"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Antisémitisme

Le nom Rothschild dans la campagne présidentielle

in Chroniques du déni by

Le texte « Le nom Rothschild dans la campagne présidentielle » fut écrit en février 2017 et se trouva refusé de manière indirecte, car tout simplement ignoré, par le journal Libération, ainsi que par le Monde. Très peu de personnes semblaient alors sensibilisées par l’accroit de l’antisémitisme pendant la campagne présidentielle, et beaucoup en revanche participaient à sa vulgarisation, ou alors faisaient semblants de ne pas reconnaître son visage. Nous jugeons que cela est encore le cas, voire même que nous assistons à un antisémitisme de plus en plus propagé et assumé. Notamment avec les Gilets Jaunes employant le symbole antisémite des « Rothschild » pour appeler à la démission du président, associé depuis la campagne présidentielle à Emmanuel Macron (« Les Rothschild ne sont pas les bienvenus ici »; « président Rothschild » ou les appels de plus en plus récurrents à s’attaquer à la “loi Rothschild” qui serait la cause des malheurs économiques du pays). Certains Gilets Jaunes manifestent même main dans la main avec l’extrême droite, notamment avec Hervé van Laethem (mouvement Nation) et Udo Foigt (NPD) de l’ultra droite Allemande, comme le 8 févier 2019 devant la banque Rothschild à Bruxelles: “C’est une bonne chose de mener une action ici devant les bureaux de la Banque Rothschild, car cette banque est emblématique du combat que doivent mener les gilets jaunes contre le pouvoir de l’argent. D’abord car rappelons qu’Emmanuel Macron a été (est toujours?) un employé de cette banque.” Ce même Udo Foigt, membre de parlement…

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Mais au fait, l’antisémitisme, c’est quoi ?

in Mémoires Vives by

Après une explosion d’actes et de discours antisémites qui est loin d’être terminée, alors que les thèses complotistes circulent non seulement largement mais de plus en plus ouvertement dans le débat public, comment ne pas diffuser l’intervention de Tal Bruttmann sur l’antisémitisme à un colloque organisé et diffusé en ligne en octobre 2017 par la CGT ? On vous prévient tout de suite, cette intervention est bien plus sympa à écouter que la lecture de notre tentative d’introduction ! Voilà en quinze minutes, de manière concrète et claire, l’essentiel, pour commencer à réfléchir à ce qu’est l’antisémitisme, ses liens avec le racisme et la xénophobie, ses spécificités. Nous ne pouvons pas vous mettre tous les exemples, mais vous y trouverez, dans le désordre, Weinstein, Picasso, Zemmour, Gainsbourg, Krasucki, bien sûr Rothschild et quelques autres encore. Et des complots et des banquiers, évidemment. Non seulement c’est pas chiant, mais ce qu’on apprécie à Lignes de Crêtes, c’est que cette intervention, tout en se concentrant sur les fondamentaux de l’antisémitisme, n’oublie en rien les autres idéologies de haine, ne cède jamais à l’essentialisation ni à l’idéalisation des minorités. Enfin des réponses aux questions que vous n’avez peut-être jamais osé (vous) poser sur l’antisémitisme. Beaucoup de rigueur sans rigidité et quelques lumières qui éclairent les mécanismes de la haine, pour mieux en sortir. Enjoy !

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Antisémitisme: le fantôme jamais congédié

in Chroniques de la violence brune by

La bête immonde Contre l’antisémitisme, on peut se tenir bien, comme le chantait Léo Ferré dans les Anarchistes, bras dessus, bras dessous mais jamais joyeux. Seulement debout. Au début des années 2000, on assistât à une libération de la parole antijuive. A gauche, nous fumes alors peu nombreux à réaliser l’ampleur du désastre à venir. Car les mots, disait Sartre sont des pistolets chargés. Et au bout des mots, il y eut des meurtres. Aujourd’hui comme pendant la manif Jour de colère de janvier 2014, l’antisémitisme n’a plus d’alibi. “Juifs casse-toi la France n’est pas à toi” criaient alors les adeptes de Soral et Dieudonné dans une triste préfiguration. La cause palestinienne, plus orpheline que jamais, ne sert même plus de paravent à la haine. Cimetières et pierres tombales profanées, graffitis haineux mais aussi slogans et banderoles faisant référence à la banque Rothschild, sont devenus quotidiens. Et puis ces scènes qui suscitent effroi et dégoût mêlés; Finkielkraut pris à partie par une meute pogromiste, Ingrid Levavasseur, une Gilets jaunes qui avait eu l’outrecuidance de se rêver porte-parole, bousculée insultée; puis traitée de sale pute… la haine misogyne, la haine antisémite, la même…. Bien sûr les paroles sont confuses comme ceux qui les profèrent; du vert, du noir, du rouge et beaucoup de brun, ils peuvent traiter une “goy” de “sale juive” et leur antisionisme un peu bancal suggère à un Juif, oh combien français, de “rentrer” à Tel Aviv… Mais cette confusion et cette bouillie idéologique sont aussi une des…

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A nos amis, dégagez!

in Chroniques du déni by &

Il paraît qu’on ne choisit pas sa famille, mais ses amis, oui. Pourtant, certains d’entre eux, nous ne les avons pas choisis. Ils sont arrivés dans nos vies politiques, comme arrivent les vautours dans les moments de deuil, de doute, de déroute, de désespoir, avec leur fausse compassion et leurs remèdes empoisonnés. Ils sont nombreux des deux côtés. Ils nous aiment parfois passionnément et peu importe que cet amour nous sacrifie sur l’autel de leurs tristes passions. C’est qu’à travers nous, ils se détestent un peu moins… Depuis longtemps déjà, il y a les amis des Arabes, ceux qui les imaginent sur un âne dans le désert, aussi démunis que violents et sanguins. Ceux-là, depuis longtemps, leur offrent leur propre frustration en guise de solidarité et leur haine des Juifs en gage de loyauté. Ceux-là se mobilisent pour les Palestiniens mais le sujet de leur passion semble être Israël et les Juifs. Que des Palestiniens meurent de faim dans les camps syriens, que le monde arabe se soulève, qu’il aspire à la liberté et il n’y a plus personne pour répondre présent. On aime les Arabes en hiver pas au printemps… Et puis il y a les nouveaux amis des Juifs, fervents soutiens de ce qu’il y a de pire en Israël, évangéliques allumés et autres défenseurs de la « civilisation occidentale ». Quand ce ne sont pas les nouveaux amis de Netanyahu; Orban, Bolsonaro, Trump pour qui le nom d’Israël est devenu synonyme et alibi de leur croisade barbare. En France,…

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Mémoire de la Shoah: un sondage problématique

in Mémoires Vives by &

La publication le 27 novembre par CNN d’un sondage portant sur l’antisémitisme dans plusieurs pays européens a entraîné de nombreuses réactions quant aux résultats. Un élément en particulier a attiré l’attention en France: selon ce sondage près d’un français sur cinq ignore ce qu’est la Shoah. Le chiffre a été particulièrement commenté. Pourtant ce résultat interpelle. La prise en compte de la part de personnes déclarant ignorer ce qu’est l’Holocauste parmi les résultats recueillis dans les différents pays européens (sept au total) sur lesquels le sondage a porté offre une perspective globale, permettant de mettre en lumière plusieurs choses et d’interroger cette statistique concernant la France.

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Un salaud est mort, reste à tuer sa mémoire

in Mémoires Vives by

Dans ma mémoire politique, Robert Faurisson n’aurait pas du exister. Il n’avait rien d’extraordinaire, au regard d’autres figures importantes de l’extrême-droite et du néo-nazisme. Le négationnisme n’était qu’une branche de la haine antisémite, une forme du retournement victimaire particulièrement abjecte puisqu’elle visait cette fois à légitimer un génocide et des crimes contre l’humanité, mais tout à fait cohérente avec le récit général antisémite: ce ne sont pas les Juifs qui sont persécutés, puisqu’ils sont les maîtres du monde et les vrais bourreaux. Dans ma mémoire politique de militante d’extrême-gauche, Robert Faurisson, pourtant, est une marque au fer rouge sur ma peau militante, la marque de l’infamie, gravée pour la vie. Ces prochains jours, dans les nécrologies, on lira sans doute beaucoup de choses sur les liens entre Faurisson et les pays “arabes”, sur les complicités dont il a bénéficié en Iran. Et naturellement, beaucoup parleront du “nouvel antisémitisme” à cette occasion et de la manière dont de jeunes musulmans issus de l’immigration et de vieux nazis ont pu trouver un terrain d’entente. Issue de l’immigration musulmane, pourtant, si j’en étais restée au Coran, peut-être n’aurais-je jamais eu la honte d’avoir côtoyé, à deux périodes différentes de ma vie, des gens qui avaient trouvé un intérêt à propager le négationnisme. C’est bien l’ ancien antisémitisme européen qui a sali mon histoire militante.

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A propos des racines et des excroissances du négationnisme

in Chroniques du déni/Mémoires Vives by

Ne jamais débattre, trancher. Déserter, le monde politique est assez grand pour ne pas être contraint de faire compagnonnage même un peu divergent, avec des antisémites. Il y a des dizaines d’années, un écrivain de polars, se prétendant révolutionnaire, collabora avec Robert Faurisson. Serge Quadruppani, avec d’autres fit ce choix dément et répugnant de mêler l’histoire des luttes sociales et des révolutions à celle de la négation d’un génocide. Sous la pression, il fit des années après “ses excuses”, à la Dieudonné. Les excuses consistaient à se trouver tout un tas de bonnes raisons idéologiques, à se présenter comme légèrement inconséquent, peut-être coupable de quelques excès de langage mais pour la cause, cause odieusement salie, par contre, par les salauds inquisiteurs qui reparlaient de cette “polémique” pas très centrale. Les excuses en rajoutaient dans l’ignominie. Il y deux ans, Serge Quadruppani a estimé qu’il était temps de revenir même sur ces excuses qui n’en étaient pas, et de revendiquer de nouveau la très grande valeur de sa revue La Banquise, revue où il compara, avec ses amis, le tatouage des déportés au numéro de Sécurité Sociale et les camps d’extermination au supermarché. Finalement, le bilan était globalement positif. Le site Lundi Matin a publié, ce 8 octobre 2018, un texte du même Serge Quadruppani, ” Berlin 1933 vu de la Méditerranée 2018″. Un texte qui parle de Raymond Aron, du génocide des Juifs par les nazis, sur ce ton paisible et semi-mondain de la controverse entre gens de bonne compagnie,…

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Retrait de la biennale d’Athènes, antisémitisme et fascisme: une lettre ouverte de Luke Turner

in Chroniques de la violence brune by

Cette lettre ouverte de Luke Turner, artiste, menacé par l’internationale terroriste brune pour avoir créé une oeuvre s’opposant à Donald Trump a été publiée initialement sur son site, le 4 septembre 2018. . L’art est un champ de bataille comme un autre face à l’extrême-droite, et certains payent chers leurs combats, dans leur travail et dans leur chair. Luke Turner n’est pas seulement la cible des suprémacistes blancs à travers le monde, il est aussi la victime de la lâcheté, de l’indifférence voire de la complaisance vis à vis de l’extrême-droite. Nous ne laisserons pas faire, nous ne les laisserons pas faire taire. “J’écris, avec regret, pour rendre public mon retrait de la participation à la Biennale d’Athènes de 2018, et pour en exposer les raisons. Mon retrait est dû à l’incapacité collective des organisateurs à prendre des mesures décisives contre le comportement abusif d’un autre artiste invité et à sa campagne de dénigrement et de harcèlement des individus qui luttent contre le fascisme et l’antisémitisme, en particulier dans le monde de l’art.

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Bagatelles pour un massacre, en “débat” à Sciences Po

in Chroniques de la violence brune by

Ce 3 juillet, Antoine Gallimard, entouré de quelques rédacteurs de notes de bas de pages pour pamphlets antisémites en édition de luxe, avait organisé avec la société d’études céliniennes, dont il est membre fondateur une causerie autour de la réédition de ” Bagatelles pour un massacre”. Le “débat” ouvrait un colloque sur “Céline et le politique”, qui se tiendra ces jours-ci à Sciences Po. Comme il n’y avait rien à débattre, mais tout à combattre, nous avons choisi de prendre la parole quelques minutes après l’arrivée d’Antoine Gallimard, et quitté la salle immédiatement après lecture de notre texte, étant très peu intéressés par la campagne publicitaire pour la saleté raciste que l’éditeur appelle oeuvre littéraire.

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Histoire d’une rencontre, destins croisés

in Chroniques de la violence brune by

C’est l’histoire d’une rencontre, entre une Insoumise tendance islamophobe et un antisémite tendance nazi, soutien de Daesh. Entre Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et Marc Edouard Nabe. Une rencontre passée inaperçue, qui a eu lieu quelques jours avant le 14 juillet parait-il et mise en ligne juste avant le premier tour de la présidentielle. Ce jour là, Sophia Chikirou se laisse donc complaisamment filmer par les amis de Marc Edouard Nabe, avec qui elle discute en toute familiarité. Sa version de la rencontre ? Elle aurait eu l’oeil attiré par un montage dans la vitrine de la galerie présentant Hitler avec une pancarte “Je suis Charlie”, ça lui a plu, elle est entrée. On peut croire au hasard et la naïveté de la directrice de campagne d’un candidat de premier plan à l’élection présidentielle, qui se laisserait donc filmer par n’importe qui, n’importe quand. Ou pas. Cela ne change pas grand chose au sens du récit officiel de la rencontre mis en scène par Nabe qui poste la vidéo à quelques jours du premier tour des présidentielles dominées par l’avancée du FN: une personnalité centrale du dispositif de la France Insoumise trouve que le promoteur d’une caricature jouant avec le nazisme à propos des victimes d’un attentat fait partie des gens avec qui on peut parler sans prévention ni retenue. On discute à bâtons rompus, “Ah Zweig je lis tout. – vous connaissez sa bêtise finale? de ne pas avoir cru assez à l’homme?”. Nabe le meilleur…

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