"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Laïcité

Comment être souverainiste et républicain? L’islamophobie

Suite au discours glaçant du président de la République sur l’instauration d’une “société de la vigilance” face à “l’hydre islamiste”; suite à la scène terrible de cet élu fasciste interpellant une femme voilée devant son fils lors d’un conseil municipal; suite à l’attentat islamophobe de Bayonne survenu le 28 octobre dernier; suite à l’interview de Macron dans Valeurs Actuelles venant ainsi cautionner les précédentes horreurs, un appel à manifester contre l’islamophobie fut lancé par la gauche radicale et le CCIF. Cet appel et cette manifestation déclenchèrent alors un déluge de réactions, y compris de la part de gens dont on aurait pu s’attendre à ce qu’ils choisissent un autre moment pour ressortir leurs versions soft de la tenaille identitaire. Parmi ces réactions, la plus emblématique nous semble être celle de République Souveraine, le mouvement de Georges Kuzmanovic, qu’on pourra lire ici dans le journal Marianne contrôlé par la souverainiste d’extrême droite Natacha Polony. Car cette tribune mais aussi le panel que Georges Kuzmanovic a réuni pour le colloque qu’il a organisé samedi 16 novembre, incarnent parfaitement et avec les meilleurs arguments, la façon dont l’islamophobie mène au souverainisme, et la façon dont le souverainisme a besoin de l’islamophobie pour se rendre cohérent. Ce n’est pas une surprise de voir ainsi la frange la plus radicale du printemps républicain aller remplir les tables rondes du souverainiste pro-Poutine Kuzmanovic. Fatiha Boudjahlat déjà experte islamophobe sur Sputniknews, experte en voilement encensée par l’économiste pro-Poutine Jacques Sapir sur le site du bloggeur pro-Poutine Olivier…

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A LA UNE

Dieudonné, bilan provisoire

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Dix sept ans après ses premières déclarations publiques antisémites, que reste-t-il de Dieudonné ? Quelle mémoire de sa longue histoire politique ? Aujourd’hui, l’homme défraie surtout la chronique judiciaire, tout comme Alain Soral. Les condamnations pleuvent, à la fois pour infraction à la législation antiraciste, mais aussi pour fraude fiscale. Mieux que le FN, du Ni Droite Ni Gauche fasciste Une victoire antifasciste ? Tout dépend de quoi l’on parle. S’il s’agit simplement de punir l’expression de la haine oui. S’il s’agit de la combattre, il est de toute façon trop tard. Soral et Dieudonné ne sont plus des stars. Pour plusieurs raisons: comme beaucoup de leaders d’extrême-droite, ils n’ont pas réussi à gérer leurs apprentis et successeurs. Soucieux de tenir le haut du pavé d’une main de fer, de récupérer tous les bénéfices de leur idéologie, ils se sont d’abord brouillés, le plus souvent pour des questions de prestige ou de bénéfices matériels avec la majorité de leurs équipes initiales. Ahmed Moualek, Salim Laibi, Marc Georges, Olivier Mukuna qui animaient tous les satellites de la mouvance dieudonniste se sont affrontés avec fracas à leurs anciens camarades, en profitant pour dévoiler leurs arnaques diverses et variées. La génération suivante, du Raptor Dissident à Vincent Lapierre a fait de même, ne voulant pas rester à l’ombre des grands frères. D’autres sans se brouiller officiellement sont allés rejoindre des officines de Poutine et mener une carrière plus sûre. Mais justement, Dieudonné a eu une immense progéniture politique. Pas seulement des individus mais aussi un héritage…

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Polanski: la censure, si seulement…

in Non classé by

Ce sont les idées progressistes radicales qui sont en état de censure sociale dans ce pays. La victoire du retournement victimaire opéré par les réactionnaires et les fascistes en est un des symptômes. Pendant des années, le public de Dieudonné avait cet étrange discours: revenant du Zénith ou d’un théâtre qui avait pignon sur rue, il nous traitait de censeurs en nous mettant en lien des vidéos de Dieudonné virales et vues des millions de fois. A gauche, des centaines de textes et de commentaires défendaient sa liberté d’expression et l’infime minorité qui se positionnait contre ces défenses était traitée comme si elle avait le pouvoir du NKVD. En 2014, l’interdiction d’un de ses meetings sur des milliers, UN seul fut une affaire nationale où il eut le soutien de forces venues de l’ensemble du champ politique. Dans ces mêmes années, le succès des thèses racistes, antiféministes, réactionnaires se matérialisa notamment par leur diffusion permanente à des heures de grande écoute et sur des médias très regardés. Dans les talk shows, sur les chaînes d’info en continu, Zemmour ne fut pas le seul à devenir ce qu’il faut bien appeler une star. On vit défiler des prêtres homophobes, des jeunes femmes contre l’IVG, des dénonciateurs du Grand Remplacement ou du Grand Ensauvagement comme Laurent Obertone. On vit, le soir de l’assassinat du jeune militant antifasciste Clément Méric, une invitation faite à Serge Ayoub sur une chaîne d’information, on invitait donc le néo-nazi qui avait formé les tueurs. Outre leur modèle…

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Les droits de l’homme rendent-ils idiot ?

in Non classé by

C’est un livre pour les idiots utiles de la tyrannie des minorités. Un livre pour les bisounours déconnectés et has been, qui croient encore que bien penser n’est pas une tare, qu’il vaut mieux être politiquement correct que d’extrême-droite, et que démocrate droit de l’hommiste bon teint est moins une insulte que sale fasciste. Un livre décalé, hors du temps qui développe une idée tout à fait surannée. Affirmer comme principe fondateur que les hommes naissent libres et égaux en droits serait un bon socle pour définir l’orientation de l’avenir de l’humanité. Rires. Sarcasmes. Déconstruction. Paradoxes brillants et non conformistes. Les droits de l’homme franchement ? 1789, vraiment ? Et pourquoi pas mai 68 ? L’ouvrage de Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère «  Les droits de l’homme rendent-ils idiot » n’est pas un livre pour 2019. Disons le franchement, il ne trouvera pas son public. Pour que ce soit le cas, il aurait fallu que son contenu arrange une force politique influente dans le temps présent. Ce n’est pas le cas. Il n’épargne personne. Certes, il fait une critique acérée du mythe populiste de la démocratie formelle, réduite à l’existence de scrutins électoraux exprimant la volonté du Peuple. Il rappelle que le vote n’est qu’une des conditions de la démocratie, que sans droit à l’information libre et éclairée, sans protection des opposants politiques, la Majorité n’est pas démocratique . Dans des pays comme la Russie, la Hongrie ou le Brésil, là où l’on tue des journalistes, là où les voix discordantes sont tabassées et…

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Le Printemps Républicain veut avoir peur, mais surtout pas d’Eric Zemmour

in Laïcité by

Avoir peur ou ne pas avoir peur. C’est un peu le grand dilemme actuellement du Printemps Républicain face à ce que raconte Eric Zemmour et qui les touche en plein cœur. Le Printemps Républicain est composé de deux types de personnes: des Juifs qui ont peur, et des antisémites qui ont découvert qu’ils auraient le droit d’être antisémite tant qu’ils se prétendraient islamophobes. Tant que le “nouvel antisémitisme” ce sont les Musulmans, le vieil antisémitisme de Drieu ou de Céline peut se dérouler sur papier bible et se ranger proprement dans les bibliothèques, c’est l’idée maîtresse de ces courants.

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Quittez votre mec, castrez le, et mangez vos enfants.

in Féminisme by

Au vu de l’ambiance du moment, et des effets extraordinaires des titres un peu provocants, nous aurions tort de nous en priver pour introduire ce communiqué de solidarité avec le festival “Sortir de l’hétérosexualité” auquel participe notamment l’une de nos membres. De quoi s’agit-il exactement ? D’un évènement féministe tout à fait banal, d’un point de vue théorique. Est il besoin de préciser que personne n’obligera quiconque a quitter son mec et manger ses enfants ? Aux dernières nouvelles, les thérapies de conversion, ce sont des hétérosexuels qui les imposent a des homosexuel.les, pas l’inverse, mais cela ne provoque pas les mêmes réactions outrées et haineuses de celles et ceux qui s’attaquent à ce festival dans des termes inacceptables. Il s’agit de faire une critique qui est loin d’être nouvelle : le couple hétérosexuel est un espace d’exploitation de la force de travail des femmes, force de travail invisible comme telle car non rémunérée – ce que l’on appelle en langage plus policé l “inégale répartition des tâches ménagères”, ou encore le “devoir conjugal”. Qu’il y ait ou non de l’amour, pour son mec ou ses enfants, n’invalide pas cette analyse. Le modèle hétérosexuel, c’est à dire celui qui dévalorise des formes d’activités humaines essentialisées comme féminines est loin d’avoir des effets uniquement dans la sphère privée. Si les métiers dits du “care” par exemple sont encore en grande majorité occupés par des femmes, s’ils sont sous-payés, précaires, dévalorisés, ce n’est pas un hasard. Si encore aujourd’hui, l’idée selon laquelle…

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Antisionisme: le contresens romantique et antisémite sur le Bund

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Je m’appelle Logan, je suis judéo-descendant, des actuelles Pologne, Bélarus, Ukraine et Crimée. Je voudrais vous parler du fantasme bundiste de l’extrême-gauche, avec le romantisme et l’antisémitisme qui sont liés à ce fantasme. Il faut d’abord bien comprendre de quoi nous parlons. Nous parlons de cendres. De cendres et de charniers. Des cendres des fours crématoires des centres d’exterminations nazis, et des charniers de la Shoah par balles. Nous parlons d’un monde disparu à jamais. Celui du yiddishland. Ou plutôt du fantasme du yiddishland. Le yiddishland n’était pas un territoire défini ; c’était un territoire parcellaire, une étendue sur laquelle des zones juives parlaient yiddish, et d’autres zones juives ne le parlaient pas. Pour anecdote, les Juifs de Serbie étaient majoritairement Séfarades (colonisation turque) et non yiddishophones. Des témoignages de Survivants des camps nazis font part du regroupement des Juifs par nationalité (Polonais, Hongrois, Russes, etc.) car ils ne parlaient pas la même langue. Croire que tous les Juifs de l’Est parlaient yiddish est un négationnisme historique. Il est important de se souvenir de cela pour la suite. Le Bund. Ce parti qu’une frange de l’extrême-gauche revendique comme les « bons Juifs » face aux sionistes, les « mauvais Juifs ». Mais qu’était-ce que le Bund ? Un parti nationaliste intérieur juif social-démocrate, opposé au sionisme et au bolchévisme. Un parti « austromarxiste » (tout comme le Hashomer Hatzaïr, ou le très sioniste Martin Buber favorable a un état bi-national en Palestine, pour anecdote). Un parti qui ne concernera jamais…

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Commémorer Primo Levi: le devoir d’exactitude

in Prises de positions by

Durant cet été 2019, dans le 13e arrondissement de Paris, la rue Primo Levi a fait peau neuve. Une nouvelle plaque de rue a été posée, dont la légende corrige heureusement celle que l’on pouvait lire depuis 2003, lorsque la rue avait été inaugurée. En particulier, la mention « Déporté à Auschwitz en tant que Juif », qui remplace désormais « Résistant déporté à Monowitz », est un événement. Car, si la légende « Déportés à Auschwitz parce que nés Juifs » au pluriel honore depuis quelques années la mémoire des familles juives et de leurs enfants scolarisé·e·s qui ont été déporté·e·s, elle n’a guère été adoptée au singulier pour commémorer les personnes célèbres. Nous publions ici la lettre adressée en février 2019 à la mairie de Paris par un collectif d’enseignant·e·s, chercheur·euse·s, défenseur·euse·s des droits humains et militant·e·s contre les racismes et l’antisémitisme. C’est en effet l’argumentaire de cette lettre, bien reçu par ses destinataires, qui a entraîné la décision de modifier le paysage urbain de la rue Primo Levi, en y inscrivant un texte plus conforme à la réalité historique. Ainsi, la mémoire de l’auteur, réputé pour son souci d’exactitude, pour son combat aussi contre la négation de l’histoire, n’en est que mieux honorée. À l’intention de Madame la maire de Paris, Anne Hidalgo Monsieur le maire du 13e arrondissement de Paris, Jérôme Coumet Madame l’adjointe chargée de toutes les questions relatives à la mémoire, Catherine Vieu-Charier Objet : modification de la légende de la plaque de rue Primo Levi…

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Poutine, Macron, le réalisme libéral ou le libéralisme réel ?

in Chroniques du déni by

« Des malentendus. » C’est ainsi que Macron a décidé de nommer les violations, crimes de guerre, annexions, soutiens de partis d’extrême droite et propagande fasciste que Poutine a multipliés depuis les débuts de son règne, il y a vingt ans. Et le président français a promis au président russe, lors d’une rencontre à Brégançon juste avant le G7, de passer l’éponge sur tous ces « malentendus » construits, selon lui, depuis la fin du communisme, et qui empêchent la bonne entente et la coopération entre libéraux. Car Poutine est libéral, selon les mots d’un Macron bien décidé à mettre toute sa philosophie politique au service du rapprochement avec la Russie. A la question de la réintégration de la Russie dans le G7, Macron explique que ce n’est pas possible à cause de « l’irritant » qu’est l’Ukraine mais que le G7 n’est pas le seul format de discussion : « Je souhaite, dans le cadre de cette recomposition et du nouvel agenda, qu’on puisse lever beaucoup de malentendus qui se sont installés. Et c’est à nous d’inventer des nouveaux formats, d’être innovants. On n’est pas obligé de vivre avec les formats et les grammaires d’un monde qui a changé et qui est en train de changer encore de manière accélérée. » L’innovation de la start-up nation et le progressisme en marche, deux fondamentaux du projet macroniste, que le président entend mettre entièrement au service de la réconciliation avec Poutine. Ce projet macroniste de réconciliation avec Poutine, le président l’a encore explicité lors de son discours aux ambassadeurs le…

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Une prison de moins

in Instants by

Des fois tu cherches ta fourchette et elle est dans ta main. des fois tu cherches tes lunettes que t’as sur le nez. des fois tu te demandes quel mur tu essaies de détruire et t’as tellement le nez dessus que tu prends le rouge de la brique pour de la colère. Et puis, y’a 3 jours, j’ai éclaté de rire en regardant la fourchette dans ma main. Ou le mur, ou je sais plus quelle métaphore filer, bref. Un an que j’ai tout plaqué, mon mec ma vie ma ville, j’ai bazardé l’intégralité de mes livres, disques, dessins, du passé faisons table rase, je suis pas tellement du genre à faire dans la dentelle, la faute à mon virilisme. C’est pas pour raconter ma vie, mais pour contextualiser un peu. Et puis je suis partie en quête de je sais même pas quoi.

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De Christchurch à El Paso, le “Blanc” n’existe que par le sang.

in Non classé by

Le 3 août 2019, à El Paso au Texas Patrick Crusius a parcouru 1000 km, puis armé d’un AK 47, il a tiré dans un supermarché abattant 20 personnes, dont plusieurs enfants. Le jeune homme avait 21 ans, il était décrit comme plutôt solitaire et moqué au lycée où il allait précédemment. Il a laissé un manifeste de quelques pages, très ordonné, expliquant avoir agi contre le Grand Remplacement perpétré par les Mexicains. Patrick Crusius n’était pas un Loup Solitaire. Brenton Tarrant, le tueur de Christchurch n’était pas un Loup Solitaire. Les tueurs djihadistes qui n’ont pas de liens matériels avec Daech ne sont pas des Loups Solitaires. Mais au contraire des tueurs parfaitement socialisés politiquement, mais une sociabilité fantôme, ou du moins perçue comme telle dans des sociétés où la révolution technologique est en cours, et où les critères utilisés pour définir la sociabilité “réelle” et la sociabilité ” virtuelle” sont totalement dépassés, accordant une essence de “réalité absolue” à la première et un caractère faible et illusoire à la seconde. Patrick Crusius faisait réellement partie de la même organisation politique que Brenton Tarrant. La première ligne de son manifeste lui rend hommage comme à un frère et à un camarade dont il partage non seulement la vision du monde mais la méthode de lutte politique: le meurtre de masse qu’il considère comme une guerre impitoyable. De fait, le terme importe peu au regard des faits:les centaines de morts sont désormais abattus chaque année par des soldats d’une armée…

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#metoo #maispaspourtouTEs

in Féminisme by

Aujourd’hui, je voudrais parler de mes doutes sur #MeToo. Alors je transpire un peu, j’ai l’impression que je devrais me fendre d’un disclaimer, dire que je suis féministe et que oui #MeToo c’est important. Et ça déjà, ça m’interroge, d’avoir ce réflexe de me défendre : #MeToo c’est un peu sacré, on n’y touche pas. Mais moi j’ai plein de questions, de doutes, et un peu de colère, aussi. Allons-y, un peu en vrac.

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Négationnisme: après la chute de Chouard, briser les cycles de l’antisémitisme de gauche

in Non classé by

C’était il y a un peu plus de dix ans, le 26 décembre 2008. Dieudonné faisait acclamer le négationniste Robert Faurisson sur scène au Zénith de Paris. Pour la gauche radicale c’était un énorme traumatisme, d’autant plus violent qu’il était non dit, étouffé sous des montagnes de déni et de désarroi politique silencieux. L’homme qui avait réussi à faire monter l’obscur négationniste sur la scène d’une grande salle parisienne, à le faire applaudir par une salle chauffée à mort avait été un compagnon de route de la gauche antiraciste. Une de ces petites célébrités que les organisations se disputaient pour venir faire une apparition dans leur cortège de manifestation. Un des héros de la lutte antisioniste tellement en vogue dans les années 2000. Il y avait cependant une vague consolation. Dieudonné à ce moment là, était déjà parti officiellement à l’extrême-droite. De lui-même, mais enfin, il n’était plus des « nôtres », et l’ensemble de ceux qui l’avaient soutenu depuis ses propos antisémites du début des années 2000, et ne l’avaient renié que lors de ses embrassades avec Jean Marie Le Pen en 2006 se réfugièrent là dedans. On gardait l’eau sale du bain antisioniste, mais l’atroce bébé était seulement notre rejeton indigne, nous n’avions plus rien à voir avec ses turpitudes, après tout il nous avait rejetés. Cet alibi, la gauche radicale ne l’aura pas avec Etienne Chouard. De notre rapport à l’antisémitisme, de ces eaux brunes que nous n’avons jamais purgées, la bête négationniste est sortie une nouvelle fois. Mais…

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Entretien avec Nicolas Hénin, démocratie, droits humains et djihadistes

in Entretiens by &

Nous avons rencontré Nicolas Hénin quelques jours après le procès de Mehdi Nemmouche, reconnu coupable de l’attentat au Musée Juif de Bruxelles du 24 mai 2014. Nicolas Henin y a témoigné et fait face à celui qui fut son geôlier en Syrie, dans les prisons de Daech

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Trump is Death, Abortion is Life.

in Non classé by

J’ai avorté. Pourquoi, ce n’est l’affaire de personne, sauf la mienne. La semaine dernière, j’ai participé à un rassemblement local de la Journée d’action pour défendre le droit à l’avortement. Parallèlement aux demandes de dons et à la participation sur le terrain, les organisateurs ont demandé à celles qui avaient bénéficié d’un avortement de partager leurs histoires. Les organisateurs ont théorisé qu’en parlant de nos expériences, nous pouvions personnaliser l’acte, l’humaniser. Comme pour la sexualité ou le genre, peut-être, devions-nous nous définir par nos avortements. Mes fils d’actus de réseaux sociaux sont remplis d’histoires d’âmes courageuses offrant leurs traumatismes en sacrifice à la justification de l’avortement. Pour beaucoup, il y a un élément émotionnel profond dans la décision d’avorter. Elles confessent toutes les raisons de leur décision comme si elles demandaient pardon. Victimes de viol. Victimes d’inceste. Victimes d’abus. Foetus non viables. Complications potentiellement mortelles pour la mère ou l’enfant. Mon coeur a mal pour elles , vraiment. Je crois que leurs motivations sont nobles. Mais leurs histoires détournent l’attention de la manière dont cet argument devrait vraiment être encadré. Qu’en est-il de celles d’entre nous qui ne sont pas victimes? Qu’en est-il de celles qui se sont simplement retrouvées enceintes? L’avortement ne doit pas nécessairement être motivé par un traumatisme. J’ai avorté. Je ne vais pas vous dire quel âge j’avais, ou quelle était ma situation à l’époque. Je ne vous dirai pas si j’avais utilisé ou pas une autre méthode de contraception. Je ne vais pas vous dire…

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La guerre d’Assad est la continuation de la solution politique par d’autres moyens

in Révolution by

La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. C’est grâce à cette définition de Clausewitz que l’on peut répondre à tous les partisans d’une « solution politique » en Syrie, que l’offensive actuelle du régime d’Assad et de ses alliés n’est rien d’autre que la continuation de la “solution politique” par d’autres moyens. Cette posture, en opposant solution politique et solution militaire laisse croire qu’il y aurait une séparation claire et nette et mythique entre guerre et paix. Une façon pour les « réalistes » de constituer leur réalité alternative, une « solution politique » dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’elle serait l’exact inverse de la situation actuelle. Cette inversion stricte entre les deux états permet ainsi aux « réalistes » d’en appeler à leur fameuse solution politique sans jamais identifier dans le réel le point où se rejoindraient les « solutions militaires » et la « solution politique » et qui permettrait de comprendre comment passer de l’un à l’autre. Or il n’en est rien, les frontières entre guerre et paix sont de plus en plus brouillées pour le meilleur mais aussi pour le pire et le cas de la Syrie est exemplaire à ce titre. Le droit de la guerre s’étend, il y a de plus en plus de zones de désescalade, de cessez le feu, de zones tampons, de négociations pour l’accès des ONG, de couverture médiatique, tout ceci étant des logiques de « paix », de droit des civils qui viennent réguler les logiques de guerre. Mais le brouillage des frontières produit…

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Négationnisme: des députés offrent une tribune à l’Assemblée au néo-nazi Benedetti

in Chroniques de la violence brune by

Le 25 avril dernier, des propos négationnistes ont pu tranquillement être prononcés dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale. Ces propos sont restés en ligne sur le site de l’Assemblée et ont été mis en lien par des articles de presse, avant d’être retirés un peu tard ce 14 mai, une fois que la plus grande publicité leur aura été faite (1).

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L’extrême droite chez Daimler en Allemagne

in Chroniques de la violence brune by &

Oliver Hilburger est un salarié de longue date des usines Daimler de la région de Stuttgart (environ 22 000 salariés sans compter les intérimaires), sur le site d’Untertürkheim. L’histoire de cette entreprise automobile n’est pas sans lien avec le nazisme. À partir de 1937, Daimler-Benz produit de plus en plus de matériel d’armement notamment pour la Marine, le Heer et la Luftwaffe. En 1944 la moitié des 63.610 travailleurs à Daimler-Benz est soit travailleur forcé, prisonnier de guerre ou prisonniers KZ (camps de concentration).

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En Marche et la Fake News

in Médias etc. by

Le fait de voir le parti présidentiel, la République en Marche, s’essayer avec succès à la Fake News permet de mieux analyser les ressorts politiques de ce phénomène et aussi, plutôt que de nier son existence ou l’usage du terme, d’en esquisser quelques contours. Ce sont en effet, coup sur coup, le ministre de l’Intérieur délirant sur une « attaque » d’hôpital par des black blocs et la secrétaire d’Etat à l’égalité femme homme Marlène Schiappa, qui publie avec la ministre des transports Elisabeth Borne un communiqué sur l’affaire islamophobe du chauffeur de bus qui aurait refusé une jeune fille en jupe. Ces deux Fake News et surtout leur usage par le parti au pouvoir permettent de mettre le phénomène sous une nouvelle lumière.

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Grandir en milieu conspirationniste: un témoignage

in Chroniques de la violence brune/Instants by &

Le texte que nous proposons ci-dessous à la lecture est une traduction par nos soins de l’article « Mental instability, a lack of access to psychological healthcare, alien abduction theory and the cultish personalities who exploit it all » paru le 5 juillet 2016 sur la plateforme de blogging medium.com L’auteur de l’article, Aiden Robert Jönsson, est le fils d’une femme complotiste – adepte en particulier des théories d’enlèvements par des extra-terrestres et de complots gouvernementaux – qui s’est suicidée. Aiden Robert Jönsson explore l’hypothèse qu’une des sources de l’adhésion aux théories du complot peut se situer dans des pathologies mentales génératrices de grande souffrance psychique – paranoïa, voix et hallucinations, sentiment d’alien-ation. Le contexte états-unien spécifique combine une absence quasi-totale de prise en charge des soins médicaux et en particulier mentaux et la diffusion d’émissions de radio qui se font chambre d’écho des récits paranoïaques de personnes en détresse. Si en France, le contexte parait un peu différent, la prise en charge de la santé mentale reste désastreuse et des émissions de radio comme Ici et maintenant, bien que plus confidentielle que les émissions états-uniennes évoquées dans l’article, leur est pourtant comparable. Bref, rien n’interdit d’élaborer des parallèles entre ce récit à la première personne et certaines tentations complotistes en France comme ailleurs. Ce texte, empathique, offre un angle, un regard, encore peu explorés, sur ce qui peut amener à adhérer à des thèses complotistes et fascisantes. Nous avons tenté de contacter l’auteur, sans succès, et avons donc pris…

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L’histoire d’Assange comme miroir de l’Internet fasciste

in Médias etc. by

Julian Assange est un personnage fascinant. Il a su déployer un récit tellement puissant que ce récit permet d’effacer, d’occulter, d’oublier la réalité au profit de la figure héroïque incarnée par Assange. De façon caractéristique c’est lorsque que l’on s’est rendu compte que les promesses de renouveau démocratique qu’internet devait apporter au journalisme n’ont pas été tenues qu’Assange a cessé d’être toléré comme nombre d’autres comme lui. Assange est un produit de l’internet, style ligue du LOL ou 18-25, masculinisme, antisémitisme, culture du viol. Julian Assange par exemple n’est pas un « lanceur d’alerte ». Snowden est un lanceur d’alerte. Snowden travaillait à la NSA, a volé des documents à son employeur et les a transmis à un journaliste qui les a publié. Julian Assange est un informaticien qui a fondé un site qui devait garantir l’anonymat et la sécurité aux lanceurs d’alertes. On reste songeur devant les années de prison qu’a dû effectuer Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte qui avait fait confiance à Wikileaks pour envoyer ses documents. Encore plus songeur à se dire que Manning a été mis en contact avec le type qui allait le dénoncer grâce à une erreur d’Assange qui a envoyé un mail en copie au lieu de copie cachée… Julian Assange est, en principe, journaliste C’est en tout cas ainsi qu’il se définit dans une lettre au président Hollande suppliant que la France l’accueille. Cette lettre est d’ailleurs un modèle de la façon dont Assange sait réécrire l’histoire et des rôles qu’il peut alterner : hacker,…

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