Communiqué : démocratie française, une dérive annoncée.
Basculement Une alerte à la bombe vise le siège d’un parti politique. Des permanences voient leurs vitres brisées. Une mosquée est attaquée dans un contexte où les lieux de culte musulmans sont déjà régulièrement pris pour cible depuis des mois. Des militantes antifascistes sont doxxées, exposées publiquement, livrées aux menaces et au harcèlement. À Châteauroux, un militant du Rassemblement national se retranche, tire sur les forces de l’ordre, mobilise le RAID. Dans le même temps, sur les plateaux de télévision, des responsables politiques réclament la dissolution des groupes antifascistes et de LFI. L’histoire européenne connaît ces moments où la tension devient un climat. ° L’attentat de Piazza Fontana en 1969. ° Les émeutes du 6 février 1934. La mort de Quentin Deranque est un drame humain. Mais la manière dont un drame est immédiatement intégré dans un récit politique révèle le basculement en cours. De la dédiabolisation à la diabolisation Dans les années 2010, le Rassemblement national a été progressivement normalisé. La dédiabolisation a fonctionné. Aujourd’hui, le mouvement s’inverse. Ce ne sont plus les forces issues de l’extrême droite qui sont traitées comme une menace pour les démocraties, les enseignements des crimes commis au 20ᵉ siècle par le premier fascisme ont été muséifiés. Ce sont les forces qui refusent leur normalisation qui deviennent suspectes. L’antifascisme est désigné comme problème. Évidemment, ce mouvement s’inscrit dans la dynamique occidentale centrée autour des États-Unis dirigés par Trump, avec une proximité assumée des mouvements suprémacistes blancs les plus fanatiques. Ce déplacement structure la séquence…