"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Laïcité

En mémoire de Christchurch, contre la loi Séparatisme, rassemblement le 14 mars

in Antisémitisme/islamophobie/Laïcité/suprémacisme blanc by

Brenton Tarrant était français. Du moins c’était son rêve de filiation, même les tueurs fascistes n’échappent pas au mythe des origines. Avant d’assassiner de sang-froid 51 personnes musulmanes et d’en blesser 42, des enfants, des femmes, des hommes, lors d’un attentat longuement préparé et jamais regretté, même après sa condamnation à perpétuité. Brenton Tarrant s’était même offert un voyage d’adieu à la liberté en Europe, et dans son manifeste revendicatif, c’est la France qu’il évoque pour décrire le moment où il a décidé de passer à l’acte. Un moment en deux temps. D’abord, une crise de rage devant un centre commercial où il constate la présence en masse, visible, des « envahisseurs » et de leurs enfants, où il ressasse la défaite de Marine Le Pen à l’élection présidentielle et l’élection d’Emmanuel Macron qu’il considère à ce moment précis comme un « capitaliste égalitaire ». Et puis le moment du recueillement et de la Révélation, dans un cimetière de soldats de l’Est de la France, moment patriotique et barrésien (1). Brenton Tarrant, jeune homme de 28 ans, va décider de tuer des innocents, parce qu’ils sont musulmans, en s’identifiant aux soldats français . La Terre et les Morts. Souvenir recréé pour les besoins de la Cause ? Peut-être mais Brenton Tarrant a réellement fait ce voyage en Europe, il s’est réellement nourri de l’idéologie française islamophobe et anti-immigration de Renaud Camus, il a réellement été donateur de Génération Identitaire. Dans son manifeste, il explique froidement que le crime de masse terroriste doit aussi être…

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L’école au temps de l’hystérie islamophobe

in Ecole/islamophobie/Laïcité/Religions by

Il y a des temps dans la vie d’un pays où l’on sent que tout s’emballe, qu’une sorte d’hystérie s’installe. On a du mal à se rappeler précisément à quel moment tout à commencé à déraper, pourquoi on en est arrivé là, mais le constat est implacable Les décisions irrationnelles succèdent aux prises de parole intempestives, la concurrence entre excités et haineux emporte la raison des plus faibles, chaque événement est analysé au prisme du soupçon d’une cinquième colonne intérieure qui minerait, par son refus de disparaître par fusion et dissolution dans le corps commun, la communauté dans son ensemble. Il semble que malheureusement nous en soyons là. Que cette séquence ait été ouverte en 1954, 1962, 1973, 1989, 2001, 2004, 2012, 2015 ou le 16 octobre 2020 importe peu. S’évertuer à trouver l’événement autour duquel se cristallisent les tensions formidables et la détestation de tous contre tous qui semble nous agiter c’est la marotte de ceux qui de Cnews aux plus hautes sphères de l’État pensent que trouver un point de départ permettra de désigner un ennemi clairement identifié, s’exonérant par la même de toute réflexion profonde sur les raisons structurelles qui empêchent un modèle qui a l’ambition de permettre la réalisation d’un progrès politique, économique et social pour tous. Et l’on peut légitimement penser que lorsque cette agitation continuelle, ces conflits, cette haine touchent l’école, qu’ils prennent pour cadre l’école, qu’ils visent une partie des élèves de cette école, nous ne sommes plus très loin du désastre. Bien…

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Antisémitisme et islamophobie: une comparaison légitime, n’en déplaise aux séparatistes.

in Antisémitisme/islamophobie/Laïcité/Religions by

Le racisme anti-arabes est une oppression qui se fonde sur notre infériorité supposée dans tous les domaines. Sa construction repose sur la création du «  dangereux barbare » par l’idéologie coloniale française, poursuivie ensuite. Le dangereux barbare arabe est une créature sanguinaire, qui ne sait pas régler les conflits autrement qu’en sortant un couteau. Le dangereux barbare arabe frappe sa femme plus que les blancs, c’est culturel. Ses femmes l’acceptent parce qu’elles sont elles même inférieures aux Françaises, il convient de les éduquer à la liberté. Ce sont le genre de clichés avec lesquels nous grandissions dans les années 70 et 80, nous les enfants des arabes Nous portions d’ailleurs cette arabité purement réflexive et négative quels que soient nos histoires personnelles, notre rapport à la France, ou celui de nos parents. D’ailleurs nos parents étaient présumés musulmans. Culturellement. Un nom arabe suffisait à éveiller des images de baignoire ensanglantée avec un pauvre mouton bêlant de douleur ( les Français mangent du mouton aussi, mais comme ils les comptent amoureusement pour s’endormir, cela leur donne un brevet de civilisation alimentaire ), et en positif des demandes d’invitation à manger le couscous. Pour une obscure raison , dans l’imaginaire raciste anti-arabes, nous sommes des barbares agressifs et odieux, mais aussi des gens qui doivent, par essence, inviter tout le monde à manger. Sans doute une intersection de la race et de la classe, tant d’entre nous travaillent dans les secteurs de l’aide à la personne depuis des dizaines d’années que les personnes…

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La question de l’enseignement de l’arabe, entre postures racistes et justifications utilitaristes à côté de la plaque.

in Chroniques de la violence brune/Ecole/islamophobie/Laïcité/Mémoires Vives by &

La question de l’enseignement de cette langue dans le système scolaire français est devenu un marronnier depuis déjà bien trop longtemps. À intervalle régulier, l’opinion est secouée par le surgissement de ce débat, souvent à l’issue de l’initiative d’une ou d’un ministre de l’éducation nationale proposant de faciliter l’enseignement de cette langue. En 2016 comme en 2018 et encore aujourd’hui, ceux qui s’émeuvent de cette initiative ne cachent même pas le racisme autour duquel leurs éructations se construisent. Et ils racontent à peu près tout et n’importe quoi pour fustiger cette mesure. Pour ces éminents connaisseurs de l’école et du destin des enfants d’immigrés, cet apprentissage favoriserait le communautarisme. Comme si la possibilité offerte à des enfants ou petits enfants d’arabophones d’apprendre à l’école la langue de leurs ascendants allait immédiatement précipiter toute cette marmaille vers les classes de langue arabe. Réflexion digne d’une moule, mais on ne sera guère étonné de la part de Ménard et consorts. Un petit décentrement sur les choix linguistiques des descendants d’Italiens ou d’Espagnols leur aurait suffi pour ne pas raconter n’importe quoi. Combien sommes-nous à ne même pas avoir envisagé d’apprendre à l’école une langue qui nous rattachait immédiatement à notre altérité ? Combien il a fallu de détours aux descendants d’Italiens de seconde ou troisième génération, ce qui est la situation de la grande majorité des élèves éventuellement concernés par cet enseignement de l’arabe aujourd’hui, pour s’intéresser à la culture et à la langue italienne autrement qu’à travers la composition des repas…

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Le Souverainisme est un business aussi juteux que la Chloroquine

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Laïcité/Médias etc. by

Revenir au concret, c’est aussi une manière de décrypter les logiques antisystème et en quoi, elles ne sont pas un anticapitalisme, mais au contraire un conservatisme parfaitement compatible avec l’ultra-libéralisme économique. Le projet lancé par Michel Onfray est certes un projet intellectuel, mais à le dissocier de sa réalité matérielle, on n’en saisit qu’une partie. Comme dans le cas de la majeure partie de ce qui se présente comme de “la libre expression” face aux “médias du système et de l’argent”. La mouvance anti-système est aussi, dans le haut de sa pyramide , un projet commercial intégral: chaque mois, chaque semaine presque, de nouveaux comptes sur les plateforme vidéos surgissent, de nouveaux sites émergent, de nouvelles revues en lignes. La plupart font vivre des acteurs commerciaux, et beaucoup sont pensées comme des start up. Beaucoup se cassent la gueule au bout de six mois, comme c’est le cas dans le monde des “entreprises innovantes” de la communication. Mais ce n’est une catastrophe que pour le petit patron dont c’est la seule boite, au dessus, il y a des producteurs qui tout en ayant des participations dans les émissions dans la catégorie “talk show traditionnel et provocant” développent aussi une offre de services aux acteurs politiques de l’anti-système. C’est d’abord sous ce premier aspect que sera abordé l’épisode Front Populaire. Dans la deuxième partie de ce texte, on se demandera sur la base de cet petit résumé matériel bien éloigné du noble débat d’idées, ce que Front Populaire a à vendre…

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Pour nier les rapports de domination existant, il faut un logiciel raciste

in Chroniques du déni/Laïcité by

Que certains souhaitent imaginer l’avènement d’une société égalitaire où les rapports de domination auraient disparu est tout à fait louable. C’est même quelque chose de gauche. Que ceux là même souhaitent l’avènement de cette société par l’émancipation et l’émancipation par la République, pourquoi pas. (Même si ceux qui souhaitent une telle société devraient semble-t-il parler un peu plus d’école qui est l’outil de la République pour l’émancipation et un peu moins d’Islam qui est l’obsession raciste des islamophobes). Mais la négation pure et simple des rapports de domination existants, confronté au réel malheureusement ça ne marche pas. Il faut pour ce faire recourir à un certain logiciel qui va permettre: – de nier les rapports de dominations en les imposant, – de poser que la contestation des rapports de domination est une carte victimaire destinée à obtenir des avantages à celui qui en use, (injustice faite à celui qui ne subit pas d’oppression et ne peut pas jouer la carte). – de rendre les victimes responsables de leur oppression. Ce logiciel est donc intéressant à analyser car il est la matrice de tous les racismes. Dans le dernier entretien que livre Laurent Bouvet au journal le Point, entretien salué par ses pairs, Laurent Bouvet repose les bases de la pensée politique du Printemps Républicain, et avec elles, les ambivalences et les contradictions fondamentales au mouvement, ainsi que le logiciel qu’il utilise pour dépasser ces contradictions. “Je ne suis en rien un identitaire, déclare Bouvet, bien au contraire, puisque je suis…

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Comment être souverainiste et républicain? L’islamophobie

in Laïcité by

Suite au discours glaçant du président de la République sur l’instauration d’une “société de la vigilance” face à “l’hydre islamiste”; suite à la scène terrible de cet élu fasciste interpellant une femme voilée devant son fils lors d’un conseil municipal; suite à l’attentat islamophobe de Bayonne survenu le 28 octobre dernier; suite à l’interview de Macron dans Valeurs Actuelles venant ainsi cautionner les précédentes horreurs, un appel à manifester contre l’islamophobie fut lancé par la gauche radicale et le CCIF. Cet appel et cette manifestation déclenchèrent alors un déluge de réactions, y compris de la part de gens dont on aurait pu s’attendre à ce qu’ils choisissent un autre moment pour ressortir leurs versions soft de la tenaille identitaire. Parmi ces réactions, la plus emblématique nous semble être celle de République Souveraine, le mouvement de Georges Kuzmanovic, qu’on pourra lire ici dans le journal Marianne contrôlé par la souverainiste d’extrême droite Natacha Polony. Car cette tribune mais aussi le panel que Georges Kuzmanovic a réuni pour le colloque qu’il a organisé samedi 16 novembre, incarnent parfaitement et avec les meilleurs arguments, la façon dont l’islamophobie mène au souverainisme, et la façon dont le souverainisme a besoin de l’islamophobie pour se rendre cohérent. Ce n’est pas une surprise de voir ainsi la frange la plus radicale du printemps républicain aller remplir les tables rondes du souverainiste pro-Poutine Kuzmanovic. Fatiha Boudjahlat déjà experte islamophobe sur Sputniknews, experte en voilement encensée par l’économiste pro-Poutine Jacques Sapir sur le site du bloggeur pro-Poutine Olivier…

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Le Printemps Républicain veut avoir peur, mais surtout pas d’Eric Zemmour

in Laïcité by

Avoir peur ou ne pas avoir peur. C’est un peu le grand dilemme actuellement du Printemps Républicain face à ce que raconte Eric Zemmour et qui les touche en plein cœur. Le Printemps Républicain est composé de deux types de personnes: des Juifs qui ont peur, et des antisémites qui ont découvert qu’ils auraient le droit d’être antisémite tant qu’ils se prétendraient islamophobes. Tant que le “nouvel antisémitisme” ce sont les Musulmans, le vieil antisémitisme de Drieu ou de Céline peut se dérouler sur papier bible et se ranger proprement dans les bibliothèques, c’est l’idée maîtresse de ces courants.

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Affaire du “hijab Décathlon”: laïcité au sens large ou racisme ?

in Laïcité by

L’ « affaire » du hijab de running est le dernier développement des débats sur la place de l’Islam en France. Ces débats semblent sans fin depuis 1989 dans un contexte de progression de l’influence des tendances fondamentalistes parmi les musulmans de France (sans que l’on sache précisément dénombrer ceux que l’on rassemble sous le vocable d’islamistes) et une plus grande visibilité dans l’espace public de cette présence par l’affichage vestimentaire, par les femmes en particulier, de cette adhésion à cette forme de pratique de l’Islam. Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par des attentats revendiqués par le djihadisme islamiste et commis par des Français, ou des jeunes hommes qui ont grandi sur le sol français, ce qui ne peut que conduire à soupçonner toute forme de fondamentalisme islamiste de collusion avec cette violence jamais aveugle puisqu’elle a ciblé des victimes et des lieux tout à fait clairement identifiés. La décision prise par une enseigne de grande distribution de commercialiser ce vêtement à destination des femmes ne pouvait que susciter des crispations car une nouvelle fois elle remettait au centre du débat la question de la place des femmes dans la religion musulmane et de son rapport aux hommes. Derrière ce fait anecdotique se rejoue la question lancinante du contrôle par ces femmes de leurs corps, la question de l’obligation qui peut leur être imposée de se couvrir, voir de se dissimuler, dans une société qui a vu les femmes françaises par leur mobilisation devenir progressivement maîtresses de…

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