"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Chroniques du déni

Pour montrer à quel point le déni des problèmes existants et de leurs conséquences réelles est un mode de fonctionnement de nos sociétés

Alors le 17, on n’y va ou pas ?

in Chroniques du déni by

En dehors de cette orthographe, c’est la question que bien des gens de gauche se posent. Le 17 novembre est une mobilisation d’extrême-droite. Pas seulement parce que le Front National et Debout la France soutiennent. Pas seulement parce que bon nombre des promoteurs et organisateurs sont d’extrême droite. Comment une pétition qui stagnait à quelques centaines de signatures a-t-elle soudainement pris une telle ampleur ? Qui a les meilleurs réseaux sur internet depuis des années, au point d’avoir son nom, la fachosphère ?

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Assis sur ses grands principes, avec les hommes et les femmes debout

in Chroniques du déni by

J’ai toujours été attachée à la liberté de conscience. Il me semble que cette notion est fondatrice de tout ce qui confère à la vie humaine son caractère sacré et inaliénable. La liberté de conscience implique le respect de l’autre dans ses choix. Elle fonde aussi tous les principes de la démocratie et des droits humains : de l’égalité – car nous en sommes tous dotés – à la liberté – car elle en est l’essence même. Ces convictions font d’ailleurs écho à ce que j’ai compris du dieu dans lequel j’espère (bien loin des enseignements rigidifiés d’une Eglise avec qui je n’ai plus grand-chose en commun) et pour qui la liberté de l’Homme est le corollaire indispensable à la concrétisation d’un monde dans lequel l’humain serait co-créateur. Ce sont d’ailleurs ces certitudes profondes qui m’ont toujours amenée à défendre le droit à l’IVG. Je n’ai jamais pu comprendre comment on pouvait se déclarer « pro-life » et se débrouiller avec le paradoxe de se poser en protecteur de la vie humaine (y compris celle à venir) au nom de son caractère sacré, tout en lui enlevant précisément sa substance première, celle qui lui confère tant de prix ; la liberté de conscience (et donc la liberté pour les femmes de poser leurs propres choix en ce qui concerne leur vie et leur corps).

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A propos des racines et des excroissances du négationnisme

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Ne jamais débattre, trancher. Déserter, le monde politique est assez grand pour ne pas être contraint de faire compagnonnage même un peu divergent, avec des antisémites. Il y a des dizaines d’années, un écrivain de polars, se prétendant révolutionnaire, collabora avec Robert Faurisson. Serge Quadruppani, avec d’autres fit ce choix dément et répugnant de mêler l’histoire des luttes sociales et des révolutions à celle de la négation d’un génocide. Sous la pression, il fit des années après “ses excuses”, à la Dieudonné. Les excuses consistaient à se trouver tout un tas de bonnes raisons idéologiques, à se présenter comme légèrement inconséquent, peut-être coupable de quelques excès de langage mais pour la cause, cause odieusement salie, par contre, par les salauds inquisiteurs qui reparlaient de cette “polémique” pas très centrale. Les excuses en rajoutaient dans l’ignominie. Il y deux ans, Serge Quadruppani a estimé qu’il était temps de revenir même sur ces excuses qui n’en étaient pas, et de revendiquer de nouveau la très grande valeur de sa revue La Banquise, revue où il compara, avec ses amis, le tatouage des déportés au numéro de Sécurité Sociale et les camps d’extermination au supermarché. Finalement, le bilan était globalement positif. Le site Lundi Matin a publié, ce 8 octobre 2018, un texte du même Serge Quadruppani, ” Berlin 1933 vu de la Méditerranée 2018″. Un texte qui parle de Raymond Aron, du génocide des Juifs par les nazis, sur ce ton paisible et semi-mondain de la controverse entre gens de bonne compagnie,…

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La chute du “dernier bastion rebelle” n’aura pas lieu

in Chroniques du déni/Révolution by

La guerre est affaire de symboles. On a tendance, dans notre modernisme gavée de géopolitique pseudo-réaliste, à oublier combien la guerre est affaire de symboles. Mais en réalité, les hommes sont plus prêt à mourir pour une médaille ou un idéal que pour un pipeline. Et le nerf de la guerre ce n’est pas l’argent ou le pipeline, ce sont des hommes qui sont prêt à donner leur vie pour quelque chose. C’est parce qu’on oublie combien la guerre est affaire de symboles qu’on oublie combien la guerre est affaire de narration, de mythes, de récits qui permettent de mettre en scène ces symboles et de les rendre compréhensibles et accessibles. Même le pipeline, si réaliste, est obligé de devenir un symbole et de se mettre en scène dans le récit nihiliste d’une grande partie d’échec entre grande puissances. Le récit de « la chute du dernier bastion rebelle » est ainsi devenu, au sujet de la Syrie, un narratif privilégié qui permet, un peu à tout le monde, de raconter la guerre en Syrie en éliminant l’élément gênant de la révolution syrienne. Transformer la révolution en cause Une révolution est une force motrice de l’histoire. Elle a son narratif propre puisqu’elle écrit l’histoire. Une révolution est, sur le plan historique, le dépassement de la dialectique pour créer une nouvelle dialectique historique. Exemple concret dans le cas syrien : dépasser la dialectique Dictature / Islamiste par une exigence radicale de liberté et de démocratie pour tous les syriens. La cause c’est le symbole.…

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Marsault, Obertone, RING et ses auteurs: le coup de poing d’extrême-droite permanent

in Chroniques de la violence brune/Chroniques du déni by

La rentrée littéraire de la maison d’éditions Ring n’est jamais comme les autres : ce n’est pas seulement une question de communication de presse folklorique où des auteurs qui se revendiquent ouvertement d’extrême-droite défilent, muscles bien huilés et tatouages tendancieux bien en vue dans des décors apocalyptiques. Ce n’est pas seulement une question de choix éditoriaux « punchy » et volontairement trash ; même si l’attrait pour la publication de textes de tueurs en série, par exemple, peut légitimement interpeller, dès lors qu’elle est faite sur le même mode que celles des polars. Dans le premier cas, les victimes existent réellement. Ce n’est pas seulement une question de débat démocratique sur les conséquences de la publication de BD mettant en scène un néo-nazi tabassant répétitivement des féministes, des gens de gauche, des issus de l’immigration ou des personnes homosexuelles, lesbiennes ou trans, ce qui est le cas de l’ensemble de l’œuvre de Marsault. Ou de délires non sourcés sur le Grand Remplacement, alternant avec l’éloge à peine masqué du terrorisme d’extrême-droite, ce qui est l’essentiel de l’ « œuvre » de Laurent Obertone. Chez Ring, les actes vont avec les mots. Au mois de décembre, Marsault passera en procès pour avoir appelé à harceler une militante féministe en août 2016 sur sa page publique. Un déferlement de violence verbale mais aussi de menaces concrètes avait suivi, déferlement rassemblant des centaines de militants et de sympathisants d’extrême-droite. Marsault, bien loin du moindre regret, a continué depuis 2016 à multiplier les sorties…

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L’étrange positionnement de Caritas International sur la Syrie

in Chroniques du déni by

Caritas est un ONG spécialisée dans l’aide humanitaire, d’inspiration catholique (en France c’est le « secours catholique »). La profondeur de ses liens avec l’Eglise varie d’un pays à l’autre. D’une relative indépendance en Belgique à une très grande imbrication dans d’autres pays. En Belgique, l’association est vue comme un pilier dans les grandes ONG belge d’aides humanitaires. Ils font par exemple partie du consortium 12-12 visant à des récoltes de fonds d’ampleurs pour des évènements d’ampleurs (ex : le tremblement de terre en Haïti). A ce titre, ils ont un positionnement qui, d’habitude, vise à s’en tenir à l’humanitaire quand il s’agit de prise de position publique. Pourtant une rapide recherche sur leur site tend à montrer une tout autre image lorsqu’il est question de la Syrie. Début décembre 2016, l’offensive gouvernementale visant à reprendre Alep bat son plein. Les quartiers aux mains de l’opposition sont soumis à un déluge de feu de la part des aviations russe et syrienne. Les morts se comptent par dizaines tous les jours. Les analyses des ONG spécialisées sont sans appel sur l’origine de ces destructions : ce sont bien les forces gouvernementales qui sont responsables de l’écrasante majorité des victimes. Mais à Caritas, on préfère ne pas parler de cela. On va plutôt publier le témoignage d’un membre de Caritas Syrie qui vit à Alep ouest. Celui-ci insiste sur le fait que les violences touchent autant les zones gouvernementales que les zones de l’opposition. C’est évidemment faux, comme le montre déjà à…

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Faut-il avoir peur d’enseigner l’histoire de France ?

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Enseigner le cadre national conduit-il irrémédiablement à faire du “roman national” ? On serait tenté de le croire à la lecture de quelques réactions aux propos tenus dans le Monde par Souâd Ayada qui préside le Conseil Supérieur des Programmes chargé de rédiger une refonte de ceux-ci dans le cadre de la réforme du baccalauréat, notamment celle de Laurence De Cock. Pourtant les propos bien vagues de Souad Ayada ne laissent guère de place à la polémique. Ainsi écrit-elle « La langue française et l’histoire, de la France notamment, y occupent une place essentielle, non parce qu’elles servent seulement à promouvoir, dans une société en crise, le sentiment d’appartenir à la nation, mais parce que la maîtrise de la langue est la condition d’accès à tous les domaines de la culture, parce que la connaissance de l’histoire éclaire le présent et éclaircit l’avenir. » De ce seul passage, certains ont déduit un avenir sombre pour l’enseignement de l’histoire au lycée et le retour à une conception « nationalo-identitaire » de celui-ci.

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France Insoumise: une crise à la croisée des chemins bruns

in Chroniques de la violence brune/Chroniques du déni by

La crise qui secoue la France Insoumise est certes une crise de pouvoir et de maîtrise des moyens du parti. Une crise de personnes aussi. Mais elle ne saurait se résumer, ni même s’expliquer uniquement par les aléas de la vie politique concrète sous un régime de démocratie parlementaire. Elle est bien une crise de fond, une crise de sens. Elle est le moment de la croisée des chemins sans retour possible en arrière. Profondément, elle est européenne et ce n’est pas un hasard si elle explose publiquement au moment de la constitution des listes pour les élections au Parlement européen. La victoire des fascistes en Italie a déterminé son explosion. Jusque là, en Europe, l’extrême-droite avait pris le pouvoir dans de nombreux pays. Ses similitudes de fond sur des thèmes précis avec une partie de ce qui fut considéré comme la gauche radicale étaient certes importantes: nationalisme exacerbé au nom de la défense du petit peuple, dénonciation du « complot des élites mondialistes » avec les mêmes cibles, comme Georges Soros, relents antisémites et/ou islamophobes, défense ou complaisances avec des dictatures comme celle d’Assad au nom de l’anti-impérialisme qui épargne toujours Poutine, discours anti-scientifique notamment sur les vaccins. Les points de convergence étaient nombreux. Le principal d’entre eux était évidemment la dénonciation de la démocratie bourgeoise comme le principal ennemi à abattre, le « vrai » fascisme qui impliquait pour une partie de la gauche radicale, une posture d’affrontement permanent avec les antifascistes. Mais en Italie, le Rubicon a été franchi. La prise…

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Le Jeu de la Censure – de quelle censure es-tu victime?

in Chroniques du déni by
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De quelle censure es-tu victime?

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“Bachar à la ZAD”, un slogan sale

in Chroniques du déni by

“Macron fait son Bachar à la ZAD”. Cette photo de tag apparue sur le net suscite les réactions. Car il dit beaucoup de la recomposition politique et du confusionnisme ambiant. Ce qui surprend dans ce slogan c’est qu’il est tout à la fois une reconnaissance des crimes de Bachar al Assad et leur négation par la mise en équivalence avec les lacrymos de Macron. Tout en « humour » évidemment, une blague potache. De façon significative on reproche aux Syriens où à ceux de leur défenseurs qui ne goûtent pas la blague de manquer de sens du second degré ou de ne pas être capable de saisir le jeu de mot. Pour tenter d’en comprendre toute la puissance nous avons cherché un peu l’origine de ce jeu de mot sur Twitter.

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