"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Gauche

Nos droits

in Traces by

Crédit Photo: Yanis Mhamdi (@yanmdi) Il a fait beau cette année, un premier mai comme on en rêve. On a marché tranquillement au son de la batucada pendant qu’au loin sur le boulevard fusaient les lacrymogènes. Les camarades étaient aux aguets, rapport à l’attaque de l’année dernière – un paquet d’autonomes avaient fondu sur le SO à la fin de la manif’, et il y avait eu pas mal de de blessés. Alors on a gardé l’oeil ouvert, même si certains toto venaient nous saluer de bonne foi. Nombreux chez nous ceux qui viennent du bloc ; et puis dans les luttes ça finit toujours par se connaître. On a vu passer un couple de bouffons avec une pancarte contre l’OTAN en Ukraine et un ancien mec important à gauche viré pour antisémitisme mais pourtant toujours là, pas si discrètement. On pouvait pas briser la ligne alors on a rongé notre frein. Des camarades devant se sont retrouvés coincés avec le bloc, persuadés qu’il y avait un camion CGT devant. Je crois aussi que l’un des copains aiment l’odeur du feu et du spectacle. En passant devant un Naturalia dévasté ils ont rigolé devant l’inscription « Supermarché bio coopératif » au marqueur noir sur le mur – et hésité à se servir, soyons francs. Puis ils ont eu un peu peur pendant une bousculade – cinquante corps plaqués contre un mur, à en couper le souffle. Baladés entre des lacrymos, des explosions de grenades, des charges sorties de nulle part,…

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Vaccinée, troisième dose de solidarité offensive à la rentrée.

in Instants by

Cher gouvernement Vos insultes sous couvert de féliciter les vaccinés, ça commence à me fatiguer. Pas d’amalgame s’il vous plaît, j’ai pris le Pfizer, pas la carte d’En Marche, la France qui travaille pour vous, ce sera sans moi. Je me suis pas vaccinée pour retourner bosser pour huit balles de l’heure et une amende à 135 balles si je rentre trop tard et que j’avais pas d’attestation pour l’apéro dinatoire d’En Marche. Je suis vaccinée pour le Chaos vivant contre votre Ordre qui sent la Mort. Je suis vaccinée pour ne contaminer personne dans les manifs. Je suis vaccinée pour protéger les chômeurs quand on manifestera contre la réforme de l’assurance chômage Je suis vaccinée pour protéger les retraités quand on manifestera contre la réforme des retraites. Je suis vaccinée pour protéger les amis en situation de handicap quand on manifestera pour l’individualisation de l’AAH , et puis des AESH pour les gosses. Je suis vaccinée pour retourner occuper les théâtres et cette fois on sortira pas avant d’en avoir fini avec la société du Spectacle. J’aime pas spécialement Debord, mais encore moins Marlène Schiappa en train de réciter du Maurras chez Hanouna. Je suis vaccinée pour pas tomber malade pile le jour où je fais grève et rater la manif. Je suis vaccinée pour dire Même pas mal au flic qui m’arrachera mon masque dans une de vos nasses. Je suis vaccinée pour manifester pour que les exilés puissent se faire vacciner. Et avoir des papiers et un…

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Pardon Wajdi, pour ces occupations

in Mémoires Vives by

C’était un 20 mai 2021, un mois de mai où le ménage de printemps s’imposait. Aérer, ouvrir, ré-ouvrir, en finir avec cette odeur de Covid, avec ces histoires de luttes, de combats sociaux, de convergences. Les théâtres étaient prêts, les artistes trépignaient. Il restait toutefois quelques intermittents dans les lieux, qui avaient décidé d’occuper des théâtres vides durant le confinement et d’y faire résonner les revendications qui agitaient l’époque, d’organiser les luttes, de rêver convergence. Plus de 100 théâtres furent “occupés” et des Agoras organisées partout en France devant ces théâtres avec une revendication : annulation de la réforme assurance chômage. C’était une bien belle et bien valeureuse lutte, promise à l’échec comme toutes les luttes du moment, qui méritait d’être saluée, encouragée, applaudit. Wajdi Mouawad, auteur prodigue du théâtre contemporain et directeur d’un théâtre national à Paris, le théâtre de la Colline publie un manifeste à l’attention du public de son théâtre, pour leur expliquer pourquoi il refuse d’ouvrir le théâtre et pourquoi il préfère annuler les représentations afin qu’ils n’aient pas le désagrément de croiser quelques militants dans le hall. Voici ma réponse d’occupante de ces théâtres, militante, artiste, intermittente ou pour reprendre la définition qu’il fait de nous: une sorte de bactérie humaine, d’infection de ce monde. Pardon Wajdi. Pardon, je suis coupable, je suis une grande coupable Wajdi. Je ne t’ai pas donné un grand et beau spectacle, à toi, oh maître des lieux…. pardon, j’ai beaucoup pêché Wajdi. Tu vois, j’ai moi aussi un faible…

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Sortir à tout prix, qui paye ?

in Chroniques du déni by

18 avril 2020 Allez, viens, on sort, on se voit, de toutes façon, c’est fini le confinement, ça ne sert à rien de rester enfermé comme ça, ça rend tout triste, allez on s’en fout des vieux, des fragiles, on s’en fout comme on s’en foutait avant quand on se foutait de tout, allez, t’inquiète pas, de toutes façons faut bien mourir un jour. Allez… Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu ne veux pas ? Pourquoi tu restes chez toi tout le temps ? Regarde-les, le monde est dehors, le 11 mai c’est le jour officiel de la fin du confinement, le point final, toutes les écoles seront ouvertes, la preuve. Quoi ? Tu attends quoi encore ? Tu as peur ? vraiment ? Mais enfin, qu’est-ce qui te prend ? Il faut se ressaisir, je t’assure, nous avons eu une faiblesse passagère, je ne sais pas ce qui nous a pris, une folie, une hystérie collective, soudain nous avons mis en pratique nos discours, grave erreur. Nous nous alarmions de l’indifférence, de la cruauté, de l’individualisme, nous faisions des pétitions, des manifestations, mais c’était pas sérieux, c’était une mascarade enfin, il ne fallait pas le croire. C’était pour pleurer un peu, parfois, c’était hygiénique ces larmes là, pas plus. Je ne sais pas ce qui nous a pris, une sorte de tsunami humanitaire, une force incontrôlable, un besoin irrépressible de protéger nos anciens. Pourquoi ? je n’en sais rien, vraiment. Peut-être que si les chinois les avaient laissé…

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