"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Racisme

Le crime d’Elias d’Imzalene: avoir eu raison trop tôt

in Chroniques de la violence brune/islamophobie by

  Les 7 et 8 janvier, la Cour d’Appel de Paris rejugera Elias d’Imzalène. Deux journées d’audience pour quelques phrases prononcées en manifestation. Deux journées pour décider si une parole militante relève de l’expression politique ou de la menace pénale. Ce procès en appel ne porte pas seulement sur des mots. Il porte sur qui a le droit de les prononcer, et à quel prix. Il porte sur la transformation progressive d’un activiste des droits humains en ennemi intérieur. Ce qui est jugé aujourd’hui, c’est une parole qui, en septembre 2024, a nommé ce que beaucoup refusaient encore de dire — et qui l’a fait trop tôt, depuis une identité immédiatement illégitime : celle d’un militant musulman. Depuis, pourtant, les lignes ont bougé. De plus en plus de voix, issues d’horizons différents, affirment publiquement que ce qui se passe à Gaza porte bien le nom de génocide. Des ONG, des juristes, mais aussi des figures intellectuelles et culturelles dont la légitimité est largement reconnue dans le monde occidental. Parmi elles, celle de Omer Bartov, historien de la Shoah, professeur émérite à l’université Brown, spécialiste reconnu des crimes de masse. À l’été 2025, dans une tribune publiée en une du New York Times, il affirme explicitement que ce qui se déroule à Gaza relève du génocide. Cette prise de position est majeure : elle émane d’un chercheur qui a consacré sa vie à l’étude de la destruction des Juifs d’Europe et qui, longtemps, s’est montré prudent dans l’usage de ce terme.…

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Mémoire de ratonnades, quand Auxerre annonçait Romans sur Isère

in Chroniques de la violence brune/Mémoires Vives by

J’ai publié ce texte en 2012, sur un blog antifasciste confidentiel. Les incendies criminels et les ratonnades d’Auxerre me sont revenus brusquement en tête après avoir vu la ratonnade à Romans sur Isère, qui a fait réagir beaucoup de commentateurs non issus de l’immigration musulmane, comme si c’était une horreur nouvelle et inquiétante. Je me suis rappelé ma terreur sourde, dix ans en arrière quand cette violence était de plus en plus flagrante pour qui s’y intéressait, c’est à dire était capable de lire jour après jour la presse locale, les brèves ici et là. L’émergence de la peste brune extra-légale en même temps que la banalisation de l’extrême-droite parlementaire. Ces groupes néo nazis,qui se ressemblaient les uns les autres dans leur composition sociale: des jeunes imprégnés par les mythes et les appels aux meurtres des suprémacistes blancs américains et puis des policiers et des militaires. Ce fut le cas à Auxerre mais aussi toutes les années 2000 et 2010 à Carcassonne et Castres, villes de garnison où l’on brûle des mosquées et ou l’on chasse le “raton”, comme on va au bal, entre jeunes et paras. Dix ans plus tard, ce sera aussi la composition d’un groupe Telegram de 8000 personnes FrDeter, démasqué par des journalistes communautaires musulmans juste avant de passer à l’acte et de commettre des attaques armées contre des mosquées et des activistes musulmans. Les ratonnades d’Auxerre ont commencé en 2004 et 2005, en même temps que perçait un blog peu connu en dehors des cercles…

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Réflexions intempestives sur le drame de Nanterre

in islamophobie/Révolution by

Beaucoup de choses ont été dites, écrites, pensées à propos de l’évènement de Nanterre : violences policières, racisme institutionnel, révolte populaire, etc. Je me propose ici même d’apporter une tentative d’éclaircissement, plus ou moins exhaustif, plus ou moins iconoclaste – selon le point de vue –, s’appuyant sur différents travaux, prises de position, et de mes réflexions personnelles sur le sujet. § 1. Le monde vu par la police – Si l’on se rapporte à la « présentation générale » que propose le Ministère de l’intérieur, les différentes fonctions de la police s’avèrent être les suivantes : « Dans cet esprit républicain, la loi d’orientation et de programmation relative à la sécurité de janvier 1995 a énoncé les missions prioritaires de la police nationale, confirmées par la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure d’août 2002 : La sécurité et la paix publiques, consistant à veiller à l’exécution des lois, à assurer la protection des personnes et des biens, à prévenir les troubles à l’ordre public et à la tranquillité publique ainsi que la délinquance ; La police judiciaire, ayant pour objet, sous la direction, le contrôle et la surveillance de l’autorité judiciaire, de rechercher et de constater les infractions pénales, d’en rassembler les preuves, d’en rechercher les auteurs et leurs complices, de les arrêter et de les déférer aux autorités judiciaires compétentes ; Le renseignement et l’information, permettant d’assurer l’information des autorités gouvernementales, de déceler et de prévenir toute menace susceptible de porter atteinte à l’ordre public, aux institutions, aux intérêts fondamentaux de la Nation…

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Pro-choix, avec le Planning Familial, contre la transphobie et l’islamophobie

in Féminisme by

Que dire au sujet de l’affiche du Planning Familial représentant un homme enceint et surtout au sujet de la polémique qui dure depuis quelques jours ? En tant qu’homme trans, je pourrais être enceint. Ce n’est pas le choix que j’ai fait car je suis un peu binaire et pour moi c’était le rôle de sa mère de porter mon fils et de l’allaiter, mais j’aurais pu le faire. En 2017 les personnes trans n’ont plus été obligées d’être opérées, et donc de devenir stériles, pour changer de genre administrativement. Et bien sûr il y a des conséquences : les trans peuvent garder tout ou partie de leur corps biologique tout en vivant dans le genre qui leur convient. Il y a a donc des hommes enceints, des hommes qui allaitent et dans certaines maternités on peut parfois entendre “Poussez, Monsieur !” C’est la vie. C’était prévisible qu’à avoir gagné autant de droits et autant de visibilité en si peu de temps la communauté trans s’attire les foudres réactionnaires et leur panique morale qui charrie des torrents de merde transphobe. Les hommes trans devraient renoncer à leur utérus, un homme enceint c’est contre-nature, ce sont des délirants qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, leur délire prendra bientôt fin comme en Angleterre. Je ne veux pas avoir l’air zemmourien mais encore une fois, c’est de la faute des arabes : si le Planning Familial n’avait pas eu l’outrecuidance de tolérer les femmes voilées, peut-être qu’il ne serait pas…

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Soutenir Hassan Iquioussen, défendre les libertés contre le séparatisme islamophobe

in islamophobie by &

En France, pour la majeure partie de la population, le délai de prescription des crimes est de 20 ans, celui des principaux délits de 6 ans, celui des délits de presse de trois mois. Hassan Iquioussen, imam du Nord de la France fait actuellement l’objet d’une procédure d’expulsion pour des propos qui n’ont fait l’objet d’aucune poursuite, d’aucune condamnation. Des propos qui auraient été tenus en 2004, 2005 et 2014. Il y dix-huit ans ou huit ans au plus. Hassan Iquouissen est musulman et responsable religieux. Il est français autant qu’on peut et que l’on souhaite l’être ou pas, lorsqu’on est né en France en 1964, qu’on a 58 ans, qu’on a vécu toute sa vie ici, que l’on y a son parcours professionnel et politique, sa famille, ses amis et ses ennemis. Aussi peu qu’on peut l’être lorsqu’on est issu de l’immigration musulmane, et qu’au fil des années, l’état nous a refusé plusieurs fois la nationalité française, pour motifs politiques. Aussi bien, Hassan Iquioussen, comme nous tous, est-il depuis la loi Séparatisme qui détruit sa vie et celle des siens, juste issu de l’immigration musulmane. C’est à dire soumis à un régime d’exception, dont toutes les règles ont créé une zone grise, où les libertés civiles, politiques et religieuses s’appliquent “sous réserve de” . Sous réserve du bon vouloir du pouvoir exécutif et de ses organes administratifs. Dans cette zone grise,  on a le droit de croire en Dieu et de le dire, seulement si Dieu est un autre,…

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La controverse de la Paillade

in Antisémitisme/islamophobie/Laïcité/Religions by

§ 1. « Le Français de confession musulmane peut-il, oui ou non, faire de sa foi, la forme-de-vie principale de son existence en terre hexagonale, dès lors où il respecte les lois du pays ? » On croirait réentendre ici les vieilles questions du XVIIIème et XIXème siècle, en France et en Allemagne particulièrement, au sujet des Juifs et de leur rapport aux sociétés modernes. C’est pourtant la seule question à laquelle, au fond, doivent répondre tous ceux qui, aujourd’hui-même, crachent de plus en plus ouvertement leur haine et leur dégoût vis-à-vis de leurs concitoyens musulmans. Et si ce n’est pas une question explicitement formulée, la « question » est déjà à l’œuvre de façon tout à fait effective sous forme de « problème », puisque les Musulmans sont systématiquement problématisés dans le débat public et les différentes mesures gouvernementales. Alors, qu’ils y répondent franchement, une bonne fois pour toute, sans ambages ni faux semblants ; qu’ils déversent donc tout ce que le ressentiment sait faire de meilleur en matière de vindicte populaire. § 2. Mais reformulons la question : « Peut-on, en France, si l’on a considéré en son âme et conscience que l’idéal de la ‘‘vie bonne’’ serait incarné, à tort ou à raison, par la ‘‘religion musulmane’’ ; peut-on, disions-nous, épouser cet idéal de la ‘‘vie bonne’’, dès lors où celui-ci ne contreviendrait pas aux normes établies ? » Et si nous posons la question, c’est que les « commentaires » que nous avons eu le malheur de pouvoir lire ci et là, récemment, au sujet de cette…

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Suis-je racisée ?

in Antisémitisme/Féminisme/Mémoires Vives by

A. me dit : “tu es racisée parce que tu es juive, et d’ailleurs tu n’es pas blanche.” l’injonction actuelle à l’assignation identitaire de « race » pour dénoncer le racisme social ne me convient pas. Je ne parle que pour moi, pas pour lui. Lui étant juif métis descendant d’esclaves avec ses cheveux frisés, crépus qui évoquent l’Afrique, lui dont tous les adultes jeunes ou vieux de ma famille ou d’ailleurs voulaient toucher les cheveux lorsqu’il était enfant et l’embrasser même si lui comme tous les enfants redoutait ce contact imposé, je comprends qu’il se dise racisé et pas blanc. Mais moi ? Je suis née juste après la guerre, juive je l’étais parce que mes parents l’étaient et tous mes ancêtres aussi, mais toute ma famille était laïque et assimilée depuis longtemps et s’il n’y avait eu la Shoah notre judéité aurait probablement disparu ou presque. Mais il y eut les années trente, le nazisme, la guerre la déportation et l’extermination des juifs d’Europe et ma famille, mes parents furent eux aussi pris dans la tourmente. Heureusement bien que résistants ils survécurent. Chacun repris sa vie, les uns, mes grands parents restèrent en exil aux Etats Unis où ils s’étaient réfugiés dès 1941, mes parents se séparèrent après ma naissance et je fus élevée comme tous les enfants de ma génération juifs ou non, enfants de résistants, de collabos, ou simplement de bons français qui s’étaient contentés de subir l’occupation sans réagir outre mesure, nous, ceux que l’on appela les baby boomers,…

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Une autre ballade de Willy Brouillard

in Instants/Révolution by

J’emploie pas de grands mots pour dire des choses simples, j’ai pas été suffisamment longtemps à la fac pour ça peut-être ou alors juste j’arrive à penser des choses complexes avec des mots simples, en tout cas je ne me sens pas “post-moderne” ni “déconstructiviste” mais j’ai dû déconstruire la violence. Ma propre violence, interne, qui venait de mon enfance, du fait que les gens qui m’ont aimé m’ont violenté, alors je croyais qu’aimer c’était violenter les gens. Et la violence de la société, des années 1980 durant lesquelles j’ai grandi. Je fais partie d’une toute petite minorité, parfois invisible parfois très visible, très discriminée, c’est la plus discriminée en France, je suis transgenre. Avant j’étais considéré comme lesbienne, et j’étais discriminé aussi, l’homophobie est très présente. J’ai mis quarante ans à débarrasser mon cerveau de toutes les saloperies qu’on y avait fourrées. J’ai été raciste, j’ai été sexiste, j’ai été validiste, j’ai été grossophobe, etc. Ce travail sur moi je l’ai fait pour pouvoir me regarder le matin dans la glace, pour éduquer mon fils à être meilleur que j’ai été, et surtout parce que j’estime que tout être humain doit être traité correctement, quoi qu’il soit, quoi qu’il ait fait. Quand je dis que j’ai mis des années c’est la vérité, je partais pourtant de moins loin que la plupart. Pendant quinze ans j’ai été policier, et là je ne sais pas si je vais pouvoir continuer, parce que c’est dur. C’est dur de travailler avec des gens…

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Pour nier les rapports de domination existant, il faut un logiciel raciste

in Chroniques du déni/Laïcité by

Que certains souhaitent imaginer l’avènement d’une société égalitaire où les rapports de domination auraient disparu est tout à fait louable. C’est même quelque chose de gauche. Que ceux là même souhaitent l’avènement de cette société par l’émancipation et l’émancipation par la République, pourquoi pas. (Même si ceux qui souhaitent une telle société devraient semble-t-il parler un peu plus d’école qui est l’outil de la République pour l’émancipation et un peu moins d’Islam qui est l’obsession raciste des islamophobes). Mais la négation pure et simple des rapports de domination existants, confronté au réel malheureusement ça ne marche pas. Il faut pour ce faire recourir à un certain logiciel qui va permettre: – de nier les rapports de dominations en les imposant, – de poser que la contestation des rapports de domination est une carte victimaire destinée à obtenir des avantages à celui qui en use, (injustice faite à celui qui ne subit pas d’oppression et ne peut pas jouer la carte). – de rendre les victimes responsables de leur oppression. Ce logiciel est donc intéressant à analyser car il est la matrice de tous les racismes. Dans le dernier entretien que livre Laurent Bouvet au journal le Point, entretien salué par ses pairs, Laurent Bouvet repose les bases de la pensée politique du Printemps Républicain, et avec elles, les ambivalences et les contradictions fondamentales au mouvement, ainsi que le logiciel qu’il utilise pour dépasser ces contradictions. “Je ne suis en rien un identitaire, déclare Bouvet, bien au contraire, puisque je suis…

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Le Printemps Républicain veut avoir peur, mais surtout pas d’Eric Zemmour

in Laïcité by

Avoir peur ou ne pas avoir peur. C’est un peu le grand dilemme actuellement du Printemps Républicain face à ce que raconte Eric Zemmour et qui les touche en plein cœur. Le Printemps Républicain est composé de deux types de personnes: des Juifs qui ont peur, et des antisémites qui ont découvert qu’ils auraient le droit d’être antisémite tant qu’ils se prétendraient islamophobes. Tant que le “nouvel antisémitisme” ce sont les Musulmans, le vieil antisémitisme de Drieu ou de Céline peut se dérouler sur papier bible et se ranger proprement dans les bibliothèques, c’est l’idée maîtresse de ces courants.

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