"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

La chute du “dernier bastion rebelle” n’aura pas lieu

La guerre est affaire de symboles. On a tendance, dans notre modernisme gavée de géopolitique pseudo-réaliste, à oublier combien la guerre est affaire de symboles. Mais en réalité, les hommes sont plus prêt à mourir pour une médaille ou un idéal que pour un pipeline. Et le nerf de la guerre ce n’est pas l’argent ou le pipeline, ce sont des hommes qui sont prêt à donner leur vie pour quelque chose. C’est parce qu’on oublie combien la guerre est affaire de symboles qu’on oublie combien la guerre est affaire de narration, de mythes, de récits qui permettent de mettre en scène ces symboles et de les rendre compréhensibles et accessibles. Même le pipeline, si réaliste, est obligé de devenir un symbole et de se mettre en scène dans le récit nihiliste d’une grande partie d’échec entre grande puissances. Le récit de « la chute du dernier bastion rebelle » est ainsi devenu, au sujet de la Syrie, un narratif privilégié qui permet, un peu à tout le monde, de raconter la guerre en Syrie en éliminant l’élément gênant de la révolution syrienne. Transformer la révolution en cause Une révolution est une force motrice de l’histoire. Elle a son narratif propre puisqu’elle écrit l’histoire. Une révolution est, sur le plan historique, le dépassement de la dialectique pour créer une nouvelle dialectique historique. Exemple concret dans le cas syrien : dépasser la dialectique Dictature / Islamiste par une exigence radicale de liberté et de démocratie pour tous les syriens. La cause c’est le symbole.…

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A LA UNE

Instants

Déclics et des gens

Première conversation. Un militant, salarié d’un établissement du secteur public où ça bouge quand même un peu, explique que s’il devait reprendre … Lire la suite

J’aime pas les manifs. Enfin, si, mais ça dépend

in Instants by

Ma première manif, c’était un 1er mai, dans une ville de province, de taille moyenne, en France, il y a une vingtaine d’années. Je découvrais le militantisme, mais je n’étais dans aucune organisation. J’avais dessiné au marqueur un A cerclé sur mon sac. Le capitalisme, depuis les cours au collège sur le XIXème siècle, c’était clair pour moi que c’était un système à combattre. Mais  le communisme, ça m’évoquait du gris, des gens obligés d’être tous pareils et d’aller à l’usine ou au bureau faire un boulot qu’ils n’aimaient pas forcément. L’anarchisme (où ai-je bien pu tomber sur ce mot, je ne sais plus), pour moi, c’était le collectif sans nier l’individu. Et donc, ce 1er mai-là, c’est la première fois que j’ai expérimenté le nous, ce sentiment d’être avec d’autres, d’être ensemble même si on ne se connaissait pas, de partager un but, une envie de changer les choses. Je ne connaissais aucune chanson révolutionnaire, mais je crois bien que j’ai chanté quand même. Peu de temps après, je me suis retrouvée à Paris. Il y avait le mouvement des sans-papiers, depuis un an ou deux déjà. Je garde le souvenir de manifs joyeuses, parce que c’était dur (à quel point, je ne m’en rendais pas compte encore). Des manifs importantes, avec beaucoup de Français qui manifestaient leur solidarité. C’était la période des luttes des « sans » (je n’aime pas cette qualification, car c’était des mouvements qui avaient beaucoup à dire et à montrer), avec le mouvement des chômeurs de…

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Bagatelles pour un massacre, en “débat” à Sciences Po

in Chroniques de la violence brune by

Ce 3 juillet, Antoine Gallimard, entouré de quelques rédacteurs de notes de bas de pages pour pamphlets antisémites en édition de luxe, avait organisé avec la société d’études céliniennes, dont il est membre fondateur une causerie autour de la réédition de ” Bagatelles pour un massacre”. Le “débat” ouvrait un colloque sur “Céline et le politique”, qui se tiendra ces jours-ci à Sciences Po. Comme il n’y avait rien à débattre, mais tout à combattre, nous avons choisi de prendre la parole quelques minutes après l’arrivée d’Antoine Gallimard, et quitté la salle immédiatement après lecture de notre texte, étant très peu intéressés par la campagne publicitaire pour la saleté raciste que l’éditeur appelle oeuvre littéraire.

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Histoire d’une rencontre, destins croisés

in Chroniques de la violence brune by

C’est l’histoire d’une rencontre, entre une Insoumise tendance islamophobe et un antisémite tendance nazi, soutien de Daesh. Entre Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et Marc Edouard Nabe. Une rencontre passée inaperçue, qui a eu lieu quelques jours avant le 14 juillet parait-il et mise en ligne juste avant le premier tour de la présidentielle. Ce jour là, Sophia Chikirou se laisse donc complaisamment filmer par les amis de Marc Edouard Nabe, avec qui elle discute en toute familiarité. Sa version de la rencontre ? Elle aurait eu l’oeil attiré par un montage dans la vitrine de la galerie présentant Hitler avec une pancarte “Je suis Charlie”, ça lui a plu, elle est entrée. On peut croire au hasard et la naïveté de la directrice de campagne d’un candidat de premier plan à l’élection présidentielle, qui se laisserait donc filmer par n’importe qui, n’importe quand. Ou pas. Cela ne change pas grand chose au sens du récit officiel de la rencontre mis en scène par Nabe qui poste la vidéo à quelques jours du premier tour des présidentielles dominées par l’avancée du FN: une personnalité centrale du dispositif de la France Insoumise trouve que le promoteur d’une caricature jouant avec le nazisme à propos des victimes d’un attentat fait partie des gens avec qui on peut parler sans prévention ni retenue. On discute à bâtons rompus, “Ah Zweig je lis tout. – vous connaissez sa bêtise finale? de ne pas avoir cru assez à l’homme?”. Nabe le meilleur…

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Nos voisins, les tueurs

in Chroniques de la violence brune by

Trouver les mots pour Said El Barkaoui, ce n’est pas facile. Un Arabe tué par son voisin raciste. C’est difficile de dépasser ces mots là. Difficile de dire ce qu’on a toujours su aussi loin que nos souvenirs remontent. Que les hommes et les garçons arabes en France courent ce risque là, se faire tuer par un voisin raciste. Mais on l’a toujours su. On a toujours vu, dès l’enfance, cette hostilité particulière d’un voisin parmi d’autres envers notre père. Ces voisins il y en a partout, si bien qu’ils sont devenus des archétypes récurrents de films ou de romans. Le type un peu vieillissant, souvent alcoolique, le type qu’on entend gueuler sur l’état de la France ou sur ses gosses ou sur sa femme ou sur son chien, par la fenêtre ouverte. Sur tout cela et puis sur les Arabes. Le type dont tout le monde sait qu’il a une arme, parce qu’il le dit lui même, en ajoutant qu’un jour il s’en fera un. Le type qui souvent, n’est pas riche, le type qui souvent est un peu mis de côté quand même par d’autres voisins, le type dont tout le monde dit qu’il est lourd et un peu cinglé. Le type qui déteste ton père, le type aux regards noirs dans l’ascenseur, le type qui bafouille en hurlant des choses horribles et tu ne comprends pas tout. Tu as six ou sept ans, tu sais juste que ton père est très en colère, et tu t’interroges longtemps…

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Le Jeu de la Censure – de quelle censure es-tu victime?

in Chroniques du déni by
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De quelle censure es-tu victime?

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Christophe Tarricone : “L’école a représenté pour moi le seul moyen possible d’ascension sociale et d’acquisition d’un capital culturel”

in Entretiens/Instants by &

Entretien avec Christophe Tarricone, professeur d’histoire-géographie, historien LC: Laïcité. Autant commencer cet entretien sur ce mot là. Si on doit parler de l’enseignement, de l’école, des profs et de l’histoire, de toute façon, les lecteurs chercheront l’endroit où nous en parlons. Ca n’a pas toujours été le cas. Tu es prof depuis longtemps, par choix, ce mot là faisait-il partie de tes pensées concrètes et prioritaires quand tu as décidé de ton avenir ? La première fois que je t’ai lu sur Facebook, tu avais écrit un commentaire clairement offensif contre ce que certains appellent la « non mixité raciale », et que j’appelle de l’auto-défense antiraciste, nécessaire dans certaines circonstances. Je me suis dit « Tiens, encore un cochon de laïcard », et aurais-tu lu certaines de mes prises de positions, sans doute te serais tu dit « Tiens encore une saloperie d’islamo-gauchiste ». Après divers échanges, on est un petit peu sortis des étiquettes hâtives. En ce qui me concerne, après toutes ces années où la laïcité s’est confondue le plus souvent avec ce que j’estime être des offensives de stigmatisations racistes à peine déguisées, j’ai énormément de mal à ne pas être en position défensive dès que j’entends ce mot. Toi, tu es un laïque assumé et pas raciste. Alors en quoi la laïcité est-elle pour toi un combat positif, un combat utile et un combat universaliste ? J’ai passé les concours en 1995 et pour des enseignants de ma génération, il ne me semble pas que la…

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Pas d’antisémitisme, ni dans les cortèges, ni dans les têtes

in Prises de positions by

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien. Repartons comme en 40. Un cortège de tête antisémite, ça vous tente ? Cachés derrière les Palestiniens, on se mettra devant le mouvement social et puis après avoir pris la photo de nos banderoles d’appel au boycott actif d’Israël ou la pancarte « Israel ethnocratie sans frontière biberonnée en dollars », on ira traquer le sioniste dans Paris. Et si arrive encore ce qui est déjà arrivé, quand une synagogue aura été attaquée, quand des vitrines de magasins juifs auront été brisées, on haussera les épaules, pas notre faute si des gens interprètent de travers, la faute à la LDJ, plutôt, tout est de la faute de la LDJ. Les antisionistes parisiens comme toutes les autres forces politiques et syndicales, ont pris acte de la présence pérenne depuis 2016 d’un cortège de tête dans les manifestations. Ils font aujourd’hui abstraction du fait qu’il s’est constitué en dehors de toutes les forces d’encadrement car cela ne les arrange pas. Et mine de rien les voilà qui diffusent, notamment sur le site Paris Luttes Infos pour la manifestation de ce samedi 26 mai, l’appel « Cortège de tête du 26 mai-Gaza zone à défendre ». Une provocation soigneusement calibrée, au mot près, une tentative, un test. Qui suivra dans la zone brune ?

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A l’origine du journal Libération, l’APL, l’Agence de Presse Libération

in Mémoires Vives by

Le 18 juin 1971 une petite agence de presse est créée par des militants maos de la Gauche Prolétarienne et Maurice Clavel journaliste résistant catholique et gaulliste de gauche. J’imagine que la date du 18 juin fut choisie par ce dernier, en souvenir de l’appel du 18 juin 40. Cette agence de presse fut la matrice du journal Libération et j’ai vécu cette aventure. Comment le projet d’une agence de presse, d’extrême gauche, révolutionnaire, porté par les maos et quelques journalistes engagés put-il voir le jour et donner naissance à un nouveau journal Libération quelques mois plus tard ? 3 ans à peine après mai 68, les mouvements d’extrême gauche qui se voulaient pour la plupart révolutionnaires en France contestaient les pouvoirs établis: l’Etat et sa police, le capitalisme et la violence des milices patronales, le patriarcat puisque le mouvement de libération des femmes commençait à s’organiser en marge des groupuscules révolutionnaires où les hommes dominaient largement la parole et l’action, l’impérialisme qu’il soit américain ou soviétique (la guerre du Vietnam et la répression du printemps de Prague étaient encore très présents dans nos esprits), sans parler de l’antisionisme qui à l’époque ne se confondait pas encore avec l’antisémitisme. Le sionisme nous apparaissait en effet depuis l’occupation prolongée des territoires conquis en 67 comme un nouvel impérialisme à la solde de l’Amérique et nous n’hésitions pas à nous déclarer, pour certains d’entre nous, juifs et antisionistes[1]. La répression était terrible. Les mouvements d’extrême gauche étaient immédiatement dissous par l’Etat, les manifestations…

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Le Printemps Républicain, la social-démocratie au service de l’extrême droite

in Chroniques de la violence brune by

Depuis l’affaire Mennel, du nom de cette jeune chanteuse de The Voice harcelée par la meute de racistes pour ses vieux tweets, le Printemps Républicain vit des moments difficiles. C’était censé être une grande victoire: Mennel Ibtissem, après s’être excusée de ses vieux tweets a finalement quitté l’aventure The Voice. Mais ça s’est vite retourné contre le Printemps Républicain qui n’a finalement pas assumé sa victoire. Il faut dire que pousser une jeune fille de 22 ans à quitter une émission de télé-crochet n’avait rien d’une héroïque défense de la laïcité et de la lutte contre le fascisme et l’intégrisme. Le Printemps Républicain a gagné mais personne ne les a suivis et pire encore, le public de The Voice a trouvé que c’était vraiment dommage pour la jeune Mennel qui chantait super bien. Et ce, sans globalement approuver le contenu tristement antisémite et conspirationniste de tweets postés quelques années auparavant, par une jeune fille qui, à ce moment là, comme des millions d’autres personnes était effectivement influencée par les diverses propagandes fascistes, à ce point banalisées qu’elles sont postées comme on poste des photos de chats. Le problème du Printemps Républicain sur cette affaire n’a pas été un soutien au contenu inacceptable des messages diffusés: mais le fait que les gens ont compris massivement que seul le profil de cette candidate là a été fouillé, qu’on aurait pu sans nul doute trouver des choses similaires sur des dizaines de candidatEs de ce genre d’émissions, mais que seul le voile porté…

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Des fleurs aux « nègres » inconnus

in Mémoires Vives by
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« On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. L’Histoire n’est pas le passé, c’est le Présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes notre histoire. » James Baldwin Cela se passe à Lisbonne – à Belém plus exactement – dans le Jardim do Ultramar. Le jardin d’Outremer a été créé au début du siècle dernier. Ses sept hectares sont plantés d’espèces exotiques très rares, africaines et asiatiques. On s’y rend pour l’époustouflante allée de palmiers, pour son lac, pour le jardin japonais caché. On y admire les essences tropicales provenant des anciennes colonies. On s’y rend après la visite du monument aux découvertes (le Padrão dos Descobrimentos), proue de bateau immaculée sur l’embouchure du Tage, pointant les horizons merveilleux que ses héros ouvrirent pour le Portugal et l’Europe en partant depuis ce point à la conquête d’un monde qui leur appartenait forcément. On ne peut le regarder, superbe de blancheur et de promesses, que gonflé de quelque chose qui ressemble à l’orgueil des fils d’aventuriers. On oublie souvent que ce monument fut construit en 1941 sous la dictature du nationaliste Salazar et qu’on ne peut en ignorer le dessein… Ils sont deux. Au milieu des touristes qui déambulent dans le jardin d’Outremer, plus personne ne les voit. Ils sont des espèces exotiques parmi des espèces exotiques. Des spécimens, pas des personnes. Ils ne sont pas là pour eux-mêmes mais pour représenter leur espèce. C’est le sommet de…

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Théâtre de l’absurde

in Révolution by

Hier soir à l’Odéon, une commémoration de mai 68 était célébrée. Ce lieu fut le théâtre de cette revolution rendant l’utopie possible dans la lutte contre l’asservissement aux structures imposées et la quête de nouvelles plus adaptées aux hommes. Dehors, des étudiants demandaient à entrer gratuitement. Après tout, il s’agissait de mai 68, pas d’un produit culturel marchandable. Les organisateurs ne savaient-ils pas que les manifestations étudiantes actuelles faisaient écho aux évènements d’il y a cinquante ans?

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Tal Bruttmann: L’antisémitisme n’est pas propre à la droite ou l’extrême droite, il a toujours été présent sur l’ensemble de l’échiquier politique

in Entretiens by &

Un entretien avec Tal Bruttmann historien, spécialiste de la Shoah. LC : Commençons par la fin. Quand on te demande pour qui tu écris, tu dis «  pour ceux qui veulent savoir ». Et tu ajoutes, à propos de certains de tes articles, qu’ils sont lus à peu près autant que des poèmes en auto-édition. A côté de ça, une bonne partie de l’activité négationniste a consisté ces vingt dernières années à penser et à mettre en œuvre, ce qu’on pourrait appeler une contre-éducation populaire. Eux, pour imposer leur propagande, ont massifié les mensonges sur le nazisme et le génocide, ont réussi à exploser toutes les barrières sociales qui font que plein de gens n’ont même pas l’idée de s’intéresser à l’Histoire. Est-ce qu’à un moment, en tant qu’historien, tu ne t’interroges pas avec tes collègues sur la nécessité et l’intérêt d’organiser une contre-offensive tout aussi massive ? Une partie de la production des historiens, les articles scientifiques notamment, s’adresse à un cercle restreint, en raison de la nature pointue ou technique de ces articles, publiés dans des revues spécialisées. Ce qui ne veut absolument pas dire que l’histoire ne doit pas être vulgarisée et diffusée auprès du plus grand nombre. C’est l’autre face du boulot d’historien. Mais on ne peut forcer personne à lire. Sauf que l’essentiel de la vulgarisation en histoire passe de fait par d’autres biais, comme les documentaires à la télé, voire des revues grand public. Et entre un livre qu’il faut aller acquérir, ou emprunter dans une…

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Berlin: Une semaine de soutien à la révolution syrienne face à la propagande des prétendus pacifistes

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Trois évènements avec des ressemblances frappantes, vus à travers les yeux d’une Berlinoise : Une manifestation pro-Assad, Les veilles du lundi (« Montagsmahnwachen ») et une manifestation de Die Linke. Comment est-ce possible que, depuis 7 ans, les Syriens meurent sous les bombes de Poutine et d’Assad pendant que le monde entier les regarde et qu’au lendemain de l’intervention des Etats-Unis et ses alliés, qui dure à peine une heure, 1000 personnes descendent dans la rue à Berlin pour crier « non à la guerre ! » ? Qu’au-dessus de ces prétendus rassemblements « pour la paix » flottent les drapeaux fascistes d’Assad et de Poutine, se mélangeant en parfaite harmonie aux couleurs arc-en-ciel et au blanc de la colombe ?

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Folklore de la zone mondiale, spectacle, tendresses, grimaces et solidarités

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Comme d’habitude, on fera d’abord la grimace. On n’aime pas les têtes, celles qui prennent toute la place sur l’affiche, parce qu’elles ont la gueule de l’emploi de l’actu du jour. D’accord, on n’aimait pas le “carré de tête”, ses dirigeants compassés, bras dessus, bras dessous, soigneusement sélectionnés et par qui d’abord, pas par ceux qui manifestent derrière, bien plus larges que les seuls syndiqués. Mais que le cortège de tête lui soit passé devant, on n’aime pas non plus. C’est plus facile d’en être, diront-ils sous les cagoules, oui mais qui a décidé que la tête de cortège devait porter cagoule, casser des trucs, et avoir des banderoles spirituelles et décalées ? Même si ça fait tellement rire de voir les obtus de BFM TV les commenter, la question reste, qui a décidé ? C’est toujours la même chose, on voudrait qu’il n’y ait pas de tête. Mais toutes les têtes, celles qui luttent timidement, celles qui sont venues juste pour marcher, c’était le 1er mai, le 1er mai, c’est le jour de tout le monde et donc, oui, du plus petit dénominateur commun, désolés, on est certains à avoir des désirs modestes, certains jours, juste marcher. Et être vus à marcher.

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Une élève du lycée Marcelin Berthelot et sa mère menacées d’expulsion

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Une élève du lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur et sa mère menacées d’expulsion Veronika et sa mère sont arrivées en France en 2013. Elles ont fui l’Ukraine où leur intégrité physique et leurs vies étaient menacées. Veronika a un permis de séjour qui prendra fin juste après le bac tandis que sa mère a reçu une “obligation de quitter le territoire français” pour le 13 avril 2018. Compte tenu des circonstances – cette élève est fille unique, son père est décédé, sa mère est malade et son retour dans le pays d’origine présente des risques majeurs – elle ne laissera pas sa mère repartir seule… Elle devra donc renoncer à son baccalauréat, à ses études de droit et à tous les projets pour lesquels elle s’est battue et a fait tant d’efforts. Lire la suite de la pétition adressée au Préfet du Val de Marne par le collectif de soutien local et la signer ICI

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“Bachar à la ZAD”, un slogan sale

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“Macron fait son Bachar à la ZAD”. Cette photo de tag apparue sur le net suscite les réactions. Car il dit beaucoup de la recomposition politique et du confusionnisme ambiant. Ce qui surprend dans ce slogan c’est qu’il est tout à la fois une reconnaissance des crimes de Bachar al Assad et leur négation par la mise en équivalence avec les lacrymos de Macron. Tout en « humour » évidemment, une blague potache. De façon significative on reproche aux Syriens où à ceux de leur défenseurs qui ne goûtent pas la blague de manquer de sens du second degré ou de ne pas être capable de saisir le jeu de mot. Pour tenter d’en comprendre toute la puissance nous avons cherché un peu l’origine de ce jeu de mot sur Twitter.

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Tyrannie des minorités: de Macron à Autain, le discours fasciste se recycle en boucle

in Chroniques du déni by

“L’objectif est toujours de réconcilier et unir, on ne le fera pas en un jour, pas par l’inaction, pas en cédant à la tyrannie de minorités qui se sont habituées à ce que l’on leur cède”. Emmanuel Macron 15 avril 2018. Et c’est ainsi que le Président utilisa, contre les luttes sociales, le concept de ” tyrannie des minorités”, popularisé par tous les racistes et tous les antisémites. Le glissement idéologique, s’il n’est pas original, est significatif. Lors de la campagne des primaires de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy, lancé dans une tentative frénétique de recherche des voix de l’extrême-droite l’avait également utilisée, en affirmant que ” la République reculait chaque jour davantage devant la tyrannie des minorités”. Lesquelles selon lui, étaient constituées en vrac par “les lycéens”, les “casseurs”, les “zadistes” et les “islamistes radicaux”.

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Syrie: la Dictature, c’est la Paix ?

in Chroniques du déni by

Londres 13 avril 2018: les prétendus mouvements anti-guerre appellent comme partout en Europe à se mobiliser “pour la paix en Syrie”. Leur définition de la paix en actes: le drapeau de la dictature d’Assad flotte sur leur manifestation. Issu du compte twitter de Peter Tatchell, activiste opposé aux frappes mais opposé au régime de Bachar al Assad

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#5mai: le confusionnisme qui casse

in Chroniques du déni by

Mercredi 4 avril François Ruffin, député insoumis, revenait à la bourse du travail tenter de lancer une proposition, une grande manifestation avec lui un samedi: #AvecMoile5Mai. L’idée n’est pas de rejouer la Nuit Debout mais Ruffin avait quand même pensé à ramener les mêmes ingrédients: Frédéric Lordon, Loïc de Jolie Môme et la fanfarre qui permet d’éviter que la salle n’émette trop d’idées d’organisation démocratique. Rapidement renommée “La Fête à Macron” histoire d’avoir un but, le #5mai fleurit sur les comptes insoumis et tente de se doter de comités d’organisations. Lordon explique que la date du 5 mai fut choisie par commodité. En effet, le 28 avril la grève des cheminots empêchait les gens de venir en train et puis c’était les vacances de la zone parisienne. Et le 1er mai ça aurait eu l’air d’être à la remorque des syndicats. Donc le 5 mai “Toutes les organisations, politiques, syndicales, associatives, sont invitées à se l’approprier – pourvu qu’elles soient capables du discernement minimal et d’accepter de se fondre dans un ensemble plus vaste qu’elles.” Martinez a annoncé que la CGT ne comptait pas participer. Le lendemain, 5 avril, Olivier Besançenot, Benoît Hamon, Pierre Laurent et François Ruffin se retrouvaient à Woincourt pour défendre les lignes de proximités…

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