"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Syrie

Last men in Aleppo

in Mémoires Vives/Révolution by

Ce samedi 27 octobre en soirée, le “Festival des Libertés” à Bruxelles diffusait pour sa soirée de clôture le film “Last men in Aleppo” qui venait de gagner le prix du meilleur documentaire du festival. L’annonce du prix est terminée. La salle s’éteint. Commencent 107 minutes de plongée dans les six derniers mois d’Alep avant sa chute aux mains du régime. On suit la défense civile syrienne, les casques blancs. Le film fait le choix de mettre le focus sur trois d’entre eux: Khaled, Subhi et Mahmoud. On les voit foncer dans les décombres après un bombardement. On les voit sortir l’un après l’autre les enfants d’une famille de sous les décombres. Certains sont morts, d’autres vivants mais en sang d’autres encore ont évité le pire. On voit les sauveteurs retourner voir la famille quelques jours plus tard et toute la reconnaissance de celle-ci envers leurs sauveteurs. Pendant cette première partie de film, on pourrait croire que cette vie fait sens. Ils sont utiles à la communauté et vivent finalement aussi de belles histoires. Mais ce sentiment va très vite passer. Car le film n’épargne pas le réel à ses spectateurs. Et le réel, ce sont des bombardements russes et syriens qui ne s’arrêtent jamais. Constamment, ils doivent repartir et repartir encore dans des décombres, affronter toujours plus de cadavres, de morts de proches, de collègues. Les heures de sommeils se réduisent et c’est dans un état de constante torpeur que nos protagonistes se trouvent. Confrontés à l’absence de perspectives…

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Amer, un frère que je n’ai pas connu

in Révolution by

Un texte de Yahia Hakoum Lorsque la révolution en Syrie a commencé, le changement a tout touché. Non seulement les idées et la volonté de faire tomber le régime mais aussi les liens familiaux ou d’amitié. Beaucoup de ceux qui ont été un jour des amis ne le sont plus depuis le 15 mars 2011. Par contre, j’ai rencontré des personnes merveilleuses, des Syriens mais aussi de non Syriens, ceux qui soutiennent notre cause. Parmi ces personnes, il se trouve qu’il y a un jeune homme qui a marqué ma vie à jamais. Un jeune homme pour lequel, à chaque fois que je veux écrire à son sujet, je ne trouve pas les mots pour lui faire honneur. Ce jeune, il s’appelait Amer al-Qalmouni. Bien sûr, ce n’est pas son vrai nom, et personnellement je ne connais ni son vrai prénom, ni son nom, ni son visage. Amer était un activiste dans ma région. Il était une vraie référence pour les médias arabes et une source d’informations de 2011 à 2014. Il n’a jamais accepté d’apparaître en appel vidéo. Il ne voulait pas être connu car son objectif était de servir la révolution sans aucun profit personnel. Début 2014, mon petit frère Ali a été blessé par un missile lancé par les forces du Hezbollah sur la voiture dans laquelle il était avec son ami. L’ami d’Ali est mort sur place et Ali a été blessé et brûlé partout. Il a perdu sa main gauche et son œil. A l’hôpital,…

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La chute du “dernier bastion rebelle” n’aura pas lieu

in Chroniques du déni/Révolution by

La guerre est affaire de symboles. On a tendance, dans notre modernisme gavée de géopolitique pseudo-réaliste, à oublier combien la guerre est affaire de symboles. Mais en réalité, les hommes sont plus prêt à mourir pour une médaille ou un idéal que pour un pipeline. Et le nerf de la guerre ce n’est pas l’argent ou le pipeline, ce sont des hommes qui sont prêt à donner leur vie pour quelque chose. C’est parce qu’on oublie combien la guerre est affaire de symboles qu’on oublie combien la guerre est affaire de narration, de mythes, de récits qui permettent de mettre en scène ces symboles et de les rendre compréhensibles et accessibles. Même le pipeline, si réaliste, est obligé de devenir un symbole et de se mettre en scène dans le récit nihiliste d’une grande partie d’échec entre grande puissances. Le récit de « la chute du dernier bastion rebelle » est ainsi devenu, au sujet de la Syrie, un narratif privilégié qui permet, un peu à tout le monde, de raconter la guerre en Syrie en éliminant l’élément gênant de la révolution syrienne. Transformer la révolution en cause Une révolution est une force motrice de l’histoire. Elle a son narratif propre puisqu’elle écrit l’histoire. Une révolution est, sur le plan historique, le dépassement de la dialectique pour créer une nouvelle dialectique historique. Exemple concret dans le cas syrien : dépasser la dialectique Dictature / Islamiste par une exigence radicale de liberté et de démocratie pour tous les syriens. La cause c’est le symbole.…

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L’étrange positionnement de Caritas International sur la Syrie

in Chroniques du déni by

Caritas est un ONG spécialisée dans l’aide humanitaire, d’inspiration catholique (en France c’est le « secours catholique »). La profondeur de ses liens avec l’Eglise varie d’un pays à l’autre. D’une relative indépendance en Belgique à une très grande imbrication dans d’autres pays. En Belgique, l’association est vue comme un pilier dans les grandes ONG belge d’aides humanitaires. Ils font par exemple partie du consortium 12-12 visant à des récoltes de fonds d’ampleurs pour des évènements d’ampleurs (ex : le tremblement de terre en Haïti). A ce titre, ils ont un positionnement qui, d’habitude, vise à s’en tenir à l’humanitaire quand il s’agit de prise de position publique. Pourtant une rapide recherche sur leur site tend à montrer une tout autre image lorsqu’il est question de la Syrie. Début décembre 2016, l’offensive gouvernementale visant à reprendre Alep bat son plein. Les quartiers aux mains de l’opposition sont soumis à un déluge de feu de la part des aviations russe et syrienne. Les morts se comptent par dizaines tous les jours. Les analyses des ONG spécialisées sont sans appel sur l’origine de ces destructions : ce sont bien les forces gouvernementales qui sont responsables de l’écrasante majorité des victimes. Mais à Caritas, on préfère ne pas parler de cela. On va plutôt publier le témoignage d’un membre de Caritas Syrie qui vit à Alep ouest. Celui-ci insiste sur le fait que les violences touchent autant les zones gouvernementales que les zones de l’opposition. C’est évidemment faux, comme le montre déjà à…

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Le Père Paolo Dall’Oglio et les graines de la liberté

in Mémoires Vives by

Le Père Paolo Dall’Oglio, jésuite italien, ayant vécu en Syrie pendant plus de 30 ans, y avait restauré le monastère de Mar Moussa et fondé une communauté vouée au dialogue islamo-chrétien. Engagé depuis 2011 auprès des Syriens en lutte pour la liberté et la dignité, il fut expulsé du pays par Bachar El Assad en juin 2012. Le 29 juillet 2013, alors qu’il s’était rendu clandestinement à Raqqa, ville au Nord de la Syrie qui venait de tomber aux mains de l’Etat Islamique, pour poursuivre sa mission de dialogue, Paolo a été enlevé. Nous n’avons plus de nouvelles de lui depuis. Pour commémorer le cinquième anniversaire de cet enlèvement, nous invitons chacun à s’exprimer sur les réseaux sociaux, en partageant ce texte ou en rédigeant un texte personnel, en partageant un poème, une chanson, une photographie. Pour signifier que Paolo et son combat continuent à essaimer.

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Berlin: Une semaine de soutien à la révolution syrienne face à la propagande des prétendus pacifistes

in Chroniques de la violence brune by

Trois évènements avec des ressemblances frappantes, vus à travers les yeux d’une Berlinoise : Une manifestation pro-Assad, Les veilles du lundi (« Montagsmahnwachen ») et une manifestation de Die Linke. Comment est-ce possible que, depuis 7 ans, les Syriens meurent sous les bombes de Poutine et d’Assad pendant que le monde entier les regarde et qu’au lendemain de l’intervention des Etats-Unis et ses alliés, qui dure à peine une heure, 1000 personnes descendent dans la rue à Berlin pour crier « non à la guerre ! » ? Qu’au-dessus de ces prétendus rassemblements « pour la paix » flottent les drapeaux fascistes d’Assad et de Poutine, se mélangeant en parfaite harmonie aux couleurs arc-en-ciel et au blanc de la colombe ?

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“Bachar à la ZAD”, un slogan sale

in Chroniques du déni by

“Macron fait son Bachar à la ZAD”. Cette photo de tag apparue sur le net suscite les réactions. Car il dit beaucoup de la recomposition politique et du confusionnisme ambiant. Ce qui surprend dans ce slogan c’est qu’il est tout à la fois une reconnaissance des crimes de Bachar al Assad et leur négation par la mise en équivalence avec les lacrymos de Macron. Tout en « humour » évidemment, une blague potache. De façon significative on reproche aux Syriens où à ceux de leur défenseurs qui ne goûtent pas la blague de manquer de sens du second degré ou de ne pas être capable de saisir le jeu de mot. Pour tenter d’en comprendre toute la puissance nous avons cherché un peu l’origine de ce jeu de mot sur Twitter.

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Syrie: la Dictature, c’est la Paix ?

in Chroniques du déni by

Londres 13 avril 2018: les prétendus mouvements anti-guerre appellent comme partout en Europe à se mobiliser “pour la paix en Syrie”. Leur définition de la paix en actes: le drapeau de la dictature d’Assad flotte sur leur manifestation. Issu du compte twitter de Peter Tatchell, activiste opposé aux frappes mais opposé au régime de Bachar al Assad

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Pierre le Corf, dans l’enfer de la propagande du régime de Bachar-al-Assad

in Révolution by

On pourrait le prendre pour un de ces illuminés comme les guerres en attirent immanquablement, un garçon en mal d’aventure venu se payer le grand frisson en Syrie. On pourrait être seulement désolé pour lui et passer son chemin sans plus d’un haussement de sourcil. Il aurait dû rester une anecdote sordide dans une histoire qui le dépasse. Seulement voilà : le bougre est diablement moins ingénu qu’il ne veut le laisser paraître et s’est fait en quelques mois une place coquette sur les réseaux sociaux et dans la presse. On a même vu sa ganache faire l’objet d’un sujet du JT de France 2 le 5.10.2016, un de ces « grands médias » qu’il vilipende pourtant à l’envie à coups d’ « on vous ment, on vous manipule », credo qu’il partage avec la fachosphère 2.0. Alors face au succès, Dieu merci tout relatif, d’un story telling séduisant et au moment où Bachar et Poutine mettent à mort le peuple syrien, je ne pouvais pas rester sans réagir.

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Liberté pour les prisonniers syriens, Freedom for Syrian prisoners!

in Révolution/Vidéos by

“The withdrawal of Assad has ceased to be a priority” – is repeated in the European as well as International Summits. Some like Emmanuel Macron even dare to specify that they do not deny Assad’s crimes against humanity and that maybe one day they’ll demand accountability for those crimes. In this terrible moment when democracies define that a bloodthirsty dictator is unavoidable, we are not only walking on the graves of those who have been killed by the tormentor – but the words and actions of those politicians burry alive the revolutionaries.

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