"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Chroniques de la violence brune

Terrorisme d'extrême-droite, internationale néo-nazie, suprémacismes blancs: la terreur d'extrême-droite au quotidien.

Ni de droite, ni d’extrême-droite

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Après l’échec du barrage de la gauche au premier tour de la présidentielle, nous avons été nombreux à appeler à faire barrage à nouveau – contre Marine Le Pen, évidemment. Un certain nombre d’électeurs de gauche ont refusé un tel barrage, lui préférant l’abstention ou, pour une partie d’entre eux, un vote pour Marine Le Pen. Le clivage entre ces deux pôles tient à une double méprise. D’une part, un électorat abstentionniste qui n’a pas réellement pris la mesure de la violence du programme du Rassemblement National, dont chacune des mesures annonce un déferlement de violence de classe, de race et de genre. D’autre part, une part de l’électorat qui appelle au vote pour Macron sans avoir réellement pris la mesure de la violence du quinquennat qui vient de s’écouler. Il existe bien évidemment des défenseurs du barrage qui savent pour qui ils vont voter, tout comme il existe des abstentionnistes qui savent ce qu’est le RN. On peut y ajouter des rouges-bruns, des confus, des fascistes purs et durs votant Le Pen ou des libéraux convaincus du bien-fondé des politiques de Macron. Il existe néanmoins une certaine catégorie d’électeurs se revendiquant de gauche qui fait une mine outrée ou agacée lorsque quelqu’un a le culot de comparer Macron à Marine Le Pen, et de scander “ni-ni” durant une occupation ou une manifestation. Une catégorie d’électeurs qui ne comprend donc sincèrement pas le refus du vote barrage au second tour, estimant qu’il ne s’agit au mieux  que d’un caprice d’enfant gâté.…

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Cher.e électeur insoumis qui envisage de ne pas faire barrage à Le Pen

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On a voté pour le même candidat au 1er tour au moins pour une raison commune : contre le néolibéralisme autoritaire, inégalitaire, patriarcal et climaticide de Macron. Pour rejeter l’amplification d’une politique antisociale, la promesse de plus de précarisation pour les classes populaires, la poursuite de la remise en cause des grands piliers de la redistribution des richesses et de la protection des travailleur.ses (sécurité sociale, retraite, droit du travail, syndicats, …) des droits fondamentaux (droit d’expression, de manifestation, liberté de culte, d’association, d’information, équilibre justice/police, …) et des services publics. Pour rejeter aussi des inégalités territoriales qui se traduisent non seulement dans les taux de chômages, mais aussi en nombre de morts COVID. Pour rejeter une politique patriarcale qui nomme à la tête du Ministère de l’Intérieur un militant anti PMA visé par une procédure judiciaire pour viol et harcèlement sexuel. Une politique qui nomme Garde des Sceaux un machiste ennemi déclaré du mouvement #MeToo ou de l’Association contre les Violences faites aux femmes. Pour rejeter une politique climaticide qui a piétiné les accords de Paris, qui a fait condamner l’Etat français pour préjudice écologique, poursuivi les centrales à charbon, rien fait pour limiter les émissions des gaz à effets de serre dues au transport, défendu un modèle agro-industriel productiviste et polluant. Contre tout ça, on a fait front ensemble au 1er tour. De mon côté, je considère que le macronisme n’est pas encore la dictature, pas encore le fascisme, il n’est pas encore question de supprimer physiquement et…

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Cinquièmes colonnes

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Comment les musulmans et les juifs détruisent la France, et comment la bourgeoisie d’affaire nous en préserve C’était la saga de l’été 2020, passée relativement inaperçue à cause du COVID. Une excellente enquête de Mediapart revenait, un an plus tard, sur le déroulé de l’affaire. Tout commence par un signalement dans les rues de Créteil, vendredi 24 juillet 2020. Un plombier repère un véhicule suspect dans lequel deux hommes en noir, gantés, attendent on ne sait quoi dans ce quartier pavillonnaire tranquille. Craignant un attentat, il prévient la police, qui dépêche rapidement un véhicule sur place. La plaque d’immatriculation de la Clio, grossièrement recouverte de ruban adhésif, semble aux policiers un motif plus que suffisant pour procéder à un contrôle. Dans les poches des deux hommes aucun papier d’identité mais des couteaux à cran d’arrêt siglés « armée française ». Sur le tableau de bord, un tracker GPS ; et dans la boîte à gant, un pistolet semi-automatique Browning. Le parquet décide rapidement que l’affaire mérite une attention toute spéciale, et les enquêteurs de la brigade criminelle retirent les suspects des mains de la police judicaire du Val-de-Marne à laquelle ils ont été d’abord confiés. Dans la nuit du 24 au 25, l’un des deux hommes commence à parler. C’est le début de ce que la police a nommé l’affaire « Légendes » en référence à la série d’espionnage mettant en scène des agents de la DGSE. Depuis, 15 personnes ont été mises en examen pour, entre autres choses, «…

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Entretien avec Françoise Morvan: le nationalisme breton, faux folklore et vrai lobby

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Françoise Morvan est une lanceuse d’alerte. Son combat rejoint celui de Lignes de Crêtes contre les forces redoutables et obscures qui minent nos sociétés démocratiques, contre le fascisme la haine de l’autre, le machisme général qu’elle subit depuis les débuts de son combat, le souverainisme qu’il soit d’extrême droite, de droite ou de gauche. Le régionalisme breton, sa néoculture, ses revendications autonomistes, ses alliances avec les mouvements séparatistes et leurs exigences linguistiques ou culturelles ne relèvent pas d’un doux folklore. Ils représentent l’héritage de la haine de la République née après la Révolution de 1789, ils s’appuient au 19e sur les forces royalistes légitimistes les cercles cléricaux puis au début du 20e sur les cercles maurrassiens antisémites, enfin sur les fascistes et les collaborateurs nazis admirateurs du IIIe Reich pendant la guerre. Le drapeau noir et blanc qui symboliserait l’attachement au « peuple breton » son folklore et sa langue fut créé par Morvan Marchal druide antisémite fondateur du groupe Breiz Atao qui allait incarner la collaboration avec l’Allemagne nazie des séparatistes bretons. Maintenant tous les partis politiques soutiennent le régionalisme breton et ses instances industrielles, commerciales culturelles comme l’institut de Locarn tout puissant, au mépris des renoncements catastrophiques pour l’environnement comme lors du mouvement des bonnets rouges en 2013. Françoise Morvan est très seule et très exposée, toujours censurée en Bretagne, elle continue cette lutte avec quelques rares soutiens, mais les médias nationaux s’effacent devant la puissance des régionalistes et leurs menaces. Nous devons la soutenir, son livre le monde comme…

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Audio Antisémitisme et islamophobie : sommes nous condamnés à être des frères ennemis

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Le 6 novembre, à la Mutinerie, trois intervenants, Rafik Chekkat, militant contre les violences policières et l’islamophobie, Hamza Esmili, anthropologue et activiste antiraciste, et Nadia Meziane, membre de Lignes de Crêtes introduisent  une conférence contre l’antisémitisme par un des sketchs les plus populaires de Dieudonné. ” Conseil de classe” met en scène une réunion dans un collège, destinée à statuer sur le cas d’une jeune fille qui a décidé de porter le voile en classe. Dieudonné y interprète tous les personnages d’une tragi-comédie cumulant tous les clichés racistes et antisémites possibles, le prof désabusé laïque, les parents arabes, noirs, juifs, asiatiques et blancs qui s’affrontent impitoyablement. Vingt minutes qui ont beaucoup fait rire autrefois, mais qui ne feront rire presque personne cette fois, tant la fiction fasciste apparaît prophétique dans la France de 2021, tant le sketch de Dieudonné est devenu la réalité de Zemmour et de Darmanin, celle qu’ils tentent d’imposer à un pays tout entier. Trois heures pour tenter un autre récit sur nos vies soit-disant séparées, trois heures à parler en vrac des manifestations antisémites autour du refus du vaccin, des fermetures de mosquées imposées par la loi Séparatisme, et pour refaire ensemble l’histoire de ces années terribles où la concurrence prétendue des mémoires a fait perdre la mémoire des luttes antiracistes possibles, ensemble, sans angélisme, sans cacher nos peurs, nos rancœurs, nos divisions et nos affrontements communautaires, sans faire table rase du passé, sans dire que tous les racismes sont pareils, sans faire de comparaisons jalouses…

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L’antifascisme n’est pas un crime

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Après ce qu’il semble avoir été des millions d’années de mandats de Gérard Collomb, le nouveau premier flic de France, Gérald Darmanin se déplace le 7 octobre dernier pour nous parler de ces sujets de prédilection: insécurité, vidéosurveillance (pardon, “vidéoprotection”) et augmentation des effectifs de police dans les rues de notre ville lumière, Lyon, la capitale de l’extrême droite. Darmanin prononce ses inepties post inauguration du nouvel hôtel de police du 8ème et visite des locaux d’Interpol. Ambiance. Vidéoprotection, parlons-en. Lors d’une manifestation non déclarée contre le pass sanitaire le 28 août, des militants antifascistes et des sympathisants de la GALE (Groupe Antifasciste Lyon et Environ) se sont confrontés à des membres de Civitas qui se définit lui-même comme “lobby catholique traditionaliste” aka groupuscule intégriste d’extrême droite. Tout ça est évidemment filmé par une des nombreuses caméras de surveillance présentes dans la presqu’île de Lyon. Les supposées victimes de Civitas n’ayant ni déclaré d’ITT ni porté plainte, il n’y aurait pas dû avoir de poursuites. Pourtant, exceptionnellement, dans ce type d’affaire, le parquet s’auto-saisit et la procureur demande le placement en détention de l’ensemble des prévenus. Le 21 et 22 septembre, sept militants sont interpellés chez eux et sur leur lieu de travail. Ils sont d’abord maintenus en garde à vue pendant 24 à 48h. On leur parle alors à plusieurs reprises de la “raison politique” de cette opération. La bande vidéo témoin reste évidemment entre les mains des forces de l’ordre, on se demande bien qui va-t-elle “protéger”. Parmi…

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La fange et le droit

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Le 15 septembre après-midi se tenait devant la 17e chambre du Tribunal de Paris, l’audience civile qui devait juger de la demande de Pierre Serne de faire retirer 6 articles injurieux, homophobes et antisémites, publiés sur le site d’ultra-droite Riposte Laïque entre le 3 et le 11 mai 2021. Théodore Abitbol a pu y observer l’avocat de la fachosphère (et de la Manif Pour Tous, de Génération Identitaire ou de certains Gilets Jaunes), F. Pichon, ancien responsable du tristement célèbre GUD. « Remettez votre masque, s’il vous plait ». La juge dit ça à l’avocat de la défense (Riposte Laïque) au bout de trois minutes, sur un ton neutre. Il frotte ses semelles au sol tout en parlant, comme s’essuyant sur un paillasson. Son masque redescend rapidement au-dessous du nez. Ça gesticule un peu, ça s’embrouille et bafouille. On aimerait presque le croire lorsqu’il prétend n’avoir pas eu le temps de se préparer : « Vous comprenez, l’adresse de mon client n’était pas la bonne… Ce n’est pas un artifice destiné à échapper à la justice… Et il ne s’agit bien sûr pas d’une perversion non plus de la part de la partie adverse, bien sûr, mais plutôt d’un manque de moyen, car à soixante euros l’acte d’huissier, je comprends, n’est-ce pas… » Mensonge balayé aussitôt par la partie demanderesse (l’avocate de Pierre Serne) puisque les diligences de l’huissier ont permis de vérifier le nom sur la sonnette et d’obtenir le témoignage de sa gardienne. Et comme le rappelle l’avocate, l’adresse notée sur la…

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L’islamophobie, pathologie aigüe de l’insécurité culturelle.

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Supposons que le signifiant d’« islamophobie » ait quelques pertinences. Si « islamophobie » il y a, alors définissons ce terme selon son étymologie, c’est-à-dire comme une peur, une haine ou un dégout de la religion musulmane. D’une peur, d’une haine ou d’un dégout absolument légitime et non-condamnable pour peu que ce rejet respecte le cadre légal de la jurisprudence consacrée. En ce sens, force est de constater que depuis plus de vingt-ans, règne un climat d’idées et d’affects que l’on peut aisément qualifier d’« islamophobe » et ce, particulièrement dans le champ politique, médiatique et intellectuel[1], alimenté par différents acteurs – pas nécessairement majoritaires mais ayant assurément force de proposition et en ce sens, jouissant d’un relatif pouvoir d’influence –, formant ainsi ce que Pierre Bourdieu appellerait une « humeur idéologique »[2]. Pour notre part, nous pensons que l’« islamophobie » relève d’une phobie avant tout idéologique et culturelle, qu’elle procède d’un contexte historico-politique particulier fait d’insécurités et d’angoisses existentielles profondes, favorisant ainsi la sécrétion de toutes sortes de fantasmes et de psychoses dont les extrêmes et les contraires s’en nourrissent jusqu’à satiété – et ce, particulièrement chez une certaine élite intellectuelle et politique.   Une phobie idéologique Contrairement à une relative interprétation dominante, il nous apparait que l’« islamophobie » n’est ni un « racisme », ni une « religiophobie » ; elle est dans le pire et le plus vulgaire des cas, une xénophobie – au sens d’une altérisation/démonisation de l’Autre –, mais ne saurait s’y réduire et en constituer l’essence. L’« islamophobie » est  avant tout une phobie idéologique qui interprète tendanciellement toute pratique d’extériorité sociale…

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Des Castors et des Ornithorynques

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« Au premier tour on choisit le meilleur, au second tour le moins pire » Tel est le drame, final de la démocratie bourgeoise parlementaire, des élections à deux tours. Si tant est que l’on ait un « meilleur » au premier tour (excluant le programme par l’individualisation bonapartiste du pouvoir), le constat est que n’est jamais élu un candidat ou un programme dont est proche la majorité des électeurs. Enfin, de ceux qui s’expriment. Enfoncer une porte ouverte. Le pouvoir politique est détenu par une minorité élue par opposition à d’autres. Un certain nombre d’entre nous, appelés Castors, ont fait action politique de voter pour tout candidat opposé à un candidat d’extrême-droite, notamment au nom de l’antifascisme. Cette position est louable. Et défendable. Tout sauf le fascisme. Tout en luttant quotidiennement contre le pouvoir élu dans sa politique anti-sociale, réactionnaire, raciste, etc. Au contraire, d’autres, les Ornithorynques, ne votent ni au premier, ni au deuxième tour. Ou bien votent Blanc ou Nul. Politiquement. D’autres votent au premier tour mais pas au deuxième, refusant le « moindre pire » et ne se résignant pas à voter pour des candidats anti-sociaux, de droite, xénophobes, etc. Je suis issu d’un milieu familial rouge, communiste, où l’on vote pour le Parti au premier tour, et où l’on vote à gauche au second tour. Où il faut voter, parce que le droit de vote fut acquis de haute lutte par nos ancêtres. Parce que le droit de vote des femmes a été acquis durement. On vote, et il n’y a…

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Quand les castors auront piscine.

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C’était devenu à peu près le même scénario à chaque fois. L’antifascisme était sujet de risée absolue de partout pendant quatre ans, après chaque élection présidentielle. Le nouveau président, à peine installé au palais, regardait la même étude d’opinion que son prédécesseur. Les faits étaient là, beaucoup de Français se sentaient d’extrême-droite. Et c’était ceux qui n’avaient pas voté pour lui. Bon, il était passé quand même à cause du barrage de ces connards d’antifascistes. Oui, le président appelait les antifascistes des « connards », en son for intérieur. Comme son prédécesseur, il venait de la gauche. Et son électorat initial était vraiment insupportable. Tu parles d’un socle, des bouches insatiables, oui. Depuis 81, c’était la même chose «  Oui vous ne tenez pas vos promesses ». Évidemment, tu crois qu’on va donner le droit de vote aux étrangers, régulariser tous les sans-papiers, abroger les discriminations, et reloger les Roms ? Tous les élus raisonnables de gauche devaient supporter des électeurs comme ça, ^persuadés de vivre au pays des Bisounours. Des espèces d’illuminés qui se croyaient dans un roman de Victor Hugo, des Jean Valjean à la petite semaine «  oui mais c’est pô juste ». Bah oui, se disait le nouveau président, évidemment que c’est pas juste, mais on est au 21ème siècle, ça a toujours tourné comme ça, enfin. Mais bon, la campagne était finie et il en avait fini aussi, des sourires aux connards. Il n’avait pas pu se passer des connards antifascistes, ça avait été ça le plus dur. Exactement comme…

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