sont simplement retrouvées enceintes? L’avortement ne doit pas nécessairement être motivé par un traumatisme. J’ai avorté. Je ne vais pas vous dire quel âge j’avais, ou quelle était ma situation à l’époque. Je ne vous dirai pas si j’avais utilisé ou pas une autre méthode de contraception. Je ne vais pas vous dire…

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