"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Pro-choix, avec le Planning Familial, contre la transphobie et l’islamophobie

in A la une/Féminisme by

Que dire au sujet de l’affiche du Planning Familial représentant un homme enceint et surtout au sujet de la polémique qui dure depuis quelques jours ? En tant qu’homme trans, je pourrais être enceint. Ce n’est pas le choix que j’ai fait car je suis un peu binaire et pour moi c’était le rôle de sa mère de porter mon fils et de l’allaiter, mais j’aurais pu le faire. En 2017 les personnes trans n’ont plus été obligées d’être opérées, et donc de devenir stériles, pour changer de genre administrativement. Et bien sûr il y a des conséquences : les trans peuvent garder tout ou partie de leur corps biologique tout en vivant dans le genre qui leur convient. Il y a a donc des hommes enceints, des hommes qui allaitent et dans certaines maternités on peut parfois entendre “Poussez, Monsieur !” C’est la vie. C’était prévisible qu’à avoir gagné autant de droits et autant de visibilité en si peu de temps la communauté trans s’attire les foudres réactionnaires et leur panique morale qui charrie des torrents de merde transphobe. Les hommes trans devraient renoncer à leur utérus, un homme enceint c’est contre-nature, ce sont des délirants qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, leur délire prendra bientôt fin comme en Angleterre. Je ne veux pas avoir l’air zemmourien mais encore une fois, c’est de la faute des arabes : si le Planning Familial n’avait pas eu l’outrecuidance de tolérer les femmes voilées, peut-être qu’il ne serait pas…

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Entretien avec Rafik Chekkat

in A la une/islamophobie/Podcast by

A l’occasion du lancement du nouveau projet Islamophobia, Rafik Chekkat a bien voulu répondre à nos questions. Islamophobia se présente comme une plateforme de formation mais ça va bien au delà de ça. Des podcast, des émissions, des sujets de fond, des ressources militantes, sur le sujet de l’islamophobie mais pas seulement. Puisque l’islamophobie est structurelle il y a besoin d’appréhender enormément d’aspect afin de lutter contre. Courageux et nécessaire dans la période actuelle. Emancipation, révolutions, islamophobie, racisme, gauche, parcours militants, extrême droite, libéralisme, on a parlé un peu de tout ça avec Rafik. Lignes de Crêtes · Entretien Rafik Chekkat Islamophobia 19 – 07 – 2022 Le site c’est par ici: https://islamophobia-france.com/ Le Twitter c’est par là: https://twitter.com/Islamophobia_fr Et pour les soutenir c’est là: https://www.cotizup.com/islamophobia

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Communiqué Lignes de Crêtes – legislatives 2022

in A la une/Prises de positions by

Le second tour des législatives a dessiné un paysage politique plus divisé que jamais. Nous nous réjouissons qu’Emmanuel Macron n’ait plus les mains libres pour appliquer son agenda de casse sociale autoritaire, islamophobe, antifeministe et liberticide. Nous constatons avec joie que la gauche a multiplié son nombre de député-es par six depuis 2017. Toutefois, l’extrême droite compte désormais 89 chemises brunes à l’assemblée. Le Rassemblement national est devenu en cinq ans un parti normal avec lequel il est envisageable de créer une majorité de gouvernement. En effet, de nombreux-ses personnalités de la majorité présidentielle n’ont pas daigné donner de consignes de vote en cas de duels NUPES-RN. Pire, certain-es d’entre elleux ont appelé clairement à faire barrage à la gauche dans certaines des circonscriptions concernées. Ceci est l’aboutissement d’une stratégie de gouvernement amorcée dès 2017 consistant en la destruction du paysage politique français. En effet, Emmanuel Macron s’est employé à liquider la gauche en 2017. En 2022, après un long processus de préparation idéologique, il a phagocyté la droite libérale. Pour continuer ses contre-réformes, il s’apprête maintenant à faire de même avec les têtes d’affiche de l’extrême droite et des nationalistes de droite. En surfant sur une stratégie électoraliste « ni droite, ni gauche », le Président ne se contente pas de détruire nos codes et nos repères : il entend incarner à la fois le pouvoir et son opposition. Choisissant depuis 2017 d’écarter la gauche des débats et de faire la courte-échelle au Rassemblement national, il en a cyniquement…

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Du « macronisme de gauche »

in A la une/Antisémitisme/islamophobie by &

Depuis sa victoire à l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron mène une entreprise de saccage de la vie politique française. Non content d’avoir siphonné les cadres d’un Parti socialiste en déshérence il y a cinq ans, celui qui se présente comme « ni droite ni gauche » vient de ravir aux Républicains nombre de ses têtes et de ses électeurs. Dans la confusion, une partie de la gauche s’affichant pro-européenne, scientiste et anti-autoritaire se rallie encore explicitement ou par défaut au bloc macroniste. Alors que le Président réélu assume de plus en plus son ancrage à droite, ce positionnement pose question et mérite d’être analysé. On sait depuis longtemps qu’il existe diverses manières d’être de gauche, et mille et une raisons de continuer à se taper dessus par organisations interposées entre sociaux-démocrates, trotskystes, autonomes ou néo-stalinien-nes. Ce que l’on sait moins, c’est que si la jambe gauche du macronisme est une jambe de bois, celle-ci ne s’est pas vermoulue en cinq ans grâce aux efforts intellectuels d’une gauche bourgeoise – auto-proclamée « gauche intellectuelle » – sourde aux questions sociales et enfermée dans une posture de dénigrement perpétuel de tout ce qui n’est pas elle. Qu’est-ce que la gauche macroniste ? L’expression « gauche macroniste » ressemble à un oxymore. En effet, elle recouvre davantage une réalité sociologique et discursive que politique. Elle désigne une partie de l’intelligentsia de gauche ayant, par pessimisme et souci de distinction avec son milieu politique, abandonné tout espoir réformiste – ne parlons même pas…

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Demande de promulgation d’un décret Twitter de dissolution des éditions Gallimard

in Prises de positions by

Demande solennelle et circonstanciée pour la  dissolution des éditions Gallimard et affiliés. Suite aux annonces de dissolution du ministre de l’intérieur, concernant notamment les éditions Nawa, et après avoir  soigneusement étudié les arguments publiés par le décret Twitter du  29 septembre 2021, ainsi que ceux développés lors de la dissolution du CCIF et affiliés divers et variés, en vertu de l’article 1 de la déclaration des droits de l’homme (à laquelle renvoie le préambule de la constitution de 1958, à valeur constitutionnelle supérieure aux décrets Twitter jusqu’à nouvel ordre) lequel pose notamment l’égalité des citoyens devant la loi, nous demandons par la présente, et par analogie universaliste, la dissolution des éditions Gallimard et attendons une réponse urgente du Conseil des Ministres et surtout du Community Manager du Ministre de l’Intérieur sur Twitter. Il est reproché aux associations dissoutes d’entretenir des liens étroits avec les tenants d’un islamisme radical, d’être en lien avec des personnes tenant des propos relativisant ou légitimant le terrorisme, de susciter des commentaires hostiles aux autres croyances sans apporter aucune modération, de ne pas avoir pris de distance ni ne s’être désolidarisé avec tout un tas de gens compromettants. Considérant tout d’abord que Gallimard était en contact étroit avec son éditeur et membre du comité de lecture Richard Millet, celui-ci ayant de son propre aveu, participé  à des actes de violences et de guerre aux côtés de milices chrétiennes au Liban. Que le dit Richard Millet a consacré un ouvrage entier à l’apologie  du terroriste Andres Breivik dans…

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« Vous connaissez Michéa ? » : quelques rappels fondamentaux à propos de l’idéologie du site Ragemag – Ragemag Episode 1

in Chroniques du déni/Médias etc. by

À la veille d’une élection présidentielle marquée par l’affirmation de thématiques électorales issues de la droite identitaire, l’antifascisme en France ne peut plus se contenter de réagir par-à-coups, tant les déclarations nauséabondes et les actes violents se multiplient. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il n’est pas concevable de se contenter d’explications simplistes, mais il est possible de faire des focus sur notre passé récent pour envisager la manière dont certaines idées que l’on pensait remisées au placard de l’Histoire ont pu revenir sur le devant de la scène politique. Pour cela, il faut se placer sur le champ de la bataille des idées, pour bien observer d’où les coups de surin sont venus, à l’intérieur de la gauche elle-même. L’étude du cas du magazine Ragemag (2012-2014), site web aussi éphémère qu’orwellien, donne un éclairage intéressant sur l’entrée d’idées conservatrices et réactionnaires dans le champ progressiste, à une époque où la gauche française connaissait une crise sans précédent sous l’influence conjuguée des médias alternatifs d’internet et de la galaxie soralo-dieudonniste, dans une séquence politique particulière qui peut rétrospectivement être qualifiée d’acmé du « populisme de gauche ». Débuts du web 2.0 et renouveau du « ni droite/ni gauche » L’étude de l’évolution des idéologies et des propagandes ne devrait jamais être déconnectée de celle de leurs principaux vecteurs, des moyens techniques permettant la percée de nouvelles pensées. Comme il a fallu s’intéresser à la radio pour comprendre les années 1930 ou à la télévision pour les années 1980, il faut absolument se…

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Facebook supprime les comptes d’une jeune journaliste et résistante afghane en exil pour un post contre Daesh

in Prises de positions by

English version below Shabnam Salahshoor Herawi a 23 ans. Étudiante en sciences politiques, journaliste dans un média d’Herat, sa ville natale, activiste des droits humains, elle a fui à Kaboul pendant l’avancée des talibans. Lorsque ceux-ci ont envahi la capitale, elle est restée cachée dans un hôtel, tout en refusant de se taire sur les réseaux sociaux. Des semaines durant, elle a continué à défier le pouvoir taliban à visage découvert malgré le danger imminent et les menaces, en exigeant que les droits des femmes soient respectés, en communiquant sur la répression qui s’abattait sur les journalistes. Elle était à Abbey Gate à l’aéroport de Kaboul le 26 août 2021 lorsque Daech a frappé. Malgré le choc, elle a filmé les scènes terribles après l’attentat, comme elle a filmé les talibans qui frappaient des femmes devant ce même aéroport. Elle a continué à faire son travail d’information. Cependant, elle n’a pas pu s’échapper fin août. C’est seulement ce samedi 9 octobre, après un mois et demi de résistance sur place, qu’elle a pu enfin arriver en France, suite à des actions collectives et au soutien qu’elle a rencontré notamment en communiquant sur les réseaux sociaux avec des européens et européennes. Son premier statut public après son arrivée rendait hommage à la mémoire des victimes de l’attentat de la mosquée de Kunduz, attentat revendiqué par Daech. Et c’est ce statut qui a déclenché la suppression de son compte par Facebook, de son compte Messenger et de son compte Instagram. Nous ignorons…

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Vaccinée, troisième dose de solidarité offensive à la rentrée.

in Instants by

Cher gouvernement Vos insultes sous couvert de féliciter les vaccinés, ça commence à me fatiguer. Pas d’amalgame s’il vous plaît, j’ai pris le Pfizer, pas la carte d’En Marche, la France qui travaille pour vous, ce sera sans moi. Je me suis pas vaccinée pour retourner bosser pour huit balles de l’heure et une amende à 135 balles si je rentre trop tard et que j’avais pas d’attestation pour l’apéro dinatoire d’En Marche. Je suis vaccinée pour le Chaos vivant contre votre Ordre qui sent la Mort. Je suis vaccinée pour ne contaminer personne dans les manifs. Je suis vaccinée pour protéger les chômeurs quand on manifestera contre la réforme de l’assurance chômage Je suis vaccinée pour protéger les retraités quand on manifestera contre la réforme des retraites. Je suis vaccinée pour protéger les amis en situation de handicap quand on manifestera pour l’individualisation de l’AAH , et puis des AESH pour les gosses. Je suis vaccinée pour retourner occuper les théâtres et cette fois on sortira pas avant d’en avoir fini avec la société du Spectacle. J’aime pas spécialement Debord, mais encore moins Marlène Schiappa en train de réciter du Maurras chez Hanouna. Je suis vaccinée pour pas tomber malade pile le jour où je fais grève et rater la manif. Je suis vaccinée pour dire Même pas mal au flic qui m’arrachera mon masque dans une de vos nasses. Je suis vaccinée pour manifester pour que les exilés puissent se faire vacciner. Et avoir des papiers et un…

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” Le complotisme est d’abord une cosmogonie, une parole mythique sur la naissance du monde”, entretien avec Sylvie Taussig

in Entretiens by &

Le “conspirationnisme” est sans doute l’un des objets politiques les plus étudiés et débattus du moment pandémique. Comme tout objet politique, il est en partie défini de manière subjective par celles et ceux qui l’étudient tandis que sa définition est en grande partie rejetée par ceux qui sont définis comme tels. L’originalité de l’essai de Sylvie Taussig réside sans doute beaucoup dans une tentative d’explication du phénomène  qui ne cache pas son lien profond avec la subjectivité de l’autrice. Chercheuse, c’est à partir de ses sujets de recherche antérieurs qu’elle a réfléchi sur les conspirationnismes. En l’occurrence, la gnose, cette quête de transcendance intérieure face au Mal originel du monde, transcendance, qui cependant, ne peut passer que par l’Initiation à la Vérité par la médiation de celui ou de ceux qui savent. Ce point de départ situé aboutit à une réflexion passionnante, sans doute parce qu’elle évite deux écueils: le mépris politique et la déshistoricisation vis à vis des conspirationnistes. Bien qu’extrêmement dur politiquement dans le jugement sur ces courants, son essai tente une filiation et une réinscription dans l’histoire des idées et des passions philosophiques  politiques et religieuses de l’Occident, et sort l’analyse du surplomb militant visant à voir les conspirationnistes comme des pions manipulés par une idéologie totalement étrangère à ce qui peut animer bien d’autres engagements ” respectables”. Surtout de Kant à Descartes en passant par une modération radicalement optimiste dans la recherche du Bien et de la Vérité, quête en partie illusoire et en partie constitutive…

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Rabia, militante de la solidarité au quotidien, l’islamophobie et le courage du pardon

in Entretiens/Instants/islamophobie by

Rabia est précaire, bénévole à J’Aide la Chance, une association humanitaire qui organise notamment des distributions de nourriture trois fois par semaine dans une ville populaire de banlieue. Elle est aussi de confession musulmane et porte un voile. A la fin du mois d’avril 2021, elle a été victime d’une agression islamophobe dans un bus. Agression verbale et physique puisqu’elle a subi une tentative d’étranglement. Comme beaucoup d’autres, elle a simplement porté plainte, pris un avocat gratuit sans faire appel à l’aide d’associations de lutte contre l’islamophobie ou le racisme, parce qu’elle souhaitait surtout oublier. Son agresseur a été rapidement retrouvé, mais très rapidement aussi, il a réussi à se procurer l’adresse et le numéro de téléphone de Rabia, et est venu à son domicile avec son épouse et ses enfants en bas âge pour s’”excuser”. Il a finalement été condamné à un simple sursis et à verser des dommages et intérêts à Rabia. En écoutant le témoignage de Rabia, vous découvrirez pourquoi cet homme lui dit aujourd’hui qu’il a eu de la chance de tomber sur elle. Nous remercions Rabia de sa confiance et de son courage et d’avoir eu l’extrême gentillesse de bien vouloir revenir sur son agression avec nous, dans cet entretien audio. Nous savons à quel point se remémorer un tel évènement et revenir dessus est difficile, à quel point loin des odieux clichés racistes qui présentent les femmes victimes de violences islamophobes comme des personnes qui profitent de ce qui leur arrive, être une victime…

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