"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Hélène de Gunzbourg

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Hélène de Gunzbourg

Le désir de révolution et le religieux au temps de 68

in Féminisme/Mémoires Vives/Religions/Révolution by

En 1968, nous les jeunes militants révolutionnaires rêvions d’un autre monde et nous étions sûrs qu’il allait advenir. En pleine guerre froide alors que la décolonisation commençait à peine et que nous sortions de deux guerres coloniales sanglantes en Indochine et en Algérie, deux défaites pour la France, alors qu’au Vietnam les gouvernements américains s’enlisaient dans une interminable et terrible guerre contre les combattants de la liberté et que la jeunesse progressiste luttait à la fois pour les droits civiques et contre la guerre qui les décimait, nous rêvions de Révolution. L’ « immigré » Il n’y avait pas de jeunes immigrés ou « issus de l’immigration » dans les banlieues. Les immigrés qui venaient en France travailler dans les usines automobiles, vivaient pour la plupart seuls dans des foyers sordides, deux ou trois par chambres minus­cules. Ils dormaient sur des lits superposés de métal et parfois lorsqu’ils faisaient les trois-huit, ils se partageaient le même couchage à des horaires différents. Ils préparaient collectivement leur nourriture dans des grands chaudrons sur des réchauds à gaz ou à alcool. Le soir, ils se retrouvaient devant le couscous le plat de poisson ou au café. Sans femmes, sans enfants, ceux-là étaient au pays, dans leurs tribus ou leur bled aride et mi­sérable. L’ouvrier immigré ne rentrait chez lui qu’une fois par an s’il avait pu économiser pour payer son voyage. Le regroupement familial n’existait pas. « L’immigré » était mascu­lin, seul et adulte. D’ailleurs il n’y avait pas encore de barres d’HLM en banlieue, ou si peu. Par…

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Le nom Rothschild dans la campagne présidentielle

in Chroniques du déni by

Le texte « Le nom Rothschild dans la campagne présidentielle » fut écrit en février 2017 et se trouva refusé de manière indirecte, car tout simplement ignoré, par le journal Libération, ainsi que par le Monde. Très peu de personnes semblaient alors sensibilisées par l’accroit de l’antisémitisme pendant la campagne présidentielle, et beaucoup en revanche participaient à sa vulgarisation, ou alors faisaient semblants de ne pas reconnaître son visage. Nous jugeons que cela est encore le cas, voire même que nous assistons à un antisémitisme de plus en plus propagé et assumé. Notamment avec les Gilets Jaunes employant le symbole antisémite des « Rothschild » pour appeler à la démission du président, associé depuis la campagne présidentielle à Emmanuel Macron (« Les Rothschild ne sont pas les bienvenus ici »; « président Rothschild » ou les appels de plus en plus récurrents à s’attaquer à la “loi Rothschild” qui serait la cause des malheurs économiques du pays). Certains Gilets Jaunes manifestent même main dans la main avec l’extrême droite, notamment avec Hervé van Laethem (mouvement Nation) et Udo Foigt (NPD) de l’ultra droite Allemande, comme le 8 févier 2019 devant la banque Rothschild à Bruxelles: “C’est une bonne chose de mener une action ici devant les bureaux de la Banque Rothschild, car cette banque est emblématique du combat que doivent mener les gilets jaunes contre le pouvoir de l’argent. D’abord car rappelons qu’Emmanuel Macron a été (est toujours?) un employé de cette banque.” Ce même Udo Foigt, membre de parlement…

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A l’origine du journal Libération, l’APL, l’Agence de Presse Libération

in Mémoires Vives by

Le 18 juin 1971 une petite agence de presse est créée par des militants maos de la Gauche Prolétarienne et Maurice Clavel journaliste résistant catholique et gaulliste de gauche. J’imagine que la date du 18 juin fut choisie par ce dernier, en souvenir de l’appel du 18 juin 40. Cette agence de presse fut la matrice du journal Libération et j’ai vécu cette aventure. Comment le projet d’une agence de presse, d’extrême gauche, révolutionnaire, porté par les maos et quelques journalistes engagés put-il voir le jour et donner naissance à un nouveau journal Libération quelques mois plus tard ? 3 ans à peine après mai 68, les mouvements d’extrême gauche qui se voulaient pour la plupart révolutionnaires en France contestaient les pouvoirs établis: l’Etat et sa police, le capitalisme et la violence des milices patronales, le patriarcat puisque le mouvement de libération des femmes commençait à s’organiser en marge des groupuscules révolutionnaires où les hommes dominaient largement la parole et l’action, l’impérialisme qu’il soit américain ou soviétique (la guerre du Vietnam et la répression du printemps de Prague étaient encore très présents dans nos esprits), sans parler de l’antisionisme qui à l’époque ne se confondait pas encore avec l’antisémitisme. Le sionisme nous apparaissait en effet depuis l’occupation prolongée des territoires conquis en 67 comme un nouvel impérialisme à la solde de l’Amérique et nous n’hésitions pas à nous déclarer, pour certains d’entre nous, juifs et antisionistes[1]. La répression était terrible. Les mouvements d’extrême gauche étaient immédiatement dissous par l’Etat, les manifestations…

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