"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Retrait de la biennale d’Athènes, antisémitisme et fascisme: une lettre ouverte de Luke Turner

Cette lettre ouverte de Luke Turner, artiste, menacé par l’internationale terroriste brune pour avoir créé une oeuvre s’opposant à Donald Trump a été publiée initialement sur son site, le 4 septembre 2018. . L’art est un champ de bataille comme un autre face à l’extrême-droite, et certains payent chers leurs combats, dans leur travail et dans leur chair. Luke Turner n’est pas seulement la cible des suprémacistes blancs à travers le monde, il est aussi la victime de la lâcheté, de l’indifférence voire de la complaisance vis à vis de l’extrême-droite. Nous ne laisserons pas faire, nous ne les laisserons pas faire taire. “J’écris, avec regret, pour rendre public mon retrait de la participation à la Biennale d’Athènes de 2018, et pour en exposer les raisons. Mon retrait est dû à l’incapacité collective des organisateurs à prendre des mesures décisives contre le comportement abusif d’un autre artiste invité et à sa campagne de dénigrement et de harcèlement des individus qui luttent contre le fascisme et l’antisémitisme, en particulier dans le monde de l’art.

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A LA UNE

Instants

Déclics et des gens

Première conversation. Un militant, salarié d’un établissement du secteur public où ça bouge quand même un peu, explique que s’il devait reprendre … Lire la suite

En fait on n’avait pas compris Marsault

in Chroniques de la violence brune/Prises de positions by

On n’avait rien compris à Marsault… On croyait que c’était un viriliste qui se déchaîne particulièrement sur les femmes qui osent lui tenir tête et appelle à les harceler, un suprémaciste nostalgique du IIIème Reich, et qui fait des dessins pour propager et libérer cette haine et cette violence. Et non, c’est un petit cœur tendre, qui voulait juste vendre ses planches originales au BHV du Marais pour donner les sous à sa copine qui bosserait au MacDo en faisant ses études, et maintenant il ne peut pas parce qu’encore une fois, nous avons signalé au BHV à quelle idéologie et à quelles pratiques ils allaient permettre de se faire de la pub et de l’argent. Ce n’est pas encore tout à fait ça pour l’égalité entre les femmes et les hommes, Marsault, un petit effort. L’indépendance financière est un des plus anciens combats des femmes, toujours d’actualité.

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LIBAN: Célibat, un phénomène arabe ou local ?

in Féminisme by

Cet article date du 20 octobre 2015 et a initialement été rédigé à l’attention de lecteurs libanais; l’auteure assume le fait que les propos soutenus s’appliquent à d’autres sociétés.  Le Liban présente un retard important de l’âge moyen au premier mariage, qui est de 29 ans pour les femmes et 32 ans chez les hommes. Ces chiffres sont les plus élevés du monde arabe et comptent parmi les plus élevés du monde. Les Libanais restent donc plus longtemps célibataires qu’ailleurs. A quoi cela est-il dû ? Cette enquête s’appuie sur des statistiques démographiques, des études sociologiques et des témoignages de célibataires de 35 à 50 ans, issus de différents milieux, professions, communautés religieuses (chrétiens, musulmans, druzes).

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J’ai le temps de regarder les hommes tomber

in Chroniques de la violence brune by &

Ce dimanche, mes camarades belges ont eu la gentillesse de m’emmener à la Librairie-Galerie Brüsel, celle qui a accueilli Marsault. J’admets, c’était une librairie comme les autres. Un endroit que tu penses a priori paisible et intelligent, à cause des livres .. Je voulais visiter en entier, mais la lutte est aussi affaire d’émotions, évidemment. La peur, brusquement, irrationnelle, l’image mentale qui s’impose: celle des néo-nazis qui nous écrivent à d’autres et à moi, bestiaux et grotesques, mélangés au public tellement ordinaire des librairies, et de Marsault entre autres. Tu ne le croirais pas mais certains aiment aussi des livres de gauche et même ¨Petit Ours Brun. Alors finalement, j’étais une victime un peu apeurée des néo-nazis.Du coup, c’est comme ça que je me suis présentée au type ordinaire derrière le comptoir qui était bien libraire pas salarié précaire. Je lui ai demandé avant, je suis communiste aussi, je ne fais pas chier les salariés précaires, par contre les ex-ouvriers dessinateurs d’extrême-droite, oui. Je précise, vu la brusque ferveur prolétarienne de Marsault, va jouer l’exploité dans le Figaro, toi.

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Fafs aux abois : gare-toi

in Chroniques de la violence brune/Prises de positions by

Le dessinateur Marsault enrage depuis l’annulation de son exposition dans la galerie Art-Maniak, après que celle-ci ait été mise devant ses responsabilités par des féministes qui y avaient exposé il y a peu. Après avoir ciblé la dessinatrice Tanxxx pour la livrer à la meute fasciste de ses fans, c’est Laurent Obertone, une autre icone de la violence fasciste qui vient en renfort de Marsault en ciblant notre camarade Nad Iam qui appelait à manifester contre toutes les tribunes offertes aux fascistes en général et à Marsault en particulier et ce sont maintenant l’entourage neo-nazi non plus de un mais de deux « artistes » fasciste qui s’attaquent aux militantEs (Nad Iam en premier lieu et tous ceux qui ont acquiescé publiquement à cet appel). Nouvel échec des pourfendeurs de la bienpensance et apologistes du IIIeme Reich, c’est Obertone qui se voit annuler l’événement qu’il projetait de faire au théâtre de l’Atelier. C’est alors Ring, la maison d’édition des deux auteurs aux abois, une des plus prestigieuses maison d’édition fasciste de France, qui multiplie les communiqués appelant, sous couvert de victimisation, au harcèlement ciblé des militantEs!

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Marsault attaque : soutien à Tanxxx, les djinns et les dibbouks avec toi

in Chroniques de la violence brune/Prises de positions by

Sous couvert de pluralité artistique, la galerie Art-Maniak est un lieu à l’inquiétante programmation “éclectique”. Après avoir exposé les oeuvres du collectif féministe Artémisia, la galerie s’offre une rentrée bien brune en exposant le propagandiste du fasciste Marsault. Une petite sauterie qui aurait pu passer inaperçue, si une immédiate mobilisation ne s’était pas faite entendre. Après avoir dans un premier temps rejoué le couplet de la séparation de l’artiste et de ses idées pour s’en laver les mains, la galerie annule enfin et le nostalgique du IIIème reich se vexe. Beaucoup. Dans un post vengeur sur facebook, il tance ses détracteurs et s’attaque notamment à Tanxxx, entre autres artiste non-chevalière des ars et des lettres, qui a été de celles et ceux qui ont dénoncé publiquement l’exposition . N’étant pas à sa première campagne de harcèlement, il déchaîne sa fanbase en lui adressant un post Facebook où il en vient même à la caractériser de “sataniste”. Argument imparable car oui, Tanxxx a peut-être tout simplement envoûté la galerie pour saboter l’exposition ? D’ailleurs, il semble que la dessinatrice n’est pas isolée car les djinns, les dibbouks et autres demons sont et seront partout avec leurs pieds fourchus pour dégager la saloperie et ses complices galeristes ou pas. Nous vous invitons à mettre la galerie face à ses responsabilités, en lui envoyant, par exemple, le message suivant dans les commentaires de sa page Facebook. Bonjour, Vous aviez choisi , en toute conscience d’exposer l’auteur d’extrême-droite Marsault dans votre galerie. Vous saviez…

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Russophilies

in Médias etc. by

Analyse d’un désastre venu d’une ONG qui cherchait à tirer profit de la lutte contre les réseaux russes et qui les a, au final, considérablement renforcés. Retour sur l’origine du délire. Nous sommes en pleine affaire Benalla qui est déjà un matériau politique extrêmement complexe à manier. Le garde du corps du président qui a pour passe-temps de tabasser du gauchiste, une manif-traquenard lancée à la Contrescarpe après un 1er mai qui rappelait les pire moments vallsistes, le délire de toute puissance des macronistes et leur mépris absolu du mouvement social, l’alliance de l’opposition Les Républicains, Rassemblement National, France Insoumise (aucun franchement hostile à Poutine)… On est déjà dans du potentiellement explosif (et en fait du largement explosé). Et là, Eu DisinfoLab a l’idée géniale de commencer à faire du teasing sur une étude encore non-existante et qui révèlerait qu’il y aurait eu gonflage numérique sur l’affaire Benalla.

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Faut-il avoir peur d’enseigner l’histoire de France ?

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Enseigner le cadre national conduit-il irrémédiablement à faire du “roman national” ? On serait tenté de le croire à la lecture de quelques réactions aux propos tenus dans le Monde par Souâd Ayada qui préside le Conseil Supérieur des Programmes chargé de rédiger une refonte de ceux-ci dans le cadre de la réforme du baccalauréat, notamment celle de Laurence De Cock. Pourtant les propos bien vagues de Souad Ayada ne laissent guère de place à la polémique. Ainsi écrit-elle « La langue française et l’histoire, de la France notamment, y occupent une place essentielle, non parce qu’elles servent seulement à promouvoir, dans une société en crise, le sentiment d’appartenir à la nation, mais parce que la maîtrise de la langue est la condition d’accès à tous les domaines de la culture, parce que la connaissance de l’histoire éclaire le présent et éclaircit l’avenir. » De ce seul passage, certains ont déduit un avenir sombre pour l’enseignement de l’histoire au lycée et le retour à une conception « nationalo-identitaire » de celui-ci.

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« Reboussolés »

in Mémoires Vives by

Depuis quelques jours, j’ai décidé que le pôle nord serait à 50.034°N, 19.180°E. Je crois que nous sommes plusieurs à avoir observé ce changement dans nos boussoles intérieures parmi ceux du voyage vers la Pologne. Il y avait pour ce voyage 36 élèves volontaires qui ont consacré quelques jours de leurs vacances à nous emmener, mes deux collègues et moi, jusqu’à Auschwitz et Birkenau. Oui, ce sont bien les jeunes qui nous ont emmenés et non le contraire. Oh, bien sûr, un de mes collègues s’était chargé de l’organisation, des coups de téléphone, des réservations, des réunions de préparation, des assurances, des autorisations, du calcul et de la gestion du budget… mais ce sont ces jeunes de 17 ou 18 ans qui nous ont emmenés et qui ont donné du sens à ce qui n’en avait pas. Car Auschwitz n’a pas de sens. Il n’y a d’ailleurs pas de place décente pour les mots, la théorie, le rationnel et les explications en sortant d’un tel voyage. On ne commente pas Auschwitz. On ne raconte pas sa visite entre la poire et le fromage. En dehors des témoignages précieux de ceux qui y ont vécu l’horreur et qui humanisent l’Histoire, en dehors du savoir historique et des recherches d’experts qui attestent de l’horreur, il me semble indécent d’en parler. Même pour contrer le négationnisme. D’ailleurs, le négationnisme ne se raisonne pas puisqu’il est un choix politique et idéologique et non un aveuglement de l’ignorance. D’ailleurs, le négationnisme ne se discute pas…

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Déclics et des gens

in Instants by

Première conversation. Un militant, salarié d’un établissement du secteur public où ça bouge quand même un peu, explique que s’il devait reprendre le boulot à plein temps, il rentrerait très vite dans la gueule de tout le monde, à commencer par ses collègues parce qu’il n’en peut plus des gens résignés et par les encadrants, le premier qui vient lui dire quoi que ce soit, il va être bien reçu. Deuxième conversation. Une militante explique que dans un magasin où elle va régulièrement et où sa sœur est employée, elle a récemment discuté avec un salarié, qui lui dit être chef de rayon, gérer l’approvisionnement, les autres salariés du rayon et précise, sachant l’engagement syndical de son interlocutrice, qu’il est contre les syndicats dans le magasin. Malgré cette sortie provocatrice, la conversation se poursuit sur les conditions de travail de l’une et l’autre. Le chef de rayon en vient à donner son salaire : 1500€. La militante syndicale lui dit alors gagner bien plus, sans « responsabilités » d’encadrant, simplement en remplissant des chariots, parce qu’elle est dans un secteur où il y a (encore) une bonne convention collective. Quelques jours plus tard, la sœur de la militante syndicale lui dit que le chef de tel rayon voudrait lui parler, sur des questions de salaire, sur la future mise en place du CSE…   Les exemples viennent du milieu syndical, mais les deux démarches pourraient se retrouver dans d’autres cadres militants. Ce n’est pas une question d’étiquette, les deux militants sont du même…

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France Insoumise: une crise à la croisée des chemins bruns

in Chroniques de la violence brune/Chroniques du déni by

La crise qui secoue la France Insoumise est certes une crise de pouvoir et de maîtrise des moyens du parti. Une crise de personnes aussi. Mais elle ne saurait se résumer, ni même s’expliquer uniquement par les aléas de la vie politique concrète sous un régime de démocratie parlementaire. Elle est bien une crise de fond, une crise de sens. Elle est le moment de la croisée des chemins sans retour possible en arrière. Profondément, elle est européenne et ce n’est pas un hasard si elle explose publiquement au moment de la constitution des listes pour les élections au Parlement européen. La victoire des fascistes en Italie a déterminé son explosion. Jusque là, en Europe, l’extrême-droite avait pris le pouvoir dans de nombreux pays. Ses similitudes de fond sur des thèmes précis avec une partie de ce qui fut considéré comme la gauche radicale étaient certes importantes: nationalisme exacerbé au nom de la défense du petit peuple, dénonciation du « complot des élites mondialistes » avec les mêmes cibles, comme Georges Soros, relents antisémites et/ou islamophobes, défense ou complaisances avec des dictatures comme celle d’Assad au nom de l’anti-impérialisme qui épargne toujours Poutine, discours anti-scientifique notamment sur les vaccins. Les points de convergence étaient nombreux. Le principal d’entre eux était évidemment la dénonciation de la démocratie bourgeoise comme le principal ennemi à abattre, le « vrai » fascisme qui impliquait pour une partie de la gauche radicale, une posture d’affrontement permanent avec les antifascistes. Mais en Italie, le Rubicon a été franchi. La prise…

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Critique à chanter du film “les nouveaux chiens de garde”

in Cuisine/Révolution by

Critique, à chanter sur l’air de l’Hatikvah, du film “les nouveaux chiens de garde” Documentaire – France – 2011 – 104 min – 1.77 – Dolby Stéréo SR – 35 mm et numérique – Couleur – Visa n° 119 070 Les policiers ont tout à fait le droit de faire des films. Je ne citerai pas leur nom. Ils ont le droit de faire une oeuvre qui n’est qu’une succession de fiche de renseignements sur les activités des journalistes et experts du petit écran.

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De la démocratie dans un régime de critique démocratique

in Révolution by &

Ces dernières années ont été marquées par l’émergence de courants politiques qui se distinguent au moins en apparence, des critiques de la démocratie précédemment inscrites en profondeur dans les traditions politiques occidentales. Le communisme, comme le mouvement ouvrier ont développé depuis des siècles des critiques radicales de la démocratie représentative capitaliste et de ses incarnations concrètes, mais en posant clairement un modèle de contre-société et un autre futur possible fondé sur des valeurs clairement affirmées, dans les textes et dans les faits. La caractéristique de ces critiques et même des plus radicales est qu’elles revendiquent quand même l’idéal de l’égalité et reprochent aux démocraties réelles de le trahir. Dans le camp opposé, les idéologues et les militants réactionnaires et fascistes critiquent aussi la démocratie et les régimes qui s’en réclament, au nom d’un modèle de société antagoniste, fondé sur l’inégalité des êtres humains entre eux et l’apologie de l’autorité d’une élite comme seul modèle de gouvernement possible. Les mouvements dont nous allons parler sont marqués par une confusion et un flou total concernant les valeurs prônées et le modèle de société pour lequel ils luttent vraiment. Résolus à afficher un “Ni droite, ni gauche, en dehors, au delà” ceux qui en France, revendiquent pour beaucoup les idées d’un Etienne Chouard peuvent passer des milliers de pages à critiquer les méthodes de désignation des dirigeants actuels, à défendre des formes diverses et variées de démocratie prétendument directe, tout en faisant de la démocratie représentative le mal absolu, car le plus hypocrite…

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Le Père Paolo Dall’Oglio et les graines de la liberté

in Mémoires Vives by

Le Père Paolo Dall’Oglio, jésuite italien, ayant vécu en Syrie pendant plus de 30 ans, y avait restauré le monastère de Mar Moussa et fondé une communauté vouée au dialogue islamo-chrétien. Engagé depuis 2011 auprès des Syriens en lutte pour la liberté et la dignité, il fut expulsé du pays par Bachar El Assad en juin 2012. Le 29 juillet 2013, alors qu’il s’était rendu clandestinement à Raqqa, ville au Nord de la Syrie qui venait de tomber aux mains de l’Etat Islamique, pour poursuivre sa mission de dialogue, Paolo a été enlevé. Nous n’avons plus de nouvelles de lui depuis. Pour commémorer le cinquième anniversaire de cet enlèvement, nous invitons chacun à s’exprimer sur les réseaux sociaux, en partageant ce texte ou en rédigeant un texte personnel, en partageant un poème, une chanson, une photographie. Pour signifier que Paolo et son combat continuent à essaimer.

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J’aime pas les manifs. Enfin, si, mais ça dépend

in Instants by

Ma première manif, c’était un 1er mai, dans une ville de province, de taille moyenne, en France, il y a une vingtaine d’années. Je découvrais le militantisme, mais je n’étais dans aucune organisation. J’avais dessiné au marqueur un A cerclé sur mon sac. Le capitalisme, depuis les cours au collège sur le XIXème siècle, c’était clair pour moi que c’était un système à combattre. Mais  le communisme, ça m’évoquait du gris, des gens obligés d’être tous pareils et d’aller à l’usine ou au bureau faire un boulot qu’ils n’aimaient pas forcément. L’anarchisme (où ai-je bien pu tomber sur ce mot, je ne sais plus), pour moi, c’était le collectif sans nier l’individu. Et donc, ce 1er mai-là, c’est la première fois que j’ai expérimenté le nous, ce sentiment d’être avec d’autres, d’être ensemble même si on ne se connaissait pas, de partager un but, une envie de changer les choses. Je ne connaissais aucune chanson révolutionnaire, mais je crois bien que j’ai chanté quand même. Peu de temps après, je me suis retrouvée à Paris. Il y avait le mouvement des sans-papiers, depuis un an ou deux déjà. Je garde le souvenir de manifs joyeuses, parce que c’était dur (à quel point, je ne m’en rendais pas compte encore). Des manifs importantes, avec beaucoup de Français qui manifestaient leur solidarité. C’était la période des luttes des « sans » (je n’aime pas cette qualification, car c’était des mouvements qui avaient beaucoup à dire et à montrer), avec le mouvement des chômeurs de…

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Bagatelles pour un massacre, en “débat” à Sciences Po

in Chroniques de la violence brune by

Ce 3 juillet, Antoine Gallimard, entouré de quelques rédacteurs de notes de bas de pages pour pamphlets antisémites en édition de luxe, avait organisé avec la société d’études céliniennes, dont il est membre fondateur une causerie autour de la réédition de ” Bagatelles pour un massacre”. Le “débat” ouvrait un colloque sur “Céline et le politique”, qui se tiendra ces jours-ci à Sciences Po. Comme il n’y avait rien à débattre, mais tout à combattre, nous avons choisi de prendre la parole quelques minutes après l’arrivée d’Antoine Gallimard, et quitté la salle immédiatement après lecture de notre texte, étant très peu intéressés par la campagne publicitaire pour la saleté raciste que l’éditeur appelle oeuvre littéraire.

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Histoire d’une rencontre, destins croisés

in Chroniques de la violence brune by

C’est l’histoire d’une rencontre, entre une Insoumise tendance islamophobe et un antisémite tendance nazi, soutien de Daesh. Entre Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et Marc Edouard Nabe. Une rencontre passée inaperçue, qui a eu lieu quelques jours avant le 14 juillet parait-il et mise en ligne juste avant le premier tour de la présidentielle. Ce jour là, Sophia Chikirou se laisse donc complaisamment filmer par les amis de Marc Edouard Nabe, avec qui elle discute en toute familiarité. Sa version de la rencontre ? Elle aurait eu l’oeil attiré par un montage dans la vitrine de la galerie présentant Hitler avec une pancarte “Je suis Charlie”, ça lui a plu, elle est entrée. On peut croire au hasard et la naïveté de la directrice de campagne d’un candidat de premier plan à l’élection présidentielle, qui se laisserait donc filmer par n’importe qui, n’importe quand. Ou pas. Cela ne change pas grand chose au sens du récit officiel de la rencontre mis en scène par Nabe qui poste la vidéo à quelques jours du premier tour des présidentielles dominées par l’avancée du FN: une personnalité centrale du dispositif de la France Insoumise trouve que le promoteur d’une caricature jouant avec le nazisme à propos des victimes d’un attentat fait partie des gens avec qui on peut parler sans prévention ni retenue. On discute à bâtons rompus, “Ah Zweig je lis tout. – vous connaissez sa bêtise finale? de ne pas avoir cru assez à l’homme?”. Nabe le meilleur…

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Nos voisins, les tueurs

in Chroniques de la violence brune by

Trouver les mots pour Said El Barkaoui, ce n’est pas facile. Un Arabe tué par son voisin raciste. C’est difficile de dépasser ces mots là. Difficile de dire ce qu’on a toujours su aussi loin que nos souvenirs remontent. Que les hommes et les garçons arabes en France courent ce risque là, se faire tuer par un voisin raciste. Mais on l’a toujours su. On a toujours vu, dès l’enfance, cette hostilité particulière d’un voisin parmi d’autres envers notre père. Ces voisins il y en a partout, si bien qu’ils sont devenus des archétypes récurrents de films ou de romans. Le type un peu vieillissant, souvent alcoolique, le type qu’on entend gueuler sur l’état de la France ou sur ses gosses ou sur sa femme ou sur son chien, par la fenêtre ouverte. Sur tout cela et puis sur les Arabes. Le type dont tout le monde sait qu’il a une arme, parce qu’il le dit lui même, en ajoutant qu’un jour il s’en fera un. Le type qui souvent, n’est pas riche, le type qui souvent est un peu mis de côté quand même par d’autres voisins, le type dont tout le monde dit qu’il est lourd et un peu cinglé. Le type qui déteste ton père, le type aux regards noirs dans l’ascenseur, le type qui bafouille en hurlant des choses horribles et tu ne comprends pas tout. Tu as six ou sept ans, tu sais juste que ton père est très en colère, et tu t’interroges longtemps…

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Le Jeu de la Censure – de quelle censure es-tu victime?

in Chroniques du déni by
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De quelle censure es-tu victime?

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Christophe Tarricone : “L’école a représenté pour moi le seul moyen possible d’ascension sociale et d’acquisition d’un capital culturel”

in Entretiens/Instants by &

Entretien avec Christophe Tarricone, professeur d’histoire-géographie, historien LC: Laïcité. Autant commencer cet entretien sur ce mot là. Si on doit parler de l’enseignement, de l’école, des profs et de l’histoire, de toute façon, les lecteurs chercheront l’endroit où nous en parlons. Ca n’a pas toujours été le cas. Tu es prof depuis longtemps, par choix, ce mot là faisait-il partie de tes pensées concrètes et prioritaires quand tu as décidé de ton avenir ? La première fois que je t’ai lu sur Facebook, tu avais écrit un commentaire clairement offensif contre ce que certains appellent la « non mixité raciale », et que j’appelle de l’auto-défense antiraciste, nécessaire dans certaines circonstances. Je me suis dit « Tiens, encore un cochon de laïcard », et aurais-tu lu certaines de mes prises de positions, sans doute te serais tu dit « Tiens encore une saloperie d’islamo-gauchiste ». Après divers échanges, on est un petit peu sortis des étiquettes hâtives. En ce qui me concerne, après toutes ces années où la laïcité s’est confondue le plus souvent avec ce que j’estime être des offensives de stigmatisations racistes à peine déguisées, j’ai énormément de mal à ne pas être en position défensive dès que j’entends ce mot. Toi, tu es un laïque assumé et pas raciste. Alors en quoi la laïcité est-elle pour toi un combat positif, un combat utile et un combat universaliste ? J’ai passé les concours en 1995 et pour des enseignants de ma génération, il ne me semble pas que la…

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Pas d’antisémitisme, ni dans les cortèges, ni dans les têtes

in Prises de positions by

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien. Repartons comme en 40. Un cortège de tête antisémite, ça vous tente ? Cachés derrière les Palestiniens, on se mettra devant le mouvement social et puis après avoir pris la photo de nos banderoles d’appel au boycott actif d’Israël ou la pancarte « Israel ethnocratie sans frontière biberonnée en dollars », on ira traquer le sioniste dans Paris. Et si arrive encore ce qui est déjà arrivé, quand une synagogue aura été attaquée, quand des vitrines de magasins juifs auront été brisées, on haussera les épaules, pas notre faute si des gens interprètent de travers, la faute à la LDJ, plutôt, tout est de la faute de la LDJ. Les antisionistes parisiens comme toutes les autres forces politiques et syndicales, ont pris acte de la présence pérenne depuis 2016 d’un cortège de tête dans les manifestations. Ils font aujourd’hui abstraction du fait qu’il s’est constitué en dehors de toutes les forces d’encadrement car cela ne les arrange pas. Et mine de rien les voilà qui diffusent, notamment sur le site Paris Luttes Infos pour la manifestation de ce samedi 26 mai, l’appel « Cortège de tête du 26 mai-Gaza zone à défendre ». Une provocation soigneusement calibrée, au mot près, une tentative, un test. Qui suivra dans la zone brune ?

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