"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Ecole

La sage Sofia, conte musulman pour petites filles aux allumettes .

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Comment redonner espoir aux petites filles dont la vie ne ressemble pas aux récits antiracistes et/ou féministes de Netflix ? Celles pour qui le malheur quotidien ne cesse pas parce que la petite princesse est tellement forte et merveilleuse qu’elle dépasse toutes les oppressions générées par une société injuste en trois épisodes. C’est une question que se posent beaucoup de parents aujourd’hui. Parce qu’ils sont pauvres et que leurs enfants vivent la stigmatisation sociale et la privation de consommer tous les jours, et de pire en pire. Parce que juste un livre pour enfants de temps en temps, c’est déjà un effort et que leurs filles se comparent forcément avec celles qui ont tout. C’est aussi une question qui touche toutes les mamans dont la fille n’est pas une petite Barbie -même racisée, mais est impopulaire parce que trop grosse, pas assez valide, trop timide. C’est surtout une question que se posent souvent les parents qui sont absolument désolés de ne pas correspondre aux modèles de parentalité des réseaux, ceux qui n’osent pas inviter d’autres enfants pour l’anniversaire des leurs, ceux qui refusent toujours que leur gosse parte en vacances chez d’autres parce qu’ils ne pourront pas renvoyer l’ascenseur. Ceux qui se sentent tout simplement trop différents dans une société où la liste des différences positives est établie de manière exhaustive par le gouvernement et la plupart des gens. L’histoire de la sage Sofia, petite fille musulmane, est de celles qui sont faites pour ces familles-là. Sofia est une petite fille…

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Épidémie, école, mensonge et vérité : sur le cas Blanquer et à propos de notre santé mentale à tous-tes

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Après des mois de mensonges ministériels en toute impunité, il semblerait que Jean-Michel Blanquer ne jouisse plus de son immunité médiatique. Enfin ! Et puisque le hasard fait bien les choses, cette semaine lors de laquelle les vrais chiffres de contamination dans les établissements ont été publiés par le Ministère de la Santé, élan suivi par tous les médias, correspond exactement au moment où le Ministère de l’Éducation nationale a jugé opportun de publier un visuel affirmant ceci : « Aller à l’école, c’est être en bonne santé ». Ces derniers jours, c’était aussi la Semaine de la Presse et des Médias dans l’école, une occasion en or de travailler sur la notion de « vérité alternative ». Un-e enseignant-e taquin-e aurait tout à fait pu se servir de cette plaquette ministérielle pour disserter avec ses élèves sur la notion de vérité. Tout un débat philosophique aurait même pu s’en suivre. En effet, cette simple affirmation – Aller à l’école, c’est être en bonne santé -, qui a agacé plus d’un pédagogue cette semaine, en dit très long sur le rapport à la vérité qu’entretient notre gouvernement, et derrière lui la plupart des politiques. <h2<Être éducateur en temps de pandémie J’introduis en rappelant ce que savent déjà tous-tes les personnel-les de l’éducation : personne parmi nous n’aurait pu imaginer un jour vivre, professionnellement parlant, une année aussi odieuse que celle-ci. En septembre dernier, nous avons été envoyé-es au travail sans aucune préparation sérieuse, sans aucune prise en compte de la rupture pédagogique créée par le confinement du…

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Qui est séparatiste ? Entretien avec Zinedine Gaid, professeur de philosophie, MHS Paris

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Zinedine Gaid est enseignant en philosophie. Il travaillait auprès des élèves du collège/lycée MHS, établissement parisien privé universaliste, acceptant le port des signes religieux. L’établissement a été fermé le 23 novembre pour « raisons administratives », et présenté par les autorités comme un repaire de dangereux séparatistes. Lorsque je lui ai proposé cet entretien, je ne savais pas s’il accepterait dans la situation extrêmement difficile qui est la sienne, peu propice à la réflexion intellectuelle. Et je ne m’attendais certes pas à recevoir un travail de cette ampleur, pour lequel je le remercie infiniment . Bien loin des débats empoisonnés, grossiers et absurdes qui font le miel des polémistes en ce moment, on trouvera ici le récit d’une persécution, mais aussi et surtout l’affirmation d’une pensée libre qui se refuse au cadre défini par la persécution. Si vous souhaitez soutenir le projet MHS, mais aussi ses élèves et ses salariés, vous pouvez les contacter sur leur page Facebook, où vous trouverez leur parole à toutes et tous. Zinedine Gaid écrit également sur les sujets abordés ici sur le site Mizane.info ______________________________________ Nadia Meziane: D’abord où en êtes-vous, concrètement, après la fermeture définitive de votre établissement, en tant que communauté éducative ? Question très terre à terre, mais vous avez vécu une offensive répressive, idéologique, vous avez été, en tant que professeurs et élèves attaqués publiquement. Et du jour au lendemain, vous vous êtes retrouvés sans travail et pour les élèves, sans collège ni lycée. Votre directrice est interdite d’exercer et doit payer une…

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Le désir de révolution et le religieux au temps de 68

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En 1968, nous les jeunes militants révolutionnaires rêvions d’un autre monde et nous étions sûrs qu’il allait advenir. En pleine guerre froide alors que la décolonisation commençait à peine et que nous sortions de deux guerres coloniales sanglantes en Indochine et en Algérie, deux défaites pour la France, alors qu’au Vietnam les gouvernements américains s’enlisaient dans une interminable et terrible guerre contre les combattants de la liberté et que la jeunesse progressiste luttait à la fois pour les droits civiques et contre la guerre qui les décimait, nous rêvions de Révolution. L’ « immigré » Il n’y avait pas de jeunes immigrés ou « issus de l’immigration » dans les banlieues. Les immigrés qui venaient en France travailler dans les usines automobiles, vivaient pour la plupart seuls dans des foyers sordides, deux ou trois par chambres minus­cules. Ils dormaient sur des lits superposés de métal et parfois lorsqu’ils faisaient les trois-huit, ils se partageaient le même couchage à des horaires différents. Ils préparaient collectivement leur nourriture dans des grands chaudrons sur des réchauds à gaz ou à alcool. Le soir, ils se retrouvaient devant le couscous le plat de poisson ou au café. Sans femmes, sans enfants, ceux-là étaient au pays, dans leurs tribus ou leur bled aride et mi­sérable. L’ouvrier immigré ne rentrait chez lui qu’une fois par an s’il avait pu économiser pour payer son voyage. Le regroupement familial n’existait pas. « L’immigré » était mascu­lin, seul et adulte. D’ailleurs il n’y avait pas encore de barres d’HLM en banlieue, ou si peu. Par…

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A l’école de la Pandémie, récit .

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J’ai rédigé ce long récit début juillet 2020. Puis alors que le déni s’installait sur la poursuite de la pandémie, il m’a semblé inutile, redondant, paranoïaque, exagéré. Peut-être l’est-il, le témoignage subjectif sur cette pandémie ne pourra être validé que bien plus tard, lorsque les historiens feront leur travail. En attendant, alors que ce qui est appelé « deuxième vague » est enfin reconnu par les autorités et une grande partie de la population, sans que cela change quoi que ce soit à une politique sanitaire désastreuse,  ce retour dans le futur proche de l’école publique sera là comme trace parmi des milliers d’autres. Merci à toutEs les collègues, et à toutEs les élèves pour le courage, la solidarité, l’espoir . ________________________ Je vais commencer par la fin. Je suis AESH, accompagnante d’élèves en situation de handicap et si j’ai décidé que, finalement, raconter cette période avait un intérêt, c’est parce qu’elle s’est  terminée de manière tristement prévisible. Un matin de la  dernière semaine avant les vacances d’été, nous avons appris qu’un élève de ma classe avait été testé positif.  L’élève avait juste des nausées et il était donc absent depuis quelques jours. Ce matin là, finalement l’école a quand même ouvert. Des parents et des enfants attendaient devant la porte, et nous n’avions aucune consigne. En attendant, les élèves sont donc montés dans la classe comme à l’accoutumée. Puis une personne de la médecine scolaire est arrivée et s’est entretenue très longtemps avec l’enseignante. Un interrogatoire avec tableaux Excel, plus qu’un…

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Une autre histoire

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Aujourd’hui, je commençais à 10h45. Un collège de Bruxelles. Cours de français. C’est l’heure de l’atelier d’expression. Les adolescent.e.s ont entre 14 et 16 ans. Ils sont une vingtaine, toutes et tous sont racisé.e.s, la plupart vivent des situation de grande précarité à la maison. L’un est élevé seul par une maman mourante. Il s’occupe de ses cadets. Ils vivent de colis alimentaires… Mais c’est une autre histoire. L’autre est placée dans un internat. Son frère est mort en Syrie pour un mauvais jihad. Parfois, elle fugue. Quand elle avait 12 ans, j’ai vu une pilule du lendemain dans son sac. Elle est sous l’emprise d’une bande de gars qui abusent d’elle dans des hôtels… Mais c’est une autre histoire.

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