"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Category archive

Médias etc. - page 2

Digital / numérique parce qu'on ne sait jamais si c'est le doigt ou le nombre qui vient avant

Bourgoin, le True Crime et l’Extrême droite

in Chroniques de la violence brune/Féminisme/Médias etc. by

  Un peu de contexte Soyons honnêtes, j’ai toujours eu un problème avec Stéphane Bourgoin. Comme n’importe quelle personne francophone qui s’intéresse aux tueurs en série, j’ai beaucoup croisé les écrits de Bourgoin qui est considéré comme le plus grand spécialiste français sur le sujet. Pourtant, je n’ai jamais aimé le lire tant il me semblait visible que Bourgoin manquait de profondeur dans son approche du sujet, ressassait et simplifiait ce qu’il lisait lui-même ailleurs et surtout laissait une grande place dans ses livres à des descriptions morbides qui me semblaient superflues et voyeuristes. J’étais également irrité de voir quelqu’un que je percevais (pourtant sans preuves à l’époque) comme un pseudo-spécialiste avoir autant d’audience pour diffuser des idées poussiéreuses et simplistes sur la psychologie humaine. Je m’inquiétais de son influence, et pour cause, Bourgoin a toujours été invité sur les plus grands plateaux télé, dans les plus importants journaux et ses livres (une cinquantaine) sont lus par des millions de lecteurs. Un autre fait, plus récent et qui alimentait ma méfiance, est que Stéphane Bourgoin a commencé à être édité chez Ring en 2013 (et nommé directeur de deux collections chez eux “Murder Ballads” et “Train de nuit”). Ring est une maison d’édition que l’on pourrait qualifier d’extrême droite (bien qu’elle s’en défende), et pourtant Bourgoin ne semblait pas avoir de problème moral à être édité aux côtés d’auteurs tels qu’Obertone, Marsault, Geoffroy Lejeune, Alexandre Mendel, ou Papacito. Edit: suite aux révélations sur Bourgoin, Ring s’est empressé de dire à…

Lire la suite

En Marche et la Fake News

in Médias etc. by

Le fait de voir le parti présidentiel, la République en Marche, s’essayer avec succès à la Fake News permet de mieux analyser les ressorts politiques de ce phénomène et aussi, plutôt que de nier son existence ou l’usage du terme, d’en esquisser quelques contours. Ce sont en effet, coup sur coup, le ministre de l’Intérieur délirant sur une « attaque » d’hôpital par des black blocs et la secrétaire d’Etat à l’égalité femme homme Marlène Schiappa, qui publie avec la ministre des transports Elisabeth Borne un communiqué sur l’affaire islamophobe du chauffeur de bus qui aurait refusé une jeune fille en jupe. Ces deux Fake News et surtout leur usage par le parti au pouvoir permettent de mettre le phénomène sous une nouvelle lumière.

Lire la suite

L’histoire d’Assange comme miroir de l’Internet fasciste

in Médias etc. by

Julian Assange est un personnage fascinant. Il a su déployer un récit tellement puissant que ce récit permet d’effacer, d’occulter, d’oublier la réalité au profit de la figure héroïque incarnée par Assange. De façon caractéristique c’est lorsque que l’on s’est rendu compte que les promesses de renouveau démocratique qu’internet devait apporter au journalisme n’ont pas été tenues qu’Assange a cessé d’être toléré comme nombre d’autres comme lui. Assange est un produit de l’internet, style ligue du LOL ou 18-25, masculinisme, antisémitisme, culture du viol. Julian Assange par exemple n’est pas un « lanceur d’alerte ». Snowden est un lanceur d’alerte. Snowden travaillait à la NSA, a volé des documents à son employeur et les a transmis à un journaliste qui les a publié. Julian Assange est un informaticien qui a fondé un site qui devait garantir l’anonymat et la sécurité aux lanceurs d’alertes. On reste songeur devant les années de prison qu’a dû effectuer Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte qui avait fait confiance à Wikileaks pour envoyer ses documents. Encore plus songeur à se dire que Manning a été mis en contact avec le type qui allait le dénoncer grâce à une erreur d’Assange qui a envoyé un mail en copie au lieu de copie cachée… Julian Assange est, en principe, journaliste C’est en tout cas ainsi qu’il se définit dans une lettre au président Hollande suppliant que la France l’accueille. Cette lettre est d’ailleurs un modèle de la façon dont Assange sait réécrire l’histoire et des rôles qu’il peut alterner : hacker,…

Lire la suite

Les réseaux, les mots, les corps – la censure sens dessus dessous

in Médias etc. by

Le sujet de la modération à plusieurs vitesses du réseau social Facebook revient depuis des années, sans évolution positive de la part du réseau social; plus récemment Instagram est devenu aussi la cible de critiques semblables. Je suis utilisatrice des deux réseaux, à la fois en tant que queer féministe et en tant qu’artiste visuelle, et donc habituée du traitement problématique que Facebook et Instagram impose aux contenus que nous lui fournissons. En rejoignant ces deux réseaux dans leur politiques réactionnaires, Tumblr, réputé beaucoup plus libre, a surpris tout le monde. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur Youtube, sa maison-mère Google, Twitter, etc – mais cet article ne prétend pas à l’exhaustivité et s’attarde en particulier sur les premiers réseaux cités.

Lire la suite

Russophilies

in Médias etc. by

Analyse d’un désastre venu d’une ONG qui cherchait à tirer profit de la lutte contre les réseaux russes et qui les a, au final, considérablement renforcés. Retour sur l’origine du délire. Nous sommes en pleine affaire Benalla qui est déjà un matériau politique extrêmement complexe à manier. Le garde du corps du président qui a pour passe-temps de tabasser du gauchiste, une manif-traquenard lancée à la Contrescarpe après un 1er mai qui rappelait les pire moments vallsistes, le délire de toute puissance des macronistes et leur mépris absolu du mouvement social, l’alliance de l’opposition Les Républicains, Rassemblement National, France Insoumise (aucun franchement hostile à Poutine)… On est déjà dans du potentiellement explosif (et en fait du largement explosé). Et là, Eu DisinfoLab a l’idée géniale de commencer à faire du teasing sur une étude encore non-existante et qui révèlerait qu’il y aurait eu gonflage numérique sur l’affaire Benalla.

Lire la suite

Non, il n’est pas possible de séparer la « critique des médias » de la défense de Bachar al Assad

in Médias etc. by

La crise qui vient de s’abattre sur Le Média est assez symptomatique et aussi un révélateur de ce qu’est la critique des médias. Le Média et sa ligne éditoriale sur la Syrie n’est pas un accident de parcours mais une tentative courageuse de traduire la critique des médias en actes. Et il n’a pas démérité, il est un pur produit de la “critique des médias” et de ce qu’elle est destinée à produire.

Lire la suite

Médias alternatifs

in Médias etc. by

C’est vraiment amusant, cette arnaque sémantique, parce que finalement c’est un peu la seule de nos ruses de militants qui voulaient devenir modernes qui a fonctionné. A la fin des années 90, c’était horriblement has been, d’être genre militant révolutionnaire classique. Bon déjà, on avait eu la chute du Mur de Berlin. C’était pas seulement l’effondrement des staliniens, c’était l’effondrement tout court, la révolution ça ne faisait pas rêver. Et en plus, on avait Robert Hue ou des trucs comme ça. Les anarchistes, c’était pas mieux, les gens aimaient bien le style mais bon après de là à militer sur la base de révolutions ratées y’a 70 ans, bon. Non, militer c’était un gros mot. Ringard et suranné. Comme “journal militant”, Comme “parti” ou “organisation”. Il fallait plus dire ça. Il fallait dire ” réseaux” , “coordination”, “activiste”. Et “alternatif”. Gommer la notion de conflictualité, d’opposition, non , fallait être vecteur d’agitation et de cogitation, tu vois. Entre individus totalement libres et indépendants, pas de rapports de pouvoir, mais non, mais non. Donc du coup, hors de question de faire un “site militant”. Ben non, “média alternatif”. Objectif, neutre, indépendant. Surtout que les gens croient pas s’engager avec toi, hein.

Lire la suite

A quoi servent les Fake News?

in Médias etc. by

Fondamentalement à quoi servent les « fake news » ? A quoi servent les « news » en fait ? A créer du lien social. D’un point de vue fonctionnel, les news ça ne sert à rien d’autre. On ne va pas soudain changer de vie en apprenant une nouvelle. Par contre, on va en parler au café ou au boulot « tu as vu ? – oh ouais c’est terrible – oui, en effet ». Autour d’une news, on échange, on partage, on témoigne de son attachement à certaines valeurs auprès d’un autre humain qui va répondre positivement ou négativement. En partageant une nouvelle avec ses semblables on crée la société démocratique en réalité qui existe principalement dans ce genre de partage. On vote une fois de temps en temps mais tous les jours on va échanger avec les autres sur le pluralisme de la société : « tiens tu as vu y’a des gens dans la société qui croient que la terre est plate – oui c’est fou dans quel monde on vit… » : c’est en partageant des news qu’on se rend compte des valeurs partagées, de l’existence d’autres groupes sociaux avec d’autres valeurs, de la pluralité des points de vues etc. Ce principe non-fonctionnaliste fait qu’il est difficile, dans nos sociétés capitalistes, de comprendre à quoi peut bien servir une news et à quoi les médias servent en général. Ca produit rien d’autre que du lien social ? Mais ça sert à rien !? D’où une…

Lire la suite

Go to Top