"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Chroniques de la violence brune

Terrorisme d'extrême-droite, internationale néo-nazie, suprémacismes blancs: la terreur d'extrême-droite au quotidien.

Ghetto de Varsovie: les visages de l’insurrection ( 27 avril au 8 mai 1943)

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Mémoires Vives/Négationnisme by

Le 19 avril 1943 débute la « liquidation » du ghetto de Varsovie. Créé à la fin de l’année 1940 au cœur de la capitale polonaise, il a vu passer plus d’un demi-million de juifs. Cent mille d’entre eux y ont trouvé la mort jusqu’à l’été 1942, du fait des conditions meurtrières créées par les Allemands. A l’été 1942, dans le cadre de la « solution finale », 260 000 personnes sont déportées à Treblinka. Au mois de janvier suivant les SS reprennent les déportations, mais elles sont interrompues par les premières actions armées des groupes de résistances juives. Deux organisations coexistent. Le Żydowski Związek Wojskowy (ZZW, Union militaire juive), commandée par Pawel Frenkiel, 23 ans, rassemblant les militants des partis de droite, et la Żydowska Organizacja Bojowa (ZOB, Organisation juive de combat), où se retrouvent les militants de gauche. Alors que les ZZW et ZOB s’organisent afin de combattre les Allemands, des centaines de bunkers souterrains sont aménagés par la population. Lorsque le 19 avril 1943 les SS lancent leur opération, il reste de 50 000 à 60 000 Juifs dans le ghetto. Le ZZW (environ quatre cents combattants) et la ZOB (environ 750 combattants), ainsi que des groupes « sauvages » non affiliés, font face aux Allemands et livrent combat pendant près d’un mois. La première partie de cette chronique, initialement publiée par Tal Bruttmann sur son mur Facebook se trouve ici 27 avril 1943 – 9e jour de combats dans le ghetto Un millier d’Allemands, SS et…

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Des Turner Diaries à Christchurch, le fil Blanc du suprémacisme.

in Chroniques de la violence brune by

Earl Turner. Brenton Tarrant. Deux tueurs . Le premier n’a jamais existé ailleurs que dans l’imagination d’un militant néo-nazi, auteur d’un roman longtemps oublié, mais est l’archétype anticipé de tous les pèlerins du Néant qui assassinent au nom du suprémacisme blanc. Le second croupira sans doute en prison toute sa vie après avoir assassiné de sang froid des centaines de personnes à la mosquée de Christchurch (1). Mais son manifeste est devenu un Mythe, et fait de lui le chef spirituel et le mentor dont les meurtres sont désormais un modèle pour des centaines de milliers de jeunes hommes, dont certains n’ont pour ambition que de l’imiter au plus vite. Il y a encore quelques années, lire les Turner Diaries donnait le sentiment de se plonger dans une curiosité archéologique. Un objet répugnant sorti d’un quelconque cabinet des curiosités de collectionneur passionné par les sectes d’extrême-droite. L’une des bibles des suprémacistes blancs était alors uniquement connue sur les souterrains de l’internet, un best steller de l’underground néo-nazi depuis sa parution en 1978. La chose semblait une imitation maladroite de la SF politique et apocalyptique plutôt de gauche des seventies. Du roman de gare, les Turner Diaries (2) ont le style médiocre, les rebondissements convenus, et les personnages très pauvres, n’y manque même pas la secrétaire modeste mais efficace tombant amoureuse du héros viril. Les Turner Diaries, au départ, étaient difficilement lisibles autrement que comme le pensum minable d’un obsédé raciste, un roman où les extra-terrestres sont remplacés par les Juifs et…

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Bourgoin, le True Crime et l’Extrême droite

in Chroniques de la violence brune/Féminisme/Médias etc. by

  Un peu de contexte Soyons honnêtes, j’ai toujours eu un problème avec Stéphane Bourgoin. Comme n’importe quelle personne francophone qui s’intéresse aux tueurs en série, j’ai beaucoup croisé les écrits de Bourgoin qui est considéré comme le plus grand spécialiste français sur le sujet. Pourtant, je n’ai jamais aimé le lire tant il me semblait visible que Bourgoin manquait de profondeur dans son approche du sujet, ressassait et simplifiait ce qu’il lisait lui-même ailleurs et surtout laissait une grande place dans ses livres à des descriptions morbides qui me semblaient superflues et voyeuristes. J’étais également irrité de voir quelqu’un que je percevais (pourtant sans preuves à l’époque) comme un pseudo-spécialiste avoir autant d’audience pour diffuser des idées poussiéreuses et simplistes sur la psychologie humaine. Je m’inquiétais de son influence, et pour cause, Bourgoin a toujours été invité sur les plus grands plateaux télé, dans les plus importants journaux et ses livres (une cinquantaine) sont lus par des millions de lecteurs. Un autre fait, plus récent et qui alimentait ma méfiance, est que Stéphane Bourgoin a commencé à être édité chez Ring en 2013 (et nommé directeur de deux collections chez eux “Murder Ballads” et “Train de nuit”). Ring est une maison d’édition que l’on pourrait qualifier d’extrême droite (bien qu’elle s’en défende), et pourtant Bourgoin ne semblait pas avoir de problème moral à être édité aux côtés d’auteurs tels qu’Obertone, Marsault, Geoffroy Lejeune, Alexandre Mendel, ou Papacito. Edit: suite aux révélations sur Bourgoin, Ring s’est empressé de dire à…

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Ghetto de Varsovie: les visages de l’insurrection

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Mémoires Vives/Non classé by

Le 19 avril 1943 débute la « liquidation » du ghetto de Varsovie. Créé à la fin de l’année 1940 au cœur de la capitale polonaise, il a vu passer plus d’un demi-million de juifs. Cent mille d’entre eux y ont trouvé la mort jusqu’à l’été 1942, du fait des conditions meurtrières créées par les Allemands. A l’été 1942, dans le cadre de la « solution finale », 260 000 personnes sont déportées à Treblinka. Au mois de janvier suivant les SS reprennent les déportations, mais elles sont interrompues par les premières actions armées des groupes de résistances juives. Deux organisations coexistent. Le Żydowski Związek Wojskowy (ZZW, Union militaire juive), commandée par Pawel Frenkiel, 23 ans, rassemblant les militants des partis de droite, et la Żydowska Organizacja Bojowa (ZOB, Organisation juive de combat), où se retrouvent les militants de gauche. Alors que les ZZW et ZOB s’organisent afin de combattre les Allemands, des centaines de bunkers souterrains sont aménagés par la population. Lorsque le 19 avril 1943 les SS lancent leur opération, il reste de 50 000 à 60 000 Juifs dans le ghetto. Le ZZW (environ quatre cents combattants) et la ZOB (environ 750 combattants), ainsi que des groupes « sauvages » non affiliés, font face aux Allemands et livrent combat pendant près d’un mois.   19 avril 1943. A 3h du matin 850 SS commandés par 16 officiers encerclent le ghetto de Varsovie pour procéder à sa liquidation, après une première tentative en janvier. Ils pénètrent à 6h…

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Sarah Halimi, une mémoire isolée par nos antiracismes divisés.

in Chroniques de la violence brune/Chroniques du déni by

Seule, Sarah Halimi. Comme d’autres victimes de crimes antisémites. Seule à cause d’un antiracisme qui ne sait plus être universaliste. Depuis la date de son assassinat, un double mouvement l’exclut, comme tant d’autres, de la solidarité avec les victimes de crimes racistes qui se succèdent dans ce pays. Ce mouvement est d’abord une absence de mouvement, assez ordinaire, malheureusement, dans une partie du champ antiraciste. Un certain regard. Un regard sur une « Juive ». Qui était Sarah Halimi ? Une habitante d’un quartier populaire, où les issus de l’immigration sont nombreux. Une femme aux revenus suffisamment modestes pour être locataire d’un HLM, au milieu d’une zone urbaine où l’accès aux services publics même au cœur de Paris devient limité. L’histoire terrible de la soirée qui a conduit au meurtre de Sarah Halimi est aussi l’histoire de la police qui n’intervient pas assez vite, malgré les appels, malgré sa présence sur les lieux. Une histoire que beaucoup d’habitantEs des quartiers populaires connaissent, même si elle ne se termine pas toujours de manière aussi atroce. Si Sarah Halimi avait été arabe, ou noire, issue de l’immigration, son nom aurait été immédiatement ajouté à celui des crimes racistes non pris en compte par les autorités publiques. Pour elle nous aurions dit les mots que nous disons toujours, et les plus radicaux d’entre nous auraient évoqué le racisme d’état. ToutEs, nous aurions en tout cas dénoncé l’indifférence face au meurtre d’une femme, le déni de son caractère raciste, d’abord total, puis le racisme mis au second…

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Négationnisme: des députés offrent une tribune à l’Assemblée au néo-nazi Benedetti

in Chroniques de la violence brune by

Le 25 avril dernier, des propos négationnistes ont pu tranquillement être prononcés dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale. Ces propos sont restés en ligne sur le site de l’Assemblée et ont été mis en lien par des articles de presse, avant d’être retirés un peu tard ce 14 mai, une fois que la plus grande publicité leur aura été faite (1).

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L’extrême droite chez Daimler en Allemagne

in Chroniques de la violence brune by &

Oliver Hilburger est un salarié de longue date des usines Daimler de la région de Stuttgart (environ 22 000 salariés sans compter les intérimaires), sur le site d’Untertürkheim. L’histoire de cette entreprise automobile n’est pas sans lien avec le nazisme. À partir de 1937, Daimler-Benz produit de plus en plus de matériel d’armement notamment pour la Marine, le Heer et la Luftwaffe. En 1944 la moitié des 63.610 travailleurs à Daimler-Benz est soit travailleur forcé, prisonnier de guerre ou prisonniers KZ (camps de concentration).

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Grandir en milieu conspirationniste: un témoignage

in Chroniques de la violence brune/Instants by &

Le texte que nous proposons ci-dessous à la lecture est une traduction par nos soins de l’article « Mental instability, a lack of access to psychological healthcare, alien abduction theory and the cultish personalities who exploit it all » paru le 5 juillet 2016 sur la plateforme de blogging medium.com L’auteur de l’article, Aiden Robert Jönsson, est le fils d’une femme complotiste – adepte en particulier des théories d’enlèvements par des extra-terrestres et de complots gouvernementaux – qui s’est suicidée. Aiden Robert Jönsson explore l’hypothèse qu’une des sources de l’adhésion aux théories du complot peut se situer dans des pathologies mentales génératrices de grande souffrance psychique – paranoïa, voix et hallucinations, sentiment d’alien-ation. Le contexte états-unien spécifique combine une absence quasi-totale de prise en charge des soins médicaux et en particulier mentaux et la diffusion d’émissions de radio qui se font chambre d’écho des récits paranoïaques de personnes en détresse. Si en France, le contexte parait un peu différent, la prise en charge de la santé mentale reste désastreuse et des émissions de radio comme Ici et maintenant, bien que plus confidentielle que les émissions états-uniennes évoquées dans l’article, leur est pourtant comparable. Bref, rien n’interdit d’élaborer des parallèles entre ce récit à la première personne et certaines tentations complotistes en France comme ailleurs. Ce texte, empathique, offre un angle, un regard, encore peu explorés, sur ce qui peut amener à adhérer à des thèses complotistes et fascisantes. Nous avons tenté de contacter l’auteur, sans succès, et avons donc pris…

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Christchurch: le conspirationnisme comme légitimation de la lâcheté meurtrière.

in Chroniques de la violence brune by &

« The unarmed invader is more dangerous that the armed ». L’envahisseur non armé est plus dangereux que l’envahisseur armé. Dans le long pensum de Brenton Tarrant, c’est cette phrase là qu’on doit retenir. Celle qui entend justifier un récit où le lâche serait un preux chevalier. Cette phrase là qui au fond est la pierre de touche de tous les militantEs racistEs. Cette inversion du réel, transformé en récit héroïque. C’est une des fonctions principales de la théorie du Grand remplacement : faire d’une offensive impitoyable contre des innocents désarmés une guerre où des combattants courageux affronteraient des ennemis surpuissants. Mais les tueurs d’extrême-droite en Europe, aux Etats Unis ou en Nouvelle Zélande n’affrontent personne. Ils tuent, seulement. Tarrant a cité cinq tueurs censés être les « chevaliers » de son armée fantasmée.

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Islamophobie: la faute du député Taché

in Chroniques de la violence brune by &

Pour qu’un récit raciste reste crédible, les victoires des mobilisations islamophobes ou antisémites doivent forcément apparaître comme des défaites afin que la peur et la paranoïa, moteur essentiel de ces mobilisations, continuent à exister. La récente offensive islamophobe sous le prétexte Décathlon n’aura pas fait exception à la règle. Objectivement, c’est une réussite totale pour les islamophobes. Menée conjointement et sans divisions par des forces d’extrême-droite classique mais aussi par celles venues de la gauche, comme le Printemps Républicain.

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