"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Mépris de classe

Une journée dans sa tête

in Chroniques de la violence brune/Instants by

Il faut que j’écrive, je me suis dit en sortant du procès de Marsault et de ses deux acolytes jugés pour harcèlement contre Mégane Kamel. Cette journée du 7 décembre aura été un enchaînement de réflexes et de réactions instinctives, de débordements, d’angoisses, et de stupéfaction. Aujourd’hui, quelques jours plus tard et la pression étant retombée, je tourne et retourne cette idée en buvant des litres de café. Écrire, oui mais pour dire quoi, comment, à qui ? Les questions habituelles mais dans ce cas particulier les enjeux et le trouble sont plus grands. Parce que je sens que c’est un piège, d’écrire sur ce que j’ai pu vivre, moi, Tanx dans cette salle de procès où Marsault était jugé, lui, et a voulu accrocher mon attention particulière à plusieurs reprises. C’est un piège parce que ce procès n’était pas le mien, cette histoire n’est pas la mienne, j’étais là pour faire bloc, j’étais là parmi d’autres, et je n’avais pas réellement pris conscience de l’enjeu de ma présence, j’étais aux côtés de mes camarades et compagnons, féministes et amiEs de Mégane, et pour Mégane. À aucun moment avant que ce procès ne commence je n’avais réalisé ma place particulière. Moi qui pensais venir en simple meuf, je me suis rendue compte que j’étais là aussi en tant qu’autrice, en tant que Tanx, en tant que cible. Quand Marsault m’a saluée, je n’ai pas réalisé encore. Quand il est venu s’asseoir juste à côté de moi non plus. Je me…

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Une autre histoire

in Instants by

Aujourd’hui, je commençais à 10h45. Un collège de Bruxelles. Cours de français. C’est l’heure de l’atelier d’expression. Les adolescent.e.s ont entre 14 et 16 ans. Ils sont une vingtaine, toutes et tous sont racisé.e.s, la plupart vivent des situation de grande précarité à la maison. L’un est élevé seul par une maman mourante. Il s’occupe de ses cadets. Ils vivent de colis alimentaires… Mais c’est une autre histoire. L’autre est placée dans un internat. Son frère est mort en Syrie pour un mauvais jihad. Parfois, elle fugue. Quand elle avait 12 ans, j’ai vu une pilule du lendemain dans son sac. Elle est sous l’emprise d’une bande de gars qui abusent d’elle dans des hôtels… Mais c’est une autre histoire.

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