"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Laïcité

Affaire du “hijab Décathlon”: laïcité au sens large ou racisme ?

L’ « affaire » du hijab de running est le dernier développement des débats sur la place de l’Islam en France. Ces débats semblent sans fin depuis 1989 dans un contexte de progression de l’influence des tendances fondamentalistes parmi les musulmans de France (sans que l’on sache précisément dénombrer ceux que l’on rassemble sous le vocable d’islamistes) et une plus grande visibilité dans l’espace public de cette présence par l’affichage vestimentaire, par les femmes en particulier, de cette adhésion à cette forme de pratique de l’Islam. Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par des attentats revendiqués par le djihadisme islamiste et commis par des Français, ou des jeunes hommes qui ont grandi sur le sol français, ce qui ne peut que conduire à soupçonner toute forme de fondamentalisme islamiste de collusion avec cette violence jamais aveugle puisqu’elle a ciblé des victimes et des lieux tout à fait clairement identifiés. La décision prise par une enseigne de grande distribution de commercialiser ce vêtement à destination des femmes ne pouvait que susciter des crispations car une nouvelle fois elle remettait au centre du débat la question de la place des femmes dans la religion musulmane et de son rapport aux hommes. Derrière ce fait anecdotique se rejoue la question lancinante du contrôle par ces femmes de leurs corps, la question de l’obligation qui peut leur être imposée de se couvrir, voir de se dissimuler, dans une société qui a vu les femmes françaises par leur mobilisation devenir progressivement maîtresses de…

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A LA UNE

Ken Loach, docteur Honoris Causa de l’ULB? Une diversité très sélective

in Prises de positions by

L’ULB, Université du libre examen, a choisi cette année d’honorer le réalisateur Ken Loach. Ce choix est motivé selon la direction  par l’engagement social et progressiste de ce dernier. Cette nomination a cependant suscité les protestations de plusieurs organisations juives et antiracistes qui  rappellent  les positions de Ken Loach récentes ou plus anciennes, concernant l’antisémitisme et le négationnisme.  En réponse à ces reproches l’université se retranche derrière une diversion  jésuitique: “Monsieur Loach a été choisi par le Conseil académique de l’ULB, dans le cadre de l’Année des Diversités, en raison de son “œuvre militante relative aux conflits sociaux et la lutte pour le droit des travailleurs ou des immigrés clandestins“. Nous ne souhaitons pas en déplacer la focalisation vers le conflit israélo-arabe, ce qui serait en dénaturer” totalement la signification et la dimension. Dans ce contexte, si les prises de position politiques de Monsieur Loach dans le cadre du conflit israélo-arabe attirent inévitablement les critiques de ses opposants, aucun élément du parcours de ce cinéaste engagé ne permet cependant d’étayer des accusations d’antisémitisme ou de révisionnisme à son égard. Aucune de ses œuvres ne traite d’ailleurs de ce conflit. Le soutien au boycott académique d’Israël, qui lui est reproché, n’est pas et n’a jamais été la position de l’ULB en tant qu’institution, mais ne peut le disqualifier pour autant. L’engagement très ferme de l’ULB contre toute forme de racisme ou d’antisémitisme, et a fortiori de négationnisme, est une constante que nous souhaitons réaffirmer ici avec force. » Que de beaux…

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Non, il n’est pas possible de séparer la « critique des médias » de la défense de Bachar al Assad

in Médias etc. by

La crise qui vient de s’abattre sur Le Média est assez symptomatique et aussi un révélateur de ce qu’est la critique des médias. Le Média et sa ligne éditoriale sur la Syrie n’est pas un accident de parcours mais une tentative courageuse de traduire la critique des médias en actes. Et il n’a pas démérité, il est un pur produit de la “critique des médias” et de ce qu’elle est destinée à produire.

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Médias alternatifs

in Médias etc. by

C’est vraiment amusant, cette arnaque sémantique, parce que finalement c’est un peu la seule de nos ruses de militants qui voulaient devenir modernes qui a fonctionné. A la fin des années 90, c’était horriblement has been, d’être genre militant révolutionnaire classique. Bon déjà, on avait eu la chute du Mur de Berlin. C’était pas seulement l’effondrement des staliniens, c’était l’effondrement tout court, la révolution ça ne faisait pas rêver. Et en plus, on avait Robert Hue ou des trucs comme ça. Les anarchistes, c’était pas mieux, les gens aimaient bien le style mais bon après de là à militer sur la base de révolutions ratées y’a 70 ans, bon. Non, militer c’était un gros mot. Ringard et suranné. Comme “journal militant”, Comme “parti” ou “organisation”. Il fallait plus dire ça. Il fallait dire ” réseaux” , “coordination”, “activiste”. Et “alternatif”. Gommer la notion de conflictualité, d’opposition, non , fallait être vecteur d’agitation et de cogitation, tu vois. Entre individus totalement libres et indépendants, pas de rapports de pouvoir, mais non, mais non. Donc du coup, hors de question de faire un “site militant”. Ben non, “média alternatif”. Objectif, neutre, indépendant. Surtout que les gens croient pas s’engager avec toi, hein.

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A quoi servent les Fake News?

in Médias etc. by

Fondamentalement à quoi servent les « fake news » ? A quoi servent les « news » en fait ? A créer du lien social. D’un point de vue fonctionnel, les news ça ne sert à rien d’autre. On ne va pas soudain changer de vie en apprenant une nouvelle. Par contre, on va en parler au café ou au boulot « tu as vu ? – oh ouais c’est terrible – oui, en effet ». Autour d’une news, on échange, on partage, on témoigne de son attachement à certaines valeurs auprès d’un autre humain qui va répondre positivement ou négativement. En partageant une nouvelle avec ses semblables on crée la société démocratique en réalité qui existe principalement dans ce genre de partage. On vote une fois de temps en temps mais tous les jours on va échanger avec les autres sur le pluralisme de la société : « tiens tu as vu y’a des gens dans la société qui croient que la terre est plate – oui c’est fou dans quel monde on vit… » : c’est en partageant des news qu’on se rend compte des valeurs partagées, de l’existence d’autres groupes sociaux avec d’autres valeurs, de la pluralité des points de vues etc. Ce principe non-fonctionnaliste fait qu’il est difficile, dans nos sociétés capitalistes, de comprendre à quoi peut bien servir une news et à quoi les médias servent en général. Ca produit rien d’autre que du lien social ? Mais ça sert à rien !? D’où une…

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Pierre le Corf, dans l’enfer de la propagande du régime de Bachar-al-Assad

in Révolution by

On pourrait le prendre pour un de ces illuminés comme les guerres en attirent immanquablement, un garçon en mal d’aventure venu se payer le grand frisson en Syrie. On pourrait être seulement désolé pour lui et passer son chemin sans plus d’un haussement de sourcil. Il aurait dû rester une anecdote sordide dans une histoire qui le dépasse. Seulement voilà : le bougre est diablement moins ingénu qu’il ne veut le laisser paraître et s’est fait en quelques mois une place coquette sur les réseaux sociaux et dans la presse. On a même vu sa ganache faire l’objet d’un sujet du JT de France 2 le 5.10.2016, un de ces « grands médias » qu’il vilipende pourtant à l’envie à coups d’ « on vous ment, on vous manipule », credo qu’il partage avec la fachosphère 2.0. Alors face au succès, Dieu merci tout relatif, d’un story telling séduisant et au moment où Bachar et Poutine mettent à mort le peuple syrien, je ne pouvais pas rester sans réagir.

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Point de suspension, retrait définitif!

in Vidéos by

En décembre 2017, Gallimard annonçait la réédition des pamphlets antisémites de Céline, dont l’un publié sous l’Occupation. À la mi-janvier, sous la pression, Antoine Gallimard annonce une « suspension » provisoire, se déclare victime de la censure et accuse « les musulmans » d’être les « vrais » antisémites. Ce 19 janvier 2018, quelques amis de la bien-pensance sont allés à la librairie Gallimard pour y lire des extraits de la prose exterminatrice de Céline et exiger le retrait définitif du projet de réédition. De fait, « créée en 1919 par Gaston GALLIMARD pour servir de vitrine aux publications de sa maison, la librairie continue à présenter tout le fonds disponible des Editions GALLIMARD », même si elle est aussi devenue « une librairie générale ouverte à la production des autres éditeurs » (selon la description du site). Pourtant, la lecture a suscité des violences verbales et physiques du personnel de la librairie, au prétexte que ces amis de la bien-pensance se seraient trompés d’adresse. Ils ont d’ailleurs été soutenus par des clients qui se sont comportés en propriétaires et en ardents défenseurs de la liberté d’expression antisémite. Une illustration des limites de la liberté d’expression chez Gallimard. La haine, oui, l’action pacifique, non. Face à l’antiracisme, plutôt censeurs.

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Liberté pour les prisonniers syriens, Freedom for Syrian prisoners!

in Révolution/Vidéos by

“The withdrawal of Assad has ceased to be a priority” – is repeated in the European as well as International Summits. Some like Emmanuel Macron even dare to specify that they do not deny Assad’s crimes against humanity and that maybe one day they’ll demand accountability for those crimes. In this terrible moment when democracies define that a bloodthirsty dictator is unavoidable, we are not only walking on the graves of those who have been killed by the tormentor – but the words and actions of those politicians burry alive the revolutionaries.

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Paris with Syria

in Révolution/Vidéos by

La révolution n’est pas morte. Et de par le monde, son message s’est diffusé, parfois au hasard, comme ces balles de ping-pong recouvertes de mots pour la liberté qui dévalaient les rues syriennes dès 2011. Tant que les messages continueront à dévaler les rues, il y aura quelqu’un pour les ramasser et les renvoyer. 

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Machiavel, la realpolitik et la guerre en Syrie

in Révolution by

Certes, Assad est un tyran qui massacre son peuple, mais… Voici l’argument ultime et absolu des défenseurs de la politique d’Assad et de Poutine en Syrie : évacuer toute morale pour légitimer une realpolitik. Leurs opposants tentent sans aucun succès d’argumenter justement l’humain, la morale, l’éthique, le droit de la guerre, les valeurs sur lesquelles se fondent nos sociétés, les images choquantes de la réalité du massacre. En réalité les pro-Poutine et pro-Assad sont moraux et leur problème n’est pas à l’origine un déficit d’éthique. Ils reconnaissent que Bachar est un tyran, ils savent faire la différence entre le bien et le mal, simplement ils choisissent le mal. C’est un choix pleinement conscient et libre et qu’il est impossible de changer en leur demandant de prendre en compte des arguments éthique et moraux qu’ils ont déjà pris en compte dans leur réflexion. En fait, le choix du mal est un choix éthique. Le réel problème de ces personnes se situe ailleurs : la realpolitik. Et surtout dans la définition qu’en donnent ses partisans : la realpolitik serait simplement le choix du mal. La seule difficulté de la realpolitik serait en fait de faire ce choix et de le tenir courageusement face aux « bisounours », aux « bienpensants », aux « humanistes ».

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