"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Médias etc.

Digital / numérique parce qu'on ne sait jamais si c'est le doigt ou le nombre qui vient avant

Un préfet pour sortir les poubelles

in Médias etc. by

L’anti-conspirationnisme a de nombreuses vertus. Lorsqu’il est humble et qu’il colle à sa matière, c’est à dire une plongée dans les pires égouts de l’internet. Cette matière et son étude forcent à l’humilité, et l’expert es complotisme sait tant qu’il colle à sa matière, qu’il est avant tout un éboueur, métier essentiel s’il en est mais, pas spécialement valorisé sur les tribunes ou les plateaux TV. Or, l’avantage était que les spécialistes égoutiers et éboueurs avaient une parfaite connaissance de leur matière, des réseaux qu’elle emprunte, et des gens qu’elle touche et qui la reproduisent. Et lorsqu’arrive le moment médiatique, ce moment où une conspi est à la mode et où le téléphone sonne pour que l’expert conspi puisse venir donner son avis ou recevoir des financements, alors normalement l’expert conspi est prêt. Il connait parfaitement son sujet et sa matière le force à l’humilité. Malheureusement l’anti-conspirationnisme est devenu un truc très à la mode. Le téléphone sonne beaucoup sur beaucoup de sujets et de nombreux micros et tribunes sont désormais offerts à qui veut avoir un avis sur le complotisme. Le problème de cette situation est que la gloire et la lumière de l’anti-complotisme l’éloigne de plus en plus de sa matière. Le melon des experts explose, de nombreux égos voient l’occasion de se placer en posant leur avis sur les narratifs. Et comme les narratifs conspis permettent de raconter n’importe quoi, les experts anti-complotistes, qui s’autorisent à donner leur avis sur les narratifs conspis, peuvent eux aussi raconter…

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Accélérationnisme, ACAB et suprémacisme blanc: un regard sur Boogaloo

in Chroniques de la violence brune/Médias etc. by

Que diable font des “suprémacistes blancs” dans les manifestations et les émeutes liées à la mort de Georges Floyd aux Etats Unis ? La question a agité les médias américains puis ici. Elle est en réalité assez mal posée politiquement et revêt pourtant un intérêt qui dépasse de loin la situation américaine dans un contexte historique marqué dans l’ensemble du monde occidental par la pandémie de Covid 19, qui occasionne une exacerbation sociale, sociétale politique de toutes les forces politiques existantes et des grandes tendances en présence. En réalité ce ne sont pas exactement des “suprémacistes blancs” qui participent occasionnellement aux émeutes mais des membres d’un mouvement né virtuellement, les “Boogaloo”. Mouvement qui a d’abord émergé avec un hashtag /k/, distinct du /pol/ qui regroupe l’ensemble des publications et réseaux suprémacistes. Nous avons traduit ici un article de deux journalistes qui retracent la genèse de cette communauté, axée autour de la défense du droit à porter des armes et l’appel à se préparer à la guerre civile inévitable avec les gouvernements démocratiques, quels qu’ils soient. Il s’agit d’abord d’un mouvement “anti-système”, c’est à dire regroupant des forces diverses ayant en commun un refus absolu des divisions politiques droite/gauche, une croyance dans tel ou tel “complot”, et dans la démocratie représentative comme émanation de ce complot. Il s’agit aussi d’un mouvement apocalyptique, prédisant l’effondrement de la civilisation occidentale à très brève échéance, et l’impossibilité absolue d’y apporter une réponse politique autre que le conflit armé. Evidemment, les suprémacistes blancs originels y…

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Le Souverainisme est un business aussi juteux que la Chloroquine

in Antisémitisme/Chroniques de la violence brune/Laïcité/Médias etc. by

Revenir au concret, c’est aussi une manière de décrypter les logiques antisystème et en quoi, elles ne sont pas un anticapitalisme, mais au contraire un conservatisme parfaitement compatible avec l’ultra-libéralisme économique. Le projet lancé par Michel Onfray est certes un projet intellectuel, mais à le dissocier de sa réalité matérielle, on n’en saisit qu’une partie. Comme dans le cas de la majeure partie de ce qui se présente comme de “la libre expression” face aux “médias du système et de l’argent”. La mouvance anti-système est aussi, dans le haut de sa pyramide , un projet commercial intégral: chaque mois, chaque semaine presque, de nouveaux comptes sur les plateforme vidéos surgissent, de nouveaux sites émergent, de nouvelles revues en lignes. La plupart font vivre des acteurs commerciaux, et beaucoup sont pensées comme des start up. Beaucoup se cassent la gueule au bout de six mois, comme c’est le cas dans le monde des “entreprises innovantes” de la communication. Mais ce n’est une catastrophe que pour le petit patron dont c’est la seule boite, au dessus, il y a des producteurs qui tout en ayant des participations dans les émissions dans la catégorie “talk show traditionnel et provocant” développent aussi une offre de services aux acteurs politiques de l’anti-système. C’est d’abord sous ce premier aspect que sera abordé l’épisode Front Populaire. Dans la deuxième partie de ce texte, on se demandera sur la base de cet petit résumé matériel bien éloigné du noble débat d’idées, ce que Front Populaire a à vendre…

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Unorthodox et le conformisme des archétypes.

in Médias etc. by

Unorthodox a généré et générera de nombreux articles journalistiques et bientôt académiques. La presse juive américaine a livré quelques réactions particulièrement critiques y compris venant d’ex-orthodoxes qui ont ressenti le désir et la nécessité de s’extirper du monde khassidique, mais n’en sont pas pas moins réservés et parfois scandalisés par la manière dont la série dépeint leur univers d’origine. Ces réactions portent sur la manière dont la vie communautaire et familiale est décrite ainsi que sur la vraisemblance même du récit, particulièrement de la partie berlinoise dont même le “coach” en chef (et rabbin dans la série) a pu dire dans une interview récente qu’elle ne peut correspondre à un parcours réel. On a largement comparé Unorthodox à la série israélienne Shtisel. Cette dernière relève également d’une recomposition du réel, il s’agit de “cinéma”, pas d’un documentaire “caméra à l’épaule” ou d’un épisode d’une télé-réalité anthropologique à ne surtout pas inventer. Mais Shtisel ne s’est pas construite sur le même genre d’oppositions et personne, semble-t-il, ne s’est senti trahi, sans doute parce que le monde de cette série n’est pas univoque mais complexe. Celui de Unorthodox est dur, parfois inhumain. Son héroïne n’est pas déchirée entre des aspirations paradoxales à l’instar du professeur de religion et peintre de Shtisel. Elle s’oppose mais sans qu’on ne comprenne vraiment comment son opposition s’est construite ou ce qui la distingue de ces femmes qui papotent à l’entrée de l’immeuble dont elle s’enfuit. Seule la fuite la motive. Interroger le succès de la série…

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Bourgoin, le True Crime et l’Extrême droite

in Chroniques de la violence brune/Féminisme/Médias etc. by

  Un peu de contexte Soyons honnêtes, j’ai toujours eu un problème avec Stéphane Bourgoin. Comme n’importe quelle personne francophone qui s’intéresse aux tueurs en série, j’ai beaucoup croisé les écrits de Bourgoin qui est considéré comme le plus grand spécialiste français sur le sujet. Pourtant, je n’ai jamais aimé le lire tant il me semblait visible que Bourgoin manquait de profondeur dans son approche du sujet, ressassait et simplifiait ce qu’il lisait lui-même ailleurs et surtout laissait une grande place dans ses livres à des descriptions morbides qui me semblaient superflues et voyeuristes. J’étais également irrité de voir quelqu’un que je percevais (pourtant sans preuves à l’époque) comme un pseudo-spécialiste avoir autant d’audience pour diffuser des idées poussiéreuses et simplistes sur la psychologie humaine. Je m’inquiétais de son influence, et pour cause, Bourgoin a toujours été invité sur les plus grands plateaux télé, dans les plus importants journaux et ses livres (une cinquantaine) sont lus par des millions de lecteurs. Un autre fait, plus récent et qui alimentait ma méfiance, est que Stéphane Bourgoin a commencé à être édité chez Ring en 2013 (et nommé directeur de deux collections chez eux “Murder Ballads” et “Train de nuit”). Ring est une maison d’édition que l’on pourrait qualifier d’extrême droite (bien qu’elle s’en défende), et pourtant Bourgoin ne semblait pas avoir de problème moral à être édité aux côtés d’auteurs tels qu’Obertone, Marsault, Geoffroy Lejeune, Alexandre Mendel, ou Papacito. Edit: suite aux révélations sur Bourgoin, Ring s’est empressé de dire à…

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En Marche et la Fake News

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Le fait de voir le parti présidentiel, la République en Marche, s’essayer avec succès à la Fake News permet de mieux analyser les ressorts politiques de ce phénomène et aussi, plutôt que de nier son existence ou l’usage du terme, d’en esquisser quelques contours. Ce sont en effet, coup sur coup, le ministre de l’Intérieur délirant sur une « attaque » d’hôpital par des black blocs et la secrétaire d’Etat à l’égalité femme homme Marlène Schiappa, qui publie avec la ministre des transports Elisabeth Borne un communiqué sur l’affaire islamophobe du chauffeur de bus qui aurait refusé une jeune fille en jupe. Ces deux Fake News et surtout leur usage par le parti au pouvoir permettent de mettre le phénomène sous une nouvelle lumière.

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L’histoire d’Assange comme miroir de l’Internet fasciste

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Julian Assange est un personnage fascinant. Il a su déployer un récit tellement puissant que ce récit permet d’effacer, d’occulter, d’oublier la réalité au profit de la figure héroïque incarnée par Assange. De façon caractéristique c’est lorsque que l’on s’est rendu compte que les promesses de renouveau démocratique qu’internet devait apporter au journalisme n’ont pas été tenues qu’Assange a cessé d’être toléré comme nombre d’autres comme lui. Assange est un produit de l’internet, style ligue du LOL ou 18-25, masculinisme, antisémitisme, culture du viol. Julian Assange par exemple n’est pas un « lanceur d’alerte ». Snowden est un lanceur d’alerte. Snowden travaillait à la NSA, a volé des documents à son employeur et les a transmis à un journaliste qui les a publié. Julian Assange est un informaticien qui a fondé un site qui devait garantir l’anonymat et la sécurité aux lanceurs d’alertes. On reste songeur devant les années de prison qu’a dû effectuer Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte qui avait fait confiance à Wikileaks pour envoyer ses documents. Encore plus songeur à se dire que Manning a été mis en contact avec le type qui allait le dénoncer grâce à une erreur d’Assange qui a envoyé un mail en copie au lieu de copie cachée… Julian Assange est, en principe, journaliste C’est en tout cas ainsi qu’il se définit dans une lettre au président Hollande suppliant que la France l’accueille. Cette lettre est d’ailleurs un modèle de la façon dont Assange sait réécrire l’histoire et des rôles qu’il peut alterner : hacker,…

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Les réseaux, les mots, les corps – la censure sens dessus dessous

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Le sujet de la modération à plusieurs vitesses du réseau social Facebook revient depuis des années, sans évolution positive de la part du réseau social; plus récemment Instagram est devenu aussi la cible de critiques semblables. Je suis utilisatrice des deux réseaux, à la fois en tant que queer féministe et en tant qu’artiste visuelle, et donc habituée du traitement problématique que Facebook et Instagram impose aux contenus que nous lui fournissons. En rejoignant ces deux réseaux dans leur politiques réactionnaires, Tumblr, réputé beaucoup plus libre, a surpris tout le monde. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur Youtube, sa maison-mère Google, Twitter, etc – mais cet article ne prétend pas à l’exhaustivité et s’attarde en particulier sur les premiers réseaux cités.

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Russophilies

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Analyse d’un désastre venu d’une ONG qui cherchait à tirer profit de la lutte contre les réseaux russes et qui les a, au final, considérablement renforcés. Retour sur l’origine du délire. Nous sommes en pleine affaire Benalla qui est déjà un matériau politique extrêmement complexe à manier. Le garde du corps du président qui a pour passe-temps de tabasser du gauchiste, une manif-traquenard lancée à la Contrescarpe après un 1er mai qui rappelait les pire moments vallsistes, le délire de toute puissance des macronistes et leur mépris absolu du mouvement social, l’alliance de l’opposition Les Républicains, Rassemblement National, France Insoumise (aucun franchement hostile à Poutine)… On est déjà dans du potentiellement explosif (et en fait du largement explosé). Et là, Eu DisinfoLab a l’idée géniale de commencer à faire du teasing sur une étude encore non-existante et qui révèlerait qu’il y aurait eu gonflage numérique sur l’affaire Benalla.

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Non, il n’est pas possible de séparer la « critique des médias » de la défense de Bachar al Assad

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La crise qui vient de s’abattre sur Le Média est assez symptomatique et aussi un révélateur de ce qu’est la critique des médias. Le Média et sa ligne éditoriale sur la Syrie n’est pas un accident de parcours mais une tentative courageuse de traduire la critique des médias en actes. Et il n’a pas démérité, il est un pur produit de la “critique des médias” et de ce qu’elle est destinée à produire.

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