"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Les réseaux, les mots, les corps – la censure sens dessus dessous

in Médias etc. by

Le sujet de la modération à plusieurs vitesses du réseau social Facebook revient depuis des années, sans évolution positive de la part du réseau social; plus récemment Instagram est devenu aussi la cible de critiques semblables. Je suis utilisatrice des deux réseaux, à la fois en tant que queer féministe et en tant qu’artiste visuelle, et donc habituée du traitement problématique que Facebook et Instagram impose aux contenus que nous lui fournissons. En rejoignant ces deux réseaux dans leur politiques réactionnaires, Tumblr, réputé beaucoup plus libre, a surpris tout le monde. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur Youtube, sa maison-mère Google, Twitter, etc – mais cet article ne prétend pas à l’exhaustivité et s’attarde en particulier sur les premiers réseaux cités.

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Mais au fait, l’antisémitisme, c’est quoi ?

in Mémoires Vives by

Après une explosion d’actes et de discours antisémites qui est loin d’être terminée, alors que les thèses complotistes circulent non seulement largement mais de plus en plus ouvertement dans le débat public, comment ne pas diffuser l’intervention de Tal Bruttmann sur l’antisémitisme à un colloque organisé et diffusé en ligne en octobre 2017 par la CGT ? On vous prévient tout de suite, cette intervention est bien plus sympa à écouter que la lecture de notre tentative d’introduction ! Voilà en quinze minutes, de manière concrète et claire, l’essentiel, pour commencer à réfléchir à ce qu’est l’antisémitisme, ses liens avec le racisme et la xénophobie, ses spécificités. Nous ne pouvons pas vous mettre tous les exemples, mais vous y trouverez, dans le désordre, Weinstein, Picasso, Zemmour, Gainsbourg, Krasucki, bien sûr Rothschild et quelques autres encore. Et des complots et des banquiers, évidemment. Non seulement c’est pas chiant, mais ce qu’on apprécie à Lignes de Crêtes, c’est que cette intervention, tout en se concentrant sur les fondamentaux de l’antisémitisme, n’oublie en rien les autres idéologies de haine, ne cède jamais à l’essentialisation ni à l’idéalisation des minorités. Enfin des réponses aux questions que vous n’avez peut-être jamais osé (vous) poser sur l’antisémitisme. Beaucoup de rigueur sans rigidité et quelques lumières qui éclairent les mécanismes de la haine, pour mieux en sortir. Enjoy !

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Ensemble, debout, contre toutes les haines

in Chroniques de la violence brune by

Ce 14 février, la maison d’éditions d’extrême-droite Ring a de nouveau laissé libre cours à ses obsessions racistes et morbides en accusant notre collectif d’être une sorte de Al Qaeda bis. En effet, nous avions eu l’impudence, la veille de publier un texte contre leur présence à la foire du livre de Bruxelles. Nous estimons en effet que les organisateurs de ce genre d’évènements, censés promouvoir la culture et le savoir, ont bien d’autres choix qu’un éditeur publiant Marsault (récemment condamné pour harcèlement à l’encontre d’une camarade féministe), Laurent Obertone (l’un des phares de l’extrême-droite française) ou Papacito qui appelait, il n’y pas si longtemps à constituer des milices violentes pour s’en prendre aux antiracistes. Nous sommes désormais habitués aux obsessions de Ring à notre égard. Et plutôt flattés que dans un élan de conspirationnisme assez risible, ils nous imaginent derrière toutes les initiatives de soutien aux victimes de leurs chasses virtuelles, qui enfin, ont lieu en ce moment. Par contre, nous n’accepterons pas d’être désignés comme des complices des attaques et des menaces terribles et inqualifiables qui pèsent sur Zineb El Rhazoui, cible de Daech et d’autres groupes terroristes. Nous savons qu’elle soutient clairement des auteurs d’extrême-droite comme Laurent Obertone ou Marsault. C’est son choix, et face à ce choix-là, nous serons solidaires de celles et ceux qui en subissent les conséquences. Mais notre choix, à nous, est aussi de ne rien avoir à dire de plus contre la femme victime des meurtriers et des terroristes, si ce n’est…

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A nos amis, dégagez!

in Chroniques du déni by &

Il paraît qu’on ne choisit pas sa famille, mais ses amis, oui. Pourtant, certains d’entre eux, nous ne les avons pas choisis. Ils sont arrivés dans nos vies politiques, comme arrivent les vautours dans les moments de deuil, de doute, de déroute, de désespoir, avec leur fausse compassion et leurs remèdes empoisonnés. Ils sont nombreux des deux côtés. Ils nous aiment parfois passionnément et peu importe que cet amour nous sacrifie sur l’autel de leurs tristes passions. C’est qu’à travers nous, ils se détestent un peu moins… Depuis longtemps déjà, il y a les amis des Arabes, ceux qui les imaginent sur un âne dans le désert, aussi démunis que violents et sanguins. Ceux-là, depuis longtemps, leur offrent leur propre frustration en guise de solidarité et leur haine des Juifs en gage de loyauté. Ceux-là se mobilisent pour les Palestiniens mais le sujet de leur passion semble être Israël et les Juifs. Que des Palestiniens meurent de faim dans les camps syriens, que le monde arabe se soulève, qu’il aspire à la liberté et il n’y a plus personne pour répondre présent. On aime les Arabes en hiver pas au printemps… Et puis il y a les nouveaux amis des Juifs, fervents soutiens de ce qu’il y a de pire en Israël, évangéliques allumés et autres défenseurs de la « civilisation occidentale ». Quand ce ne sont pas les nouveaux amis de Netanyahu; Orban, Bolsonaro, Trump pour qui le nom d’Israël est devenu synonyme et alibi de leur croisade barbare. En France,…

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DAU: the art of making money with exploitation and human suffering

in Other Languages by

I saw, in my Facebook contacts, several dithyrambic posts about “DAU”, a gigantic project of film and art installation, halfway between reality TV, immersive theatre and totalitarian experience. DAU is the project of a director named Khrzhanovsky, who seems to have unlimited power and means at his disposal. He created a set of filming in Ukraine, reproducing a city, full of hidden cameras, and in which, 400 people lived for three years more or less in immersion and in an imitation of a totalitarian system. Immersive Dictatorship for customers spectators… The cinematic images produced will be broadcasted in Paris, as part of a kind of immersive show, at the “Théâtre de la Ville” in Châtelet. To view them, one has to fill out a Visa application that asks highly personal questions (by allowing the use of our personal data without any restrictions to DAU), to pay an expensive price, and to commit to staying between 6 to 24 hours inside the facility. Initially, I was obviously intrigued by this project that seems to be out of the ordinary, but several things in the (very positive) articles, shared by my contacts, quickly made me feel uncomfortable. In several of these articles, it was mentioned in passing, as if it was only a detail, of unpaid work, authoritarianism of the director, crises of madness or violence, unsimulated and filmed… This alarmed me and added to the mistrust I already had about the idea of privileged people in France paying to give themselves…

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Conférence de Yahia Hakoum – Lignes de Crêtes et Souria Houria

in Révolution by

Conférence tenue le 16 novembre 2018 Ecouter Yahia Hakoum parler des nouvelles consciences dans la révolution syrienne, c’est entendre une voix qui bouleverse. Au sens affectif, certes, mais surtout dans celui de chambouler nos manières de penser. Nos manières de penser la révolution syrienne, ou peut-être les révolutions tout court. Nos manières de penser notre situation ici, si l’on veut bien se laisser bousculer. Yahia parle de choses concrètes, des photos de Bachar al Assad déchirées, de sa sœur qui divorce, de messages sur les murs et de l’essor de la presse, de comment des tas de gens ont construit une conscience politique, des discussions en famille, des évolutions individuelles et parfois des ruptures avec des proches sur les fondamentaux de la révolution. Rien que cela fait du bien, face à tant de discours géopolitiques, idéologiques ou macro-économiques qui masquent tout ce qu’il y a d’émancipateur dans la révolution syrienne (et d’autres). Cela donne envie d’avoir des luttes à raconter de cette manière. Car ce que Yahia décrit, c’est une société où quelques uns d’abord, bien plus ensuite, ont bravé la peur d’une dictature sanguinaire et où la réaction aux massacres du régime est devenue un marqueur essentiel. Où toutes les violations des droits humains, même celles de son propre camp, sont dénoncées par les révolutionnaires. Et ce que la révolution a réussi, c’est mettre au cœur de toute la société syrienne cette question des droits humains, des libertés fondamentales, la question des minorités, la démocratie, le refus de groupes…

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De la fierté et de l’humiliation

in Féminisme/Instants by

Depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, je tournais autour d’un point sur lequel je ne parvenais pas à mettre le doigt. C’est au cours d’une conversation entourée de mes camarades, que j’ai trouvé le lien. Une de mes amies prononça au milieu de nos débats, le mot fierté. ….

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Mémoire de la Shoah: un sondage problématique

in Mémoires Vives by &

La publication le 27 novembre par CNN d’un sondage portant sur l’antisémitisme dans plusieurs pays européens a entraîné de nombreuses réactions quant aux résultats. Un élément en particulier a attiré l’attention en France: selon ce sondage près d’un français sur cinq ignore ce qu’est la Shoah. Le chiffre a été particulièrement commenté. Pourtant ce résultat interpelle. La prise en compte de la part de personnes déclarant ignorer ce qu’est l’Holocauste parmi les résultats recueillis dans les différents pays européens (sept au total) sur lesquels le sondage a porté offre une perspective globale, permettant de mettre en lumière plusieurs choses et d’interroger cette statistique concernant la France.

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De la différence entre boucher une artère et créer un cœur

in Révolution by &

C’est significatif que tout d’un coup, on se souvienne ici qu’il y a eu des printemps arabes en 2011. Mais quand c’est pour légitimer le mouvement des gilets jaunes en France, c’est montrer une incompréhension de ces deux mouvements, très différents malgré des similitudes formelles. Ces comparaisons ne sont pas là pour la gloire du printemps arabe mais plutôt pour appuyer une autre comparaison, avec la révolution française. Mais bon la révolution française c’est loin alors on va chercher les printemps arabes pour faire le lien. Ce qui est intéressant c’est qu’en faisant ressortir tout ce qui oppose les gilets jaunes et les printemps arabes on peut faire ressortir à quel point ce mouvement est éloigné d’une révolution. La revendication d’une similitude avec le printemps arabe n’est d’ailleurs pas nouvelle. Le tristement célèbre « printemps républicain » a déjà innové en la matière, tentant de récupérer l’image positive du printemps arabe (en enlevant le mot « Arabe ») pour en faire une mouvance raciste. De la même manière les homophobes du « printemps français » tentaient eux aussi de s’approprier et bien évidemment d’oblitérer la dignité retrouvée des printemps arabes en l’identifiant à une fierté nationale aux relents racistes. Une similitude qui est pointée, c’est que dans les deux cas, ce sont des mouvements populaires “spontanés”. Les printemps arabes se sont produits dans des régimes autoritaires au mieux, clairement dictatoriaux le plus souvent. Il n’y avait donc guère d’organisations auxquelles adhérer librement, même s’il y avait des différences entre la Tunisie et la Libye ou…

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Ligne rouge et gilets jaunes

in Chroniques du déni by &

A quoi a ressemblé le 17 novembre des gilets jaunes ? A rien de social, à rien de démocratique, à rien de collectif, à rien d’émancipateur… Le 17 novembre a été une journée de libération de ressentiments, d’aigreurs, de haine des minorités, de refus de la prise en compte de la parole et des contraintes du reste de la population, de nationalisme, tout ce qui va avec la culture d’extrême-droite dont ce mouvement est imprégné jusqu’à la moelle puisque c’est dans ce cadre idéologique-là qu’il a émergé. Des incidents “isolés” qui mettent en lumière le fond de violence contre les minorités du mouvement des gilets jaunes Le type d’initiatives menées par les gilets jaunes est révélateur : faire chier. Peu importe qui en fait, puisqu’il n’y a pas de nous, qu’il n’y a pas cette démarche de voir au-delà de son intérêt personnel. Donc on bloque surtout ses voisins, en fait. Et dans une ambiance qui permet de se lâcher. On recense une agression homophobe à à Bourg en Bresse, une autre islamophobe envers une femmes voilée à St Quentin. A Tours, un véhicule a été repeint en bleu blanc rouge et porte les slogans suivants « français d’abord, migrants dehors » et « force honneur patrie. » A Charleville Mézières, un des leaders des gilets jaunes locaux montre clairement son orientation antisémite et homophobe sur sa page facebook. On annonce des opération péage gratuit, mais dans le sens où il faut prendre le ticket d’entrée sur l’autoroute, pas dans le sens où on doit…

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