"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Chroniques de la violence brune

Terrorisme d'extrême-droite, internationale néo-nazie, suprémacismes blancs: la terreur d'extrême-droite au quotidien.

Christchurch: le conspirationnisme comme légitimation de la lâcheté meurtrière.

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« The unarmed invader is more dangerous that the armed ». L’envahisseur non armé est plus dangereux que l’envahisseur armé. Dans le long pensum de Brenton Tarrant, c’est cette phrase là qu’on doit retenir. Celle qui entend justifier un récit où le lâche serait un preux chevalier. Cette phrase là qui au fond est la pierre de touche de tous les militantEs racistEs. Cette inversion du réel, transformé en récit héroïque. C’est une des fonctions principales de la théorie du Grand remplacement : faire d’une offensive impitoyable contre des innocents désarmés une guerre où des combattants courageux affronteraient des ennemis surpuissants. Mais les tueurs d’extrême-droite en Europe, aux Etats Unis ou en Nouvelle Zélande n’affrontent personne. Ils tuent, seulement. Tarrant a cité cinq tueurs censés être les « chevaliers » de son armée fantasmée.

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Islamophobie: la faute du député Taché

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Pour qu’un récit raciste reste crédible, les victoires des mobilisations islamophobes ou antisémites doivent forcément apparaître comme des défaites afin que la peur et la paranoïa, moteur essentiel de ces mobilisations, continuent à exister. La récente offensive islamophobe sous le prétexte Décathlon n’aura pas fait exception à la règle. Objectivement, c’est une réussite totale pour les islamophobes. Menée conjointement et sans divisions par des forces d’extrême-droite classique mais aussi par celles venues de la gauche, comme le Printemps Républicain.

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Antisémitisme: le fantôme jamais congédié

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La bête immonde Contre l’antisémitisme, on peut se tenir bien, comme le chantait Léo Ferré dans les Anarchistes, bras dessus, bras dessous mais jamais joyeux. Seulement debout. Au début des années 2000, on assistât à une libération de la parole antijuive. A gauche, nous fumes alors peu nombreux à réaliser l’ampleur du désastre à venir. Car les mots, disait Sartre sont des pistolets chargés. Et au bout des mots, il y eut des meurtres. Aujourd’hui comme pendant la manif Jour de colère de janvier 2014, l’antisémitisme n’a plus d’alibi. “Juifs casse-toi la France n’est pas à toi” criaient alors les adeptes de Soral et Dieudonné dans une triste préfiguration. La cause palestinienne, plus orpheline que jamais, ne sert même plus de paravent à la haine. Cimetières et pierres tombales profanées, graffitis haineux mais aussi slogans et banderoles faisant référence à la banque Rothschild, sont devenus quotidiens. Et puis ces scènes qui suscitent effroi et dégoût mêlés; Finkielkraut pris à partie par une meute pogromiste, Ingrid Levavasseur, une Gilets jaunes qui avait eu l’outrecuidance de se rêver porte-parole, bousculée insultée; puis traitée de sale pute… la haine misogyne, la haine antisémite, la même…. Bien sûr les paroles sont confuses comme ceux qui les profèrent; du vert, du noir, du rouge et beaucoup de brun, ils peuvent traiter une “goy” de “sale juive” et leur antisionisme un peu bancal suggère à un Juif, oh combien français, de “rentrer” à Tel Aviv… Mais cette confusion et cette bouillie idéologique sont aussi une des…

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Ensemble, debout, contre la haine ( bis …)

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Note de la Rédaction: ce billet d’humeur a été initialement publié par notre camarade Tal Bruttmann sur Facebook, qui l’a censuré pour incitation à la haine. Après consultation générale entre bougnoules et youpins de Lignes de Crêtes, nous nous sommes autorisés mutuellement et avec la permission de l’auteur à reproduire les termes dont on use envers nous partout sur le net. Ca s’appelle retourner le stigmate, et en rire, un peu, tant que faire se peut. Super, une génération spontanée d’experts ès antisémitisme. Avec analyses tous azimuts. Visiblement dans les thèmes du jour, y’a la fête aux bougnoules, qui reprennent la première place comme principaux vecteurs désignés de l’antisémitisme, ou alors autre grand thème, les “ouimaissïstes” qui y vont de leur lot d’analyse sur “oui mais quand même le sionisme”. Alors on va y aller large : – Ni Soral, Ni Dieudonné, ni Bourbon ou De Lesquen n’ont fait le Hadj. – Oui, il y a un antisémitisme meurtrier djihadiste, ça évitera qu’on vienne m’expliquer que ça existe. Et oui il existe de l’antisémitisme chez certain musulmans en France. Ca évitera aussi qu’on vienne me l’expliquer. – Non, les Rothschild qui ont fleuri depuis deux ans comme synonymes du pouvoir, pas plus que les “truies juives” ou “Juden” ne viennent de la culture arabe qui ferait des musulmans des antisémites ataviques. – Les musulmans de France vivent en France, et si certains sont antisémites, leur terreau culturel est aussi à chercher chez les Soral et Dieudonné (qui n’ont toujours pas…

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Ensemble, debout, contre toutes les haines

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Ce 14 février, la maison d’éditions d’extrême-droite Ring a de nouveau laissé libre cours à ses obsessions racistes et morbides en accusant notre collectif d’être une sorte de Al Qaeda bis. En effet, nous avions eu l’impudence, la veille de publier un texte contre leur présence à la foire du livre de Bruxelles. Nous estimons en effet que les organisateurs de ce genre d’évènements, censés promouvoir la culture et le savoir, ont bien d’autres choix qu’un éditeur publiant Marsault (récemment condamné pour harcèlement à l’encontre d’une camarade féministe), Laurent Obertone (l’un des phares de l’extrême-droite française) ou Papacito qui appelait, il n’y pas si longtemps à constituer des milices violentes pour s’en prendre aux antiracistes. Nous sommes désormais habitués aux obsessions de Ring à notre égard. Et plutôt flattés que dans un élan de conspirationnisme assez risible, ils nous imaginent derrière toutes les initiatives de soutien aux victimes de leurs chasses virtuelles, qui enfin, ont lieu en ce moment. Par contre, nous n’accepterons pas d’être désignés comme des complices des attaques et des menaces terribles et inqualifiables qui pèsent sur Zineb El Rhazoui, cible de Daech et d’autres groupes terroristes. Nous savons qu’elle soutient clairement des auteurs d’extrême-droite comme Laurent Obertone ou Marsault. C’est son choix, et face à ce choix-là, nous serons solidaires de celles et ceux qui en subissent les conséquences. Mais notre choix, à nous, est aussi de ne rien avoir à dire de plus contre la femme victime des meurtriers et des terroristes, si ce n’est…

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Contre la participation des éditions Ring à la foire du livre de Bruxelles 2019

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Le texte qui suit reprend en partie une lettre envoyée à Grégory Laurent, commissaire général de la foire du livre de Bruxelles, à laquelle il n’a pas répondu pour le moment. Du 14 au 17 février 2019, pour la troisième année consécutive, les éditions Ring seront présentes à la foire du livre de Bruxelles. Nous nous opposons à la participation, jamais remise en question, d’une maison dont les auteurs principaux sont des acteurs phares de l’extrême-droite culturelle et qui s’est déjà rendue responsable de nombreuses campagnes de harcèlement. Lors d’une discussion qui s’est déroulée en avril 2018 au sujet de la présence des éditions Ring et de leur auteur Marsault à la Foire du Livre de Bruxelles, Grégory Laurent affirmait que leur participation relevait d’une erreur. L’organisation se serait aperçue tardivement de leur inscription et de la nature de cette maison, et il était alors trop tard pour les refuser. Pourtant, Ring disposera à nouveau d’un stand lors de la foire du livre 2019, avec Zineb El Rhazoui, Laurent Obertone, Armelle Carbonel, Mattias Köping et Papacito. Contacté au début du mois de février, le commissaire général de la Foire du Livre affirme ne pas être en mesure de refuser la location d’un stand lors de son événement. Visiblement pieds et poings liés, ni l’organisation de la Foire, ni les institutions comme la Communauté Française (qui nous encourage quand même, à demi-mot, à réagir publiquement), ne s’estiment capables de priver l’éditeur de la fantastique vitrine qu’ils lui offrent. Ring (à propos…

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Marsault, dessinateur d’extrême droite condamné pour harcèlement

in Chroniques de la violence brune/Féminisme by

Communiqué de Lignes de Crêtes du 22 janvier 2019 et mise à jour du 3 février 2019 Ce 18 janvier le dessinateur d’extrême-droite Marsault a été condamné à une amende de 5000 euros (et 5000 autres mais en sursis) ainsi qu’à 2000 euros d’indemnisation pour avoir appelé au harcèlement en ligne de Megane Kamel, militante féministe et antifasciste. Cette décision de justice est un des aboutissements d’un combat inégal : d’un côté il y avait un homme de pouvoir, capable de mobiliser en quelques heures des milliers de harceleurs, eux-mêmes prêts à déployer insultes, intimidations, menaces, intrusions dans la vie privée d’une militante. Un homme de pouvoir, soutenu par Ring, maison d’édition florissante, comptant parmi ses auteurs des leaders culturels de l’extrême-droite comme Laurent Obertone. Un homme de pouvoir qui a lancé sa traque à un moment où il bénéficiait d’un lectorat bien plus vaste que son camp politique, qui était reçu dans de nombreux salons littéraires et de nombreuses librairies et défendu très largement, même dans certaines parties de la gauche , au nom de la « liberté d’expression ». En 2016, protester contre la violence des dessins de Marsault, outil de propagande raciste et sexiste, quelle que soit leur qualité artistique – ce dont nous n’avons que faire -, c’était un peu crier dans le désert. Trois ans plus tard, le combat de Megane a donné beaucoup de courage à d’autres dont nous sommes. Combat politique, combat psychologique, combat judiciaire. C’est un donneur d’ordres qui est condamné aujourd’hui.…

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DAU: de l’art de faire son beurre avec l’exploitation et la souffrance humaine

in Chroniques de la violence brune by

J’ai vu, dans mes contacts Facebook, plusieurs partages dithyrambiques sur “DAU”, un projet gigantesque de film/installation artistique à mi-chemin entre la télé réalité, le théâtre immersif et l’expérience totalitaire. DAU c’est le projet d’un réalisateur qui s’appelle Khrzhanovsky, qui semble disposer d’un pouvoir et de moyens illimités. Il a créé un set de tournage en Ukraine, reproduisant une ville, truffée de caméras cachées, et dans laquelle, pendant 3 ans, 400 personnes ont vécu, plus ou moins en immersion, dans une imitation de système totalitaire. Dicature Immersive pour les clients spectateurs… Les images produites vont être diffusées à Paris en étant intégrées à une sorte de spectacle immersif au théâtre de la Ville à Châtelet. Pour les visionner il faut remplir une demande de Visa qui pose des questions intimes (en autorisant l’exploitation de nos données personnelles sans aucune restriction à DAU), payer cher et s’engager à rester entre 6h et 24h à l’intérieur du dispositif. J’ai évidemment d’abord été intrigué par ce projet qui semble hors normes, mais plusieurs choses, dans les articles (très positifs) que mes contacts partageaient, m’ont rapidement gêné. Dans plusieurs de ces articles, il était fait mention, au détour d’une ligne, comme si ça n’était qu’un détail, de travail gratuit, d’autoritarisme du réal, de crises de folie ou de violence non simulées et filmées, etc. Cela m’a alarmé et s’est ajouté à la méfiance que j’avais déjà à l’idée que des privilégiés, en France, payent pour se donner le frisson de la dictature. Je me suis…

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Une journée dans sa tête

in Chroniques de la violence brune/Instants by

Il faut que j’écrive, je me suis dit en sortant du procès de Marsault et de ses deux acolytes jugés pour harcèlement contre Mégane Kamel. Cette journée du 7 décembre aura été un enchaînement de réflexes et de réactions instinctives, de débordements, d’angoisses, et de stupéfaction. Aujourd’hui, quelques jours plus tard et la pression étant retombée, je tourne et retourne cette idée en buvant des litres de café. Écrire, oui mais pour dire quoi, comment, à qui ? Les questions habituelles mais dans ce cas particulier les enjeux et le trouble sont plus grands. Parce que je sens que c’est un piège, d’écrire sur ce que j’ai pu vivre, moi, Tanx dans cette salle de procès où Marsault était jugé, lui, et a voulu accrocher mon attention particulière à plusieurs reprises. C’est un piège parce que ce procès n’était pas le mien, cette histoire n’est pas la mienne, j’étais là pour faire bloc, j’étais là parmi d’autres, et je n’avais pas réellement pris conscience de l’enjeu de ma présence, j’étais aux côtés de mes camarades et compagnons, féministes et amiEs de Mégane, et pour Mégane. À aucun moment avant que ce procès ne commence je n’avais réalisé ma place particulière. Moi qui pensais venir en simple meuf, je me suis rendue compte que j’étais là aussi en tant qu’autrice, en tant que Tanx, en tant que cible. Quand Marsault m’a saluée, je n’ai pas réalisé encore. Quand il est venu s’asseoir juste à côté de moi non plus. Je me…

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Marsault, à la barre, en petit garçon tombé du Ring

in Chroniques de la violence brune/Féminisme by

De dos, ils ressemblent à trois potes d’enfance qui ont fait une grosse connerie. Machinalement Marsault arrive et met d’emblée ses mains serrées derrière son dos, puis se force à laisser tomber les bras le long de son corps. Des trois prévenus, il est celui qui a réussi, qui fait l’admiration de ses deux amis, alors il se tient droit devant les juges. Il ne bouge pas, sauf quand sont énoncées les insultes et les menaces que son appel à lynchage a générées en août 2016 contre Megane Kamel. Là, il oscille d’un pied sur l’autre, systématiquement. Sinon, il reste immobile, BREUM tatoué à l’arrière de la tête, mais de face, on ne voit pas, on voit juste un grand mec, avec des petites lunettes. Qui sont ces hommes ? Le savent-ils eux-même ? Tous trois ont reconnu les faits. Marsault n’hésite pas à un évoquer un “lynchage”. Personne ne lui a demandé, il le dit de lui-même. Oui, il a initié un lynchage, mais initié seulement. Et puis il a hésité avant. Tout s’est passé très simplement. Marsault faisait des “dessins à l’humour graveleux”, c’est “son gagne-pain”. Un gagne-pain juteux, 80 000 euros en 2016. A ce moment-là, il est content, il a trouvé un éditeur, Ring. Bref tout va bien, sauf qu’existe “une partie de la population qui n’aime ni ses convictions, ni ses dessins”. Et dont certaines osent le dire et agir. C’est tout l’intérêt de ce procès, finalement. Détailler un processus étape par étape. Celui qui…

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