"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Antisémitisme

Un salaud est mort, reste à tuer sa mémoire

in Mémoires Vives by

Dans ma mémoire politique, Robert Faurisson n’aurait pas du exister. Il n’avait rien d’extraordinaire, au regard d’autres figures importantes de l’extrême-droite et du néo-nazisme. Le négationnisme n’était qu’une branche de la haine antisémite, une forme du retournement victimaire particulièrement abjecte puisqu’elle visait cette fois à légitimer un génocide et des crimes contre l’humanité, mais tout à fait cohérente avec le récit général antisémite: ce ne sont pas les Juifs qui sont persécutés, puisqu’ils sont les maîtres du monde et les vrais bourreaux. Dans ma mémoire politique de militante d’extrême-gauche, Robert Faurisson, pourtant, est une marque au fer rouge sur ma peau militante, la marque de l’infamie, gravée pour la vie. Ces prochains jours, dans les nécrologies, on lira sans doute beaucoup de choses sur les liens entre Faurisson et les pays “arabes”, sur les complicités dont il a bénéficié en Iran. Et naturellement, beaucoup parleront du “nouvel antisémitisme” à cette occasion et de la manière dont de jeunes musulmans issus de l’immigration et de vieux nazis ont pu trouver un terrain d’entente. Issue de l’immigration musulmane, pourtant, si j’en étais restée au Coran, peut-être n’aurais-je jamais eu la honte d’avoir côtoyé, à deux périodes différentes de ma vie, des gens qui avaient trouvé un intérêt à propager le négationnisme. C’est bien l’ ancien antisémitisme européen qui a sali mon histoire militante.

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A propos des racines et des excroissances du négationnisme

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Ne jamais débattre, trancher. Déserter, le monde politique est assez grand pour ne pas être contraint de faire compagnonnage même un peu divergent, avec des antisémites. Il y a des dizaines d’années, un écrivain de polars, se prétendant révolutionnaire, collabora avec Robert Faurisson. Serge Quadruppani, avec d’autres fit ce choix dément et répugnant de mêler l’histoire des luttes sociales et des révolutions à celle de la négation d’un génocide. Sous la pression, il fit des années après “ses excuses”, à la Dieudonné. Les excuses consistaient à se trouver tout un tas de bonnes raisons idéologiques, à se présenter comme légèrement inconséquent, peut-être coupable de quelques excès de langage mais pour la cause, cause odieusement salie, par contre, par les salauds inquisiteurs qui reparlaient de cette “polémique” pas très centrale. Les excuses en rajoutaient dans l’ignominie. Il y deux ans, Serge Quadruppani a estimé qu’il était temps de revenir même sur ces excuses qui n’en étaient pas, et de revendiquer de nouveau la très grande valeur de sa revue La Banquise, revue où il compara, avec ses amis, le tatouage des déportés au numéro de Sécurité Sociale et les camps d’extermination au supermarché. Finalement, le bilan était globalement positif. Le site Lundi Matin a publié, ce 8 octobre 2018, un texte du même Serge Quadruppani, ” Berlin 1933 vu de la Méditerranée 2018″. Un texte qui parle de Raymond Aron, du génocide des Juifs par les nazis, sur ce ton paisible et semi-mondain de la controverse entre gens de bonne compagnie,…

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Retrait de la biennale d’Athènes, antisémitisme et fascisme: une lettre ouverte de Luke Turner

in Chroniques de la violence brune by

Cette lettre ouverte de Luke Turner, artiste, menacé par l’internationale terroriste brune pour avoir créé une oeuvre s’opposant à Donald Trump a été publiée initialement sur son site, le 4 septembre 2018. . L’art est un champ de bataille comme un autre face à l’extrême-droite, et certains payent chers leurs combats, dans leur travail et dans leur chair. Luke Turner n’est pas seulement la cible des suprémacistes blancs à travers le monde, il est aussi la victime de la lâcheté, de l’indifférence voire de la complaisance vis à vis de l’extrême-droite. Nous ne laisserons pas faire, nous ne les laisserons pas faire taire. “J’écris, avec regret, pour rendre public mon retrait de la participation à la Biennale d’Athènes de 2018, et pour en exposer les raisons. Mon retrait est dû à l’incapacité collective des organisateurs à prendre des mesures décisives contre le comportement abusif d’un autre artiste invité et à sa campagne de dénigrement et de harcèlement des individus qui luttent contre le fascisme et l’antisémitisme, en particulier dans le monde de l’art.

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Bagatelles pour un massacre, en “débat” à Sciences Po

in Chroniques de la violence brune by

Ce 3 juillet, Antoine Gallimard, entouré de quelques rédacteurs de notes de bas de pages pour pamphlets antisémites en édition de luxe, avait organisé avec la société d’études céliniennes, dont il est membre fondateur une causerie autour de la réédition de ” Bagatelles pour un massacre”. Le “débat” ouvrait un colloque sur “Céline et le politique”, qui se tiendra ces jours-ci à Sciences Po. Comme il n’y avait rien à débattre, mais tout à combattre, nous avons choisi de prendre la parole quelques minutes après l’arrivée d’Antoine Gallimard, et quitté la salle immédiatement après lecture de notre texte, étant très peu intéressés par la campagne publicitaire pour la saleté raciste que l’éditeur appelle oeuvre littéraire.

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Histoire d’une rencontre, destins croisés

in Chroniques de la violence brune by

C’est l’histoire d’une rencontre, entre une Insoumise tendance islamophobe et un antisémite tendance nazi, soutien de Daesh. Entre Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et Marc Edouard Nabe. Une rencontre passée inaperçue, qui a eu lieu quelques jours avant le 14 juillet parait-il et mise en ligne juste avant le premier tour de la présidentielle. Ce jour là, Sophia Chikirou se laisse donc complaisamment filmer par les amis de Marc Edouard Nabe, avec qui elle discute en toute familiarité. Sa version de la rencontre ? Elle aurait eu l’oeil attiré par un montage dans la vitrine de la galerie présentant Hitler avec une pancarte “Je suis Charlie”, ça lui a plu, elle est entrée. On peut croire au hasard et la naïveté de la directrice de campagne d’un candidat de premier plan à l’élection présidentielle, qui se laisserait donc filmer par n’importe qui, n’importe quand. Ou pas. Cela ne change pas grand chose au sens du récit officiel de la rencontre mis en scène par Nabe qui poste la vidéo à quelques jours du premier tour des présidentielles dominées par l’avancée du FN: une personnalité centrale du dispositif de la France Insoumise trouve que le promoteur d’une caricature jouant avec le nazisme à propos des victimes d’un attentat fait partie des gens avec qui on peut parler sans prévention ni retenue. On discute à bâtons rompus, “Ah Zweig je lis tout. – vous connaissez sa bêtise finale? de ne pas avoir cru assez à l’homme?”. Nabe le meilleur…

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Pas d’antisémitisme, ni dans les cortèges, ni dans les têtes

in Prises de positions by

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien. Repartons comme en 40. Un cortège de tête antisémite, ça vous tente ? Cachés derrière les Palestiniens, on se mettra devant le mouvement social et puis après avoir pris la photo de nos banderoles d’appel au boycott actif d’Israël ou la pancarte « Israel ethnocratie sans frontière biberonnée en dollars », on ira traquer le sioniste dans Paris. Et si arrive encore ce qui est déjà arrivé, quand une synagogue aura été attaquée, quand des vitrines de magasins juifs auront été brisées, on haussera les épaules, pas notre faute si des gens interprètent de travers, la faute à la LDJ, plutôt, tout est de la faute de la LDJ. Les antisionistes parisiens comme toutes les autres forces politiques et syndicales, ont pris acte de la présence pérenne depuis 2016 d’un cortège de tête dans les manifestations. Ils font aujourd’hui abstraction du fait qu’il s’est constitué en dehors de toutes les forces d’encadrement car cela ne les arrange pas. Et mine de rien les voilà qui diffusent, notamment sur le site Paris Luttes Infos pour la manifestation de ce samedi 26 mai, l’appel « Cortège de tête du 26 mai-Gaza zone à défendre ». Une provocation soigneusement calibrée, au mot près, une tentative, un test. Qui suivra dans la zone brune ?

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Le Printemps Républicain, la social-démocratie au service de l’extrême droite

in Chroniques de la violence brune by

Depuis l’affaire Mennel, du nom de cette jeune chanteuse de The Voice harcelée par la meute de racistes pour ses vieux tweets, le Printemps Républicain vit des moments difficiles. C’était censé être une grande victoire: Mennel Ibtissem, après s’être excusée de ses vieux tweets a finalement quitté l’aventure The Voice. Mais ça s’est vite retourné contre le Printemps Républicain qui n’a finalement pas assumé sa victoire. Il faut dire que pousser une jeune fille de 22 ans à quitter une émission de télé-crochet n’avait rien d’une héroïque défense de la laïcité et de la lutte contre le fascisme et l’intégrisme. Le Printemps Républicain a gagné mais personne ne les a suivis et pire encore, le public de The Voice a trouvé que c’était vraiment dommage pour la jeune Mennel qui chantait super bien. Et ce, sans globalement approuver le contenu tristement antisémite et conspirationniste de tweets postés quelques années auparavant, par une jeune fille qui, à ce moment là, comme des millions d’autres personnes était effectivement influencée par les diverses propagandes fascistes, à ce point banalisées qu’elles sont postées comme on poste des photos de chats. Le problème du Printemps Républicain sur cette affaire n’a pas été un soutien au contenu inacceptable des messages diffusés: mais le fait que les gens ont compris massivement que seul le profil de cette candidate là a été fouillé, qu’on aurait pu sans nul doute trouver des choses similaires sur des dizaines de candidatEs de ce genre d’émissions, mais que seul le voile porté…

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Tal Bruttmann: L’antisémitisme n’est pas propre à la droite ou l’extrême droite, il a toujours été présent sur l’ensemble de l’échiquier politique

in Entretiens by &

Un entretien avec Tal Bruttmann historien, spécialiste de la Shoah. LC : Commençons par la fin. Quand on te demande pour qui tu écris, tu dis «  pour ceux qui veulent savoir ». Et tu ajoutes, à propos de certains de tes articles, qu’ils sont lus à peu près autant que des poèmes en auto-édition. A côté de ça, une bonne partie de l’activité négationniste a consisté ces vingt dernières années à penser et à mettre en œuvre, ce qu’on pourrait appeler une contre-éducation populaire. Eux, pour imposer leur propagande, ont massifié les mensonges sur le nazisme et le génocide, ont réussi à exploser toutes les barrières sociales qui font que plein de gens n’ont même pas l’idée de s’intéresser à l’Histoire. Est-ce qu’à un moment, en tant qu’historien, tu ne t’interroges pas avec tes collègues sur la nécessité et l’intérêt d’organiser une contre-offensive tout aussi massive ? Une partie de la production des historiens, les articles scientifiques notamment, s’adresse à un cercle restreint, en raison de la nature pointue ou technique de ces articles, publiés dans des revues spécialisées. Ce qui ne veut absolument pas dire que l’histoire ne doit pas être vulgarisée et diffusée auprès du plus grand nombre. C’est l’autre face du boulot d’historien. Mais on ne peut forcer personne à lire. Sauf que l’essentiel de la vulgarisation en histoire passe de fait par d’autres biais, comme les documentaires à la télé, voire des revues grand public. Et entre un livre qu’il faut aller acquérir, ou emprunter dans une…

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“Bachar à la ZAD”, un slogan sale

in Chroniques du déni by

“Macron fait son Bachar à la ZAD”. Cette photo de tag apparue sur le net suscite les réactions. Car il dit beaucoup de la recomposition politique et du confusionnisme ambiant. Ce qui surprend dans ce slogan c’est qu’il est tout à la fois une reconnaissance des crimes de Bachar al Assad et leur négation par la mise en équivalence avec les lacrymos de Macron. Tout en « humour » évidemment, une blague potache. De façon significative on reproche aux Syriens où à ceux de leur défenseurs qui ne goûtent pas la blague de manquer de sens du second degré ou de ne pas être capable de saisir le jeu de mot. Pour tenter d’en comprendre toute la puissance nous avons cherché un peu l’origine de ce jeu de mot sur Twitter.

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Tyrannie des minorités: de Macron à Autain, le discours fasciste se recycle en boucle

in Chroniques du déni by

“L’objectif est toujours de réconcilier et unir, on ne le fera pas en un jour, pas par l’inaction, pas en cédant à la tyrannie de minorités qui se sont habituées à ce que l’on leur cède”. Emmanuel Macron 15 avril 2018. Et c’est ainsi que le Président utilisa, contre les luttes sociales, le concept de ” tyrannie des minorités”, popularisé par tous les racistes et tous les antisémites. Le glissement idéologique, s’il n’est pas original, est significatif. Lors de la campagne des primaires de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy, lancé dans une tentative frénétique de recherche des voix de l’extrême-droite l’avait également utilisée, en affirmant que ” la République reculait chaque jour davantage devant la tyrannie des minorités”. Lesquelles selon lui, étaient constituées en vrac par “les lycéens”, les “casseurs”, les “zadistes” et les “islamistes radicaux”.

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