"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Category archive

Instants

Vaccinée, troisième dose de solidarité offensive à la rentrée.

in conspirationnismes/Instants by

Cher gouvernement Vos insultes sous couvert de féliciter les vaccinés, ça commence à me fatiguer. Pas d’amalgame s’il vous plaît, j’ai pris le Pfizer, pas la carte d’En Marche, la France qui travaille pour vous, ce sera sans moi. Je me suis pas vaccinée pour retourner bosser pour huit balles de l’heure et une amende à 135 balles si je rentre trop tard et que j’avais pas d’attestation pour l’apéro dinatoire d’En Marche. Je suis vaccinée pour le Chaos vivant contre votre Ordre qui sent la Mort. Je suis vaccinée pour ne contaminer personne dans les manifs. Je suis vaccinée pour protéger les chômeurs quand on manifestera contre la réforme de l’assurance chômage Je suis vaccinée pour protéger les retraités quand on manifestera contre la réforme des retraites. Je suis vaccinée pour protéger les amis en situation de handicap quand on manifestera pour l’individualisation de l’AAH , et puis des AESH pour les gosses. Je suis vaccinée pour retourner occuper les théâtres et cette fois on sortira pas avant d’en avoir fini avec la société du Spectacle. J’aime pas spécialement Debord, mais encore moins Marlène Schiappa en train de réciter du Maurras chez Hanouna. Je suis vaccinée pour pas tomber malade pile le jour où je fais grève et rater la manif. Je suis vaccinée pour dire Même pas mal au flic qui m’arrachera mon masque dans une de vos nasses. Je suis vaccinée pour manifester pour que les exilés puissent se faire vacciner. Et avoir des papiers et un…

Lire la suite

Rabia, militante de la solidarité au quotidien, l’islamophobie et le courage du pardon

in Entretiens/Instants/islamophobie by

Rabia est précaire, bénévole à J’Aide la Chance, une association humanitaire qui organise notamment des distributions de nourriture trois fois par semaine dans une ville populaire de banlieue. Elle est aussi de confession musulmane et porte un voile. A la fin du mois d’avril 2021, elle a été victime d’une agression islamophobe dans un bus. Agression verbale et physique puisqu’elle a subi une tentative d’étranglement. Comme beaucoup d’autres, elle a simplement porté plainte, pris un avocat gratuit sans faire appel à l’aide d’associations de lutte contre l’islamophobie ou le racisme, parce qu’elle souhaitait surtout oublier. Son agresseur a été rapidement retrouvé, mais très rapidement aussi, il a réussi à se procurer l’adresse et le numéro de téléphone de Rabia, et est venu à son domicile avec son épouse et ses enfants en bas âge pour s’”excuser”. Il a finalement été condamné à un simple sursis et à verser des dommages et intérêts à Rabia. En écoutant le témoignage de Rabia, vous découvrirez pourquoi cet homme lui dit aujourd’hui qu’il a eu de la chance de tomber sur elle. Nous remercions Rabia de sa confiance et de son courage et d’avoir eu l’extrême gentillesse de bien vouloir revenir sur son agression avec nous, dans cet entretien audio. Nous savons à quel point se remémorer un tel évènement et revenir dessus est difficile, à quel point loin des odieux clichés racistes qui présentent les femmes victimes de violences islamophobes comme des personnes qui profitent de ce qui leur arrive, être une victime…

Lire la suite

Apocalypse baby: Julien Bayou, un Antéchrist français ?

in Instants by

Sans doute vivons-nous un moment historique où la peur de la fin du monde peut s’expliquer plutôt facilement. L’humanité a une certaine tendance à l’anthropocentrisme. Aussi lorsqu’un rapport du GIEC affirme que le changement climatique risque d’être bien plus rapide et bien plus violent que prévu, que des catastrophes bouleversant les modes de vie contemporains, menaçant la survie immédiate de centaines de millions de personnes voir de l’ensemble de l’espèce humaine peuvent survenir dans les vingt prochaines années, il y a de quoi être hanté par les mythes apocalyptiques qui émaillent notamment l’imaginaire occidental. Nous venons également de vivre un bouleversement historique traumatisant avec la pandémie de Covid 19 : en Europe, nous n’avions pas vécu un tel choc depuis très longtemps. En février 2020, le monde tel que nous le connaissions s’est arrêté, et la mutation technologique nous a fait vivre cette expérience de manière inédite. D’une part, notre quotidien immédiat a été transformé profondément et brutalement. En quelques semaines, l’ordre des jours, sa familiarité répétitive s’est modifié. Littéralement, le virus nous a mis dans une situation où nous ne savions absolument pas de quoi demain serait fait. Nous savions par contre avec une extrême profusion d’image et d’informations qu’une bonne partie de l’humanité vivait ce bouleversement pandémique en même temps que nous. Enfermés, nous avons pu contempler le monde immobile à travers les écrans. L’expérience avait ceci de troublant qu’elle était à la fois repli contraint sur la sphère domestique rétrécie, même pour ceux qui travaillaient mais vivaient dans…

Lire la suite

Bribes de voix, celle d’une précaire étrangère pas assez polie, parmi tant d’autres

in Instants by

Il y a quelques temps, j’ai été contactée en urgence par une mère isolée qui avait été régularisée quelques mois auparavant. Un fils de 8 ans, enceinte de 6 mois. Une grossesse non désirée, mais elle s’en est rendue compte trop tard pour avorter, et puis le père, bien que très précaire lui aussi et sans papiers, voulait garder le bébé. « Même dans une situation précaire, on peut fonder une famille » lui a-t-il dit. C’est une petite fille, a-t-elle précisé en me l’annonçant. Il m’a semblé que cela avait un sens particulier pour elle, en tout cas, cela en a eu pour moi. Juste ce mot fille, et il y a comme un lien, une communauté. Entre femmes, il y a des moments où on peut se dire des choses intimes sans tabou, et peut-être d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de relations personnelles. Les relations avec les mecs, comment se passent les rapports sexuels, les avortements qu’on a faits ou pas, les libertés qu’ils nous restent à conquérir, le désir d’autonomie.   Elle appelait parce que suite à une rupture de prise en charge par le 115 (samu social), qui l’avait déjà baladé dans des hôtels d’un bout à l’autre du département, c’était le conseil départemental qui payait l’hôtel et la prise en charge s’arrêtait. Alors elle s’est installée dans les locaux des services sociaux et elle ne voulait pas bouger. J’aurais voulu aller sur place. J’aurais voulu une réaction collective en urgence. Je n’avais personne autour de…

Lire la suite

A l’école de la Pandémie, récit .

in Ecole/Instants/Mémoires Vives by

J’ai rédigé ce long récit début juillet 2020. Puis alors que le déni s’installait sur la poursuite de la pandémie, il m’a semblé inutile, redondant, paranoïaque, exagéré. Peut-être l’est-il, le témoignage subjectif sur cette pandémie ne pourra être validé que bien plus tard, lorsque les historiens feront leur travail. En attendant, alors que ce qui est appelé “deuxième vague” est enfin reconnu par les autorités et une grande partie de la population, sans que cela change quoi que ce soit à une politique sanitaire désastreuse,  ce retour dans le futur proche de l’école publique sera là comme trace parmi des milliers d’autres. Merci à toutEs les collègues, et à toutEs les élèves pour le courage, la solidarité, l’espoir . ________________________ Je vais commencer par la fin. Je suis AESH, accompagnante d’élèves en situation de handicap et si j’ai décidé que, finalement, raconter cette période avait un intérêt, c’est parce qu’elle s’est  terminée de manière tristement prévisible. Un matin de la  dernière semaine avant les vacances d’été, nous avons appris qu’un élève de ma classe avait été testé positif.  L’élève avait juste des nausées et il était donc absent depuis quelques jours. Ce matin là, finalement l’école a quand même ouvert. Des parents et des enfants attendaient devant la porte, et nous n’avions aucune consigne. En attendant, les élèves sont donc montés dans la classe comme à l’accoutumée. Puis une personne de la médecine scolaire est arrivée et s’est entretenue très longtemps avec l’enseignante. Un interrogatoire avec tableaux Excel, plus qu’un…

Lire la suite

L’universalisme est universel

in Instants by

L’universalisme n’appartient pas à la France, il est universel. Ceux qui cherchent absolument à défendre le « modèle universaliste Français » alimentent la dangereuse pente d’un universalisme exclusivement national. C’est cette pente qu’ont décidé d’alimenter certaines figures de la lutte contre l’antiracisme, en défense de « l’universalisme » qu’ils cherchent à opposer au mouvement antiraciste actuel. Manuel Valls dans Valeurs Actuelles, Naem Bestandji dans Marianne, Elisabeth Badinter dans l’Express ou Philippe Bernard dans le Monde expriment tous une offensive générale, une critique de l’antiracisme actuel importé des Etats-Unis au détriment de l’universalisme comme tradition nationale. Le problème de l’universalisme défendu contre l’antiracisme, est que ses défenseurs fondent, par leurs diverses prises de position, par l’endroit où ils les expriment et par ce qu’ils choisissent de cibler, un universalisme raciste. Et le problème de cet universalisme raciste, est qu’il n’est pas autre chose qu’une défense du suprémacisme blanc. L’universalisme n’a pas besoin d’être défendu contre le modèle « racialiste » ni contre aucun autre modèle. Il est un idéal, donc il reste le même de toute manière. Peu importe à l’universalisme que des racialistes demandent et obtiennent des droits, puisque l’universalisme réclame que tout le monde ait les mêmes droits. L’égalité ne combat pas les revendications des droits : l’universalisme dépasse et ne s’oppose pas. L’universalisme n’est pas conditionnel. On ne peut pas demander aux minorités d’être universaliste, c’est absurde puisque l’universalisme est un droit. De la même manière l’universalisme ne peut pas être menacé par ceux qui réclament des droits, il ne peut l’être que par ceux…

Lire la suite

Une autre ballade de Willy Brouillard

in Instants/Révolution by

J’emploie pas de grands mots pour dire des choses simples, j’ai pas été suffisamment longtemps à la fac pour ça peut-être ou alors juste j’arrive à penser des choses complexes avec des mots simples, en tout cas je ne me sens pas “post-moderne” ni “déconstructiviste” mais j’ai dû déconstruire la violence. Ma propre violence, interne, qui venait de mon enfance, du fait que les gens qui m’ont aimé m’ont violenté, alors je croyais qu’aimer c’était violenter les gens. Et la violence de la société, des années 1980 durant lesquelles j’ai grandi. Je fais partie d’une toute petite minorité, parfois invisible parfois très visible, très discriminée, c’est la plus discriminée en France, je suis transgenre. Avant j’étais considéré comme lesbienne, et j’étais discriminé aussi, l’homophobie est très présente. J’ai mis quarante ans à débarrasser mon cerveau de toutes les saloperies qu’on y avait fourrées. J’ai été raciste, j’ai été sexiste, j’ai été validiste, j’ai été grossophobe, etc. Ce travail sur moi je l’ai fait pour pouvoir me regarder le matin dans la glace, pour éduquer mon fils à être meilleur que j’ai été, et surtout parce que j’estime que tout être humain doit être traité correctement, quoi qu’il soit, quoi qu’il ait fait. Quand je dis que j’ai mis des années c’est la vérité, je partais pourtant de moins loin que la plupart. Pendant quinze ans j’ai été policier, et là je ne sais pas si je vais pouvoir continuer, parce que c’est dur. C’est dur de travailler avec des gens…

Lire la suite

Pangoline Rouge, notes de pandémie

in Instants/Mémoires Vives by

Pangoline rouge, jour 1 16 mars 2020 Est sortie en courant pour remercier les éboueurs, leur a dit vous êtes des héros en levant le poing. Est passée pour la meuf en manque de câlins, à mon avis. A créé une brigade d’autodiscipline de deux unités avec une dame aide à domicile dans la queue de Lidl. Expliquer calmement que quinze personnes séparées de deux mètres ne feront pas plus la queue que quinze personnes collées. A laissé passer quatre personnes devant soi, pour le plaisir de dire “Je suis communiste c’est normal” S’est embrouillée avec une dame intégriste musulmane et un vieux con qui citait la Bible, pour conneries homophobes apocalyptiques. A dit que Dieu a dit que les mesquins seront punis et les gentils sauvés et qu’en attendant Dieu, les communistes allaient s’en occuper. Après mon frère est arrivé, et a dit allez on rentre maintenant, alors que j’envisageais de rester la journée à prêcher, vu la concurrence des autres prophètes. Pas grave y’a internet, occuper tous les terrains Pangoline Rouge jour 2 17 mars 2020 Contente qu’il y ait aussi Le Chien. Le frère l’avait récupéré bébé , trouvé dans une cave de cité avec une chatte et ses bébés. Contente du un milliard de souvenirs comme cela qui vont revenir. Rien de communiste à dire. À part ce désir de ne pas en vouloir aux gens qui ne pensent qu’à eux et font n’importe quoi. Car c’est ainsi que la vie leur a été apprise, il…

Lire la suite

La Start-up Nation insoumise, itinéraire rouge-brun d’un patron de lui même

in Instants by

Nous allons vous raconter une fable. Celle d’Alexis Poulin, un entrepreneur de lui-même, lobbyiste de la startup nation qui a fini par découvrir grâce à la télé insoumise, son reflet rouge-brun et par en tomber amoureux et finir tout ensemble chroniqueur sur Boulevard Voltaire et vendeur de chatbot à l’INPI. Son parcours est déroutant car il n’est pas un militant. Il ne tient pas cette conviction, même rouge-brune, qu’il porterait envers et contre tout, qu’il aurait conservé même dans les pires périodes et au prix de la perte d’amitiés sincères. Il n’est pas non plus cet apparatchik qui aurait patiemment gravi, compromission après compromission, les échelons de son mouvement et qui, de trahisons en alliances aurait fini par avoir un poste d’où mettre en pratique ses convictions. Il n’est pas possible, avec Poulin, d’avoir l’affrontement politique sur des bases politiques et c’est ce qui rend sa pratique rouge brune encore plus nocive car presque insaisissable. Il vend du rouge-brun comme il vendrait des oranges, de la critique des conflits d’intérêts des lobbys de la startup nation aujourd’hui comme il vendait hier très exactement ce qu’il critique aujourd’hui. C’est ce problème qui fait perdre tout repère dans la compréhension du personnage et de ce qu’il incarne et qui impose la fable qui va suivre afin de reconstituer un peu le personnage afin de mieux pouvoir le contrer, car un activiste rouge-brun biberonné à le Média et qui oscille entre Boulevard Voltaire, Sud Radio et Russia Today, pour vendre des pièces de…

Lire la suite

Grandir en milieu conspirationniste: un témoignage

in Chroniques de la violence brune/Instants by &

Le texte que nous proposons ci-dessous à la lecture est une traduction par nos soins de l’article « Mental instability, a lack of access to psychological healthcare, alien abduction theory and the cultish personalities who exploit it all » paru le 5 juillet 2016 sur la plateforme de blogging medium.com L’auteur de l’article, Aiden Robert Jönsson, est le fils d’une femme complotiste – adepte en particulier des théories d’enlèvements par des extra-terrestres et de complots gouvernementaux – qui s’est suicidée. Aiden Robert Jönsson explore l’hypothèse qu’une des sources de l’adhésion aux théories du complot peut se situer dans des pathologies mentales génératrices de grande souffrance psychique – paranoïa, voix et hallucinations, sentiment d’alien-ation. Le contexte états-unien spécifique combine une absence quasi-totale de prise en charge des soins médicaux et en particulier mentaux et la diffusion d’émissions de radio qui se font chambre d’écho des récits paranoïaques de personnes en détresse. Si en France, le contexte parait un peu différent, la prise en charge de la santé mentale reste désastreuse et des émissions de radio comme Ici et maintenant, bien que plus confidentielle que les émissions états-uniennes évoquées dans l’article, leur est pourtant comparable. Bref, rien n’interdit d’élaborer des parallèles entre ce récit à la première personne et certaines tentations complotistes en France comme ailleurs. Ce texte, empathique, offre un angle, un regard, encore peu explorés, sur ce qui peut amener à adhérer à des thèses complotistes et fascisantes. Nous avons tenté de contacter l’auteur, sans succès, et avons donc pris…

Lire la suite

Go to Top