"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Ecole

Une réponse à Aïssam Ait-Yahya: mon Frère, appelle-moi Marianne

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Donc un jour un « salafiste » a toqué à ma porte, et ce fut toi. Je ne sais si ce mot te convient, je mets les guillemets, et tu ne me peux plus me soupçonner de vision policière. Car je t’ai ouvert, tu t’es assis sur mon canapé d’assimilée soumise, laïque et néo-sioniste, et puis tu as parlé. Trente pages, 45 minutes de lecture, une conférence d’une heure à peu près, sans être interrompu. Ce n’est pas l’envie qui m’en manquait, ni celle de te foutre à la porte et de la claquer derrière . Mais à quoi bon, Aïssam ? Je ne suis pas charcutière de Tourcoing, je suis une petite précaire démocrate insignifiante, sauf si elle refuse de se cacher derrière Gérald. A quoi bon te faire ce qui t’a déjà été fait, fiché S, perquisitionné, mis au ban de tes propres communautés. Salaf, donc, les seuls réac de France qu’on ne voit pas sur les plateaux télé. Non j’ai préféré saisir ma chance. Enfin l’un d’entre vous venait me parler. Oui, me parler, certes tu réponds à un homme, mais chez moi. Et toutes ces années, j’avais tellement de choses à te dire, mon Frère ennemi, mais contrairement à d’autres, je savais que cela ne servait à rien de parler dans le vide. Je vis dans une cité avec des hommes comme toi, et je sais comment vous êtes. Les racontars islamophobes me font bien rire, non vous ne frappez pas les apostates, les métèques, les buveuses d’alcool aux…

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Service National Universel: patriotisme, air pur et pastilles de Vichy.

in Ecole/Mémoires Vives by

Aucune période contemporaine de crise nationale n’a échappé à une réflexion sur la jeunesse, vue à la fois comme une victime de la crise, un facteur de la crise (cette jeunesse par sa décadence ne peut que précipiter le déclin de la nation) et une solution à la crise, une fois qu’elle aura été régénérée, rééduquée, de nouveau convaincue des vertus du patriotisme et du nationalisme, seuls ciments efficaces de la communauté nationale. Vichy a ainsi vu naître l’expérience des Chantiers de la jeunesse initiée par le très pétainiste général de La Porte du Theil, qui de juillet 1940 à la fin de l’année 1944, concerna plus de 500 000 jeunes garçons soudainement perçus comme responsables de la défaite car gangrénés par l’esprit de jouissance, parce que convertis au culte de l’apéro, pour avoir perdu tout amour pour la patrie et donc toute volonté de sacrifice pour elle. Il fallait donc, au plus tôt, redresser cette jeunesse défaillante, l’extirper de l’influence malsaine des villes où l’usine et les mauvaises idéologies l’avaient pervertie. Cette volonté se concrétise dans la création de 40 groupements des chantiers de la jeunesse en zone dite libre, situés dans des déserts au sens monastique même du terme, où les jeunes hommes doivent passer 8 mois. Cette expérience s’inscrit dans une réflexion foisonnante et multiforme où s’entremêlent attrait pour le scoutisme, intérêt pour l’expérience des équipes sociales de Robert Garric, normalien et catholique pratiquant . Celui-ci fonde un mouvement au sortir de la Première Guerre mondiale qui…

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Épidémie, école, mensonge et vérité : sur le cas Blanquer et à propos de notre santé mentale à tous-tes

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Après des mois de mensonges ministériels en toute impunité, il semblerait que Jean-Michel Blanquer ne jouisse plus de son immunité médiatique. Enfin ! Et puisque le hasard fait bien les choses, cette semaine lors de laquelle les vrais chiffres de contamination dans les établissements ont été publiés par le Ministère de la Santé, élan suivi par tous les médias, correspond exactement au moment où le Ministère de l’Éducation nationale a jugé opportun de publier un visuel affirmant ceci : « Aller à l’école, c’est être en bonne santé ». Ces derniers jours, c’était aussi la Semaine de la Presse et des Médias dans l’école, une occasion en or de travailler sur la notion de « vérité alternative ». Un-e enseignant-e taquin-e aurait tout à fait pu se servir de cette plaquette ministérielle pour disserter avec ses élèves sur la notion de vérité. Tout un débat philosophique aurait même pu s’en suivre. En effet, cette simple affirmation – Aller à l’école, c’est être en bonne santé -, qui a agacé plus d’un pédagogue cette semaine, en dit très long sur le rapport à la vérité qu’entretient notre gouvernement, et derrière lui la plupart des politiques.

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Qui est séparatiste ? Entretien avec Zinedine Gaid, professeur de philosophie, MHS Paris

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Zinedine Gaid est enseignant en philosophie. Il travaillait auprès des élèves du collège/lycée MHS, établissement parisien privé universaliste, acceptant le port des signes religieux. L’établissement a été fermé le 23 novembre pour “raisons administratives”, et présenté par les autorités comme un repaire de dangereux séparatistes. Lorsque je lui ai proposé cet entretien, je ne savais pas s’il accepterait dans la situation extrêmement difficile qui est la sienne, peu propice à la réflexion intellectuelle. Et je ne m’attendais certes pas à recevoir un travail de cette ampleur, pour lequel je le remercie infiniment . Bien loin des débats empoisonnés, grossiers et absurdes qui font le miel des polémistes en ce moment, on trouvera ici le récit d’une persécution, mais aussi et surtout l’affirmation d’une pensée libre qui se refuse au cadre défini par la persécution. Si vous souhaitez soutenir le projet MHS, mais aussi ses élèves et ses salariés, vous pouvez les contacter sur leur page Facebook, où vous trouverez leur parole à toutes et tous. Zinedine Gaid écrit également sur les sujets abordés ici sur le site Mizane.info ______________________________________ Nadia Meziane: D’abord où en êtes-vous, concrètement, après la fermeture définitive de votre établissement, en tant que communauté éducative ? Question très terre à terre, mais vous avez vécu une offensive répressive, idéologique, vous avez été, en tant que professeurs et élèves attaqués publiquement. Et du jour au lendemain, vous vous êtes retrouvés sans travail et pour les élèves, sans collège ni lycée. Votre directrice est interdite d’exercer et doit payer une…

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L’école au temps de l’hystérie islamophobe

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Il y a des temps dans la vie d’un pays où l’on sent que tout s’emballe, qu’une sorte d’hystérie s’installe. On a du mal à se rappeler précisément à quel moment tout à commencé à déraper, pourquoi on en est arrivé là, mais le constat est implacable Les décisions irrationnelles succèdent aux prises de parole intempestives, la concurrence entre excités et haineux emporte la raison des plus faibles, chaque événement est analysé au prisme du soupçon d’une cinquième colonne intérieure qui minerait, par son refus de disparaître par fusion et dissolution dans le corps commun, la communauté dans son ensemble. Il semble que malheureusement nous en soyons là. Que cette séquence ait été ouverte en 1954, 1962, 1973, 1989, 2001, 2004, 2012, 2015 ou le 16 octobre 2020 importe peu. S’évertuer à trouver l’événement autour duquel se cristallisent les tensions formidables et la détestation de tous contre tous qui semble nous agiter c’est la marotte de ceux qui de Cnews aux plus hautes sphères de l’État pensent que trouver un point de départ permettra de désigner un ennemi clairement identifié, s’exonérant par la même de toute réflexion profonde sur les raisons structurelles qui empêchent un modèle qui a l’ambition de permettre la réalisation d’un progrès politique, économique et social pour tous. Et l’on peut légitimement penser que lorsque cette agitation continuelle, ces conflits, cette haine touchent l’école, qu’ils prennent pour cadre l’école, qu’ils visent une partie des élèves de cette école, nous ne sommes plus très loin du désastre. Bien…

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A l’école de la Pandémie, récit .

in Ecole/Instants/Mémoires Vives by

J’ai rédigé ce long récit début juillet 2020. Puis alors que le déni s’installait sur la poursuite de la pandémie, il m’a semblé inutile, redondant, paranoïaque, exagéré. Peut-être l’est-il, le témoignage subjectif sur cette pandémie ne pourra être validé que bien plus tard, lorsque les historiens feront leur travail. En attendant, alors que ce qui est appelé “deuxième vague” est enfin reconnu par les autorités et une grande partie de la population, sans que cela change quoi que ce soit à une politique sanitaire désastreuse,  ce retour dans le futur proche de l’école publique sera là comme trace parmi des milliers d’autres. Merci à toutEs les collègues, et à toutEs les élèves pour le courage, la solidarité, l’espoir . ________________________ Je vais commencer par la fin. Je suis AESH, accompagnante d’élèves en situation de handicap et si j’ai décidé que, finalement, raconter cette période avait un intérêt, c’est parce qu’elle s’est  terminée de manière tristement prévisible. Un matin de la  dernière semaine avant les vacances d’été, nous avons appris qu’un élève de ma classe avait été testé positif.  L’élève avait juste des nausées et il était donc absent depuis quelques jours. Ce matin là, finalement l’école a quand même ouvert. Des parents et des enfants attendaient devant la porte, et nous n’avions aucune consigne. En attendant, les élèves sont donc montés dans la classe comme à l’accoutumée. Puis une personne de la médecine scolaire est arrivée et s’est entretenue très longtemps avec l’enseignante. Un interrogatoire avec tableaux Excel, plus qu’un…

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La question de l’enseignement de l’arabe, entre postures racistes et justifications utilitaristes à côté de la plaque.

in Chroniques de la violence brune/Ecole/islamophobie/Laïcité/Mémoires Vives by &

La question de l’enseignement de cette langue dans le système scolaire français est devenu un marronnier depuis déjà bien trop longtemps. À intervalle régulier, l’opinion est secouée par le surgissement de ce débat, souvent à l’issue de l’initiative d’une ou d’un ministre de l’éducation nationale proposant de faciliter l’enseignement de cette langue. En 2016 comme en 2018 et encore aujourd’hui, ceux qui s’émeuvent de cette initiative ne cachent même pas le racisme autour duquel leurs éructations se construisent. Et ils racontent à peu près tout et n’importe quoi pour fustiger cette mesure. Pour ces éminents connaisseurs de l’école et du destin des enfants d’immigrés, cet apprentissage favoriserait le communautarisme. Comme si la possibilité offerte à des enfants ou petits enfants d’arabophones d’apprendre à l’école la langue de leurs ascendants allait immédiatement précipiter toute cette marmaille vers les classes de langue arabe. Réflexion digne d’une moule, mais on ne sera guère étonné de la part de Ménard et consorts. Un petit décentrement sur les choix linguistiques des descendants d’Italiens ou d’Espagnols leur aurait suffi pour ne pas raconter n’importe quoi. Combien sommes-nous à ne même pas avoir envisagé d’apprendre à l’école une langue qui nous rattachait immédiatement à notre altérité ? Combien il a fallu de détours aux descendants d’Italiens de seconde ou troisième génération, ce qui est la situation de la grande majorité des élèves éventuellement concernés par cet enseignement de l’arabe aujourd’hui, pour s’intéresser à la culture et à la langue italienne autrement qu’à travers la composition des repas…

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Les Bons Tutos

in Ecole/Vidéos by

Une série de tutos commencée pendant le confinement pour apprendre des trucs et des machins… Comment débunker rapidement un sous-Raoult 13 Mai 2020 Comment sortir avec un QR Code d’attestation de sortie rose avec des fleurs 13 Avril 2020 Le gouvernement lance une révolution technologique dans l’attestation de sortie: l’attestation par QR Code. Mais un QR Code c’est noir et blanc, et froid. Comment sortir avec un code un peut fashion, adapté à votre personnalité. Et aussi qu’est-ce qu’il y a derrière cette application du ministère Comment NE PAS vérifier une info 31 Mars 2020 Donc votre ami vous a copié collé un pavé “qu’est-ce que tu penses de ça?” sur les liens entre Levy, Wuhan, la Chloroquine et faut lui répondre. Comment on fait quand on a pas deux jours à passer à vérifier l’info… Comment lire un article de Frédéric Lordon 24 Mars 2020 Donc cet ami vous a envoyé encore un article de Frédéric Lordon en vous disant “tiens lis ça c’est vachement cool et tellement de gauche” et vous sentez déjà l’angoisse de l’ennui et de la prise de tête dans les phrases qui ne veulent rien dire… Ce tuto est fait pour vous. Comment lire un article de Frédéric Lordon sans y passer deux heures Comment hacker Tinder 19 Mars 2020 En confinement l’appli de rencontre est promise à un gros succès. Oui mais voilà comment on fait pour interagir avec des gens qui sont confinés comme nous mais pas dans la même ville? Petit…

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L’échec programmé des classes populaires, le lycée selon Blanquer

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Maîtriser la communication est sûrement essentiel pour faire de la politique mais cela ne peut en rien constituer une politique publique en soi, encore moins en matière d’éducation et d’école. Jean-Michel Blanquer est sûrement un expert de la communication politique, à tel point qu’il arrive à vendre dans l’opinion et chez les parents une réforme portée essentiellement par les vertus en partie conservatrices du mérite comme si elle allait se traduire dans les faits par une égalisation des chances.

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Lycées et égalité sociale: faire grève pour une réforme radicale

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Réformer le lycée, oui mais pour faire quoi ? Hier, une nouvelle fois, nous enseignants, enfin une partie d’entre nous (le ministère compte moins de 10% de grévistes) nous sommes mis en grève, en particulier contre la mise en place de la réforme dite Blanquer du lycée. Baroud d’honneur ou jalon posé pour une refondation d’un système secondaire qui peine à résoudre son défi majeur, la réduction des inégalités face à la réussite scolaire, ce mouvement minoritaire doit pour nous être l’occasion de penser dans les établissements une profonde transformation du secondaire puisque le ministère ne prend même plus la peine de nous considérer comme des interlocuteurs dans les mutations que lui porte. Car nous avons bien conscience que l’école a besoin d’être transformée, et c’est là peut être le seul point d’accord que l’on peut avoir avec le ministre qui s’illusionne quand il interprète la faible mobilisation comme un ralliement à ses mesures. En ces heures de grand débat, il devrait venir visiter de façon impromptue quelques lycées et rencontrer les personnels, cela l’éclairerait rapidement sur l’ampleur du soutien dont il bénéficie…

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