"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Histoire d’une rencontre, destins croisés

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C’est l’histoire d’une rencontre, entre une Insoumise tendance islamophobe et un antisémite tendance nazi, soutien de Daesh. Entre Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et Marc Edouard Nabe. Une rencontre passée inaperçue, qui a eu lieu quelques jours avant le 14 juillet parait-il et mise en ligne juste avant le premier tour de la présidentielle.

Ce jour là, Sophia Chikirou se laisse donc complaisamment filmer par les amis de Marc Edouard Nabe, avec qui elle discute en toute familiarité. Sa version de la rencontre ? Elle aurait eu l’oeil attiré par un montage dans la vitrine de la galerie présentant Hitler avec une pancarte “Je suis Charlie”, ça lui a plu, elle est entrée.

On peut croire au hasard et la naïveté de la directrice de campagne d’un candidat de premier plan à l’élection présidentielle, qui se laisserait donc filmer par n’importe qui, n’importe quand. Ou pas. Cela ne change pas grand chose au sens du récit officiel de la rencontre mis en scène par Nabe qui poste la vidéo à quelques jours du premier tour des présidentielles dominées par l’avancée du FN: une personnalité centrale du dispositif de la France Insoumise trouve que le promoteur d’une caricature jouant avec le nazisme à propos des victimes d’un attentat fait partie des gens avec qui on peut parler sans prévention ni retenue.

On discute à bâtons rompus, “Ah Zweig je lis tout. – vous connaissez sa bêtise finale? de ne pas avoir cru assez à l’homme?”. Nabe le meilleur imitateur de Céline, celui qui a tellement plagié Bagatelles pour un massacre qu’il a été publié par Gallimard, plaisante sur le suicide de l’anti-nazi Zweig, Sophia Chikirou trouve que ” L’Humain d’abord” c’est changer de sujet pour évoquer les caleçons de Nabe, qui n’en attendait pas tant, sans doute.

Madame Chikirou redevient sérieuse pour défendre Mélenchon qui n’a pas voté Strauss Kahn, non bien sur jamais. Ca va, Nabe est rassuré. Rassurer le pro-nazi Nabe semble d’ailleurs très important pour la directrice de communication de Jean Luc Mélenchon, au point de vouloir lui présenter “une amie juive dont la famille a été victime de la Shoah” “israëlienne” très, très bien qui lit Heidegger.

Elle est un peu gênée quand même quand Nabe soutient que les journalistes de Charlie Hebdo méritaient de mourir. Ca va loin là, personne ne mérite de mourir, avance courageusement Sophia Chikirou, face au défenseur de Daesh. Elle voudrait partir mais en même temps rester, comprendre, apprendre. Elle jette un oeil à ses livres “au régal des vermines ça m’inspire ça”. Puis un dernier coup d’oeil à sa revue. Un montage photo avec Finkielkraut en ébat sexuel avec Onfray, c’est dégoûtant mais elle regarde quand même…

Regarder cette vidéo, un an après pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon et sa conseillère en communication ont choisi quelques semaines plus tard de ne pas appeler à voter contre le Front National, tout en se prétendant les seuls vrais antifascistes conséquents. Parce que Sophia Chikirou est aujourd’hui la responsable du Media. Cet hiver Le Media a relayé fidèlement les positions de Jean-Luc Mélenchon, celles qui justifient l’écrasement dans le sang de la révolution et des civils syriens. En invoquant la lutte contre Daesh et les “islamistes”, en prétendant que les images et les récits des crimes contre l’humanité commis par Assad et Poutine n’étaient pas fiables.

Antifasciste, laïque et objective, la responsable du Média ?

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, on pouvait voir l’antifasciste copiner face caméra avec un antisémite obsessionnel, dont les succès littéraires n’ont jamais tenu qu’à la fascination de certains milieux pour le vomi fasciste, de ceux qui à défaut de Céline, mangent du Nabe.

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, on pouvait voir la directrice du très laïque Mélenchon, toujours prêt à dénoncer l’islamiste qui se cache derrière tout musulman bombardé par un dictateur, discuter paisiblement avec un soutien affiché (et jamais inquiété) des groupes terroristes djihadistes.

Un an plus tard, la France Insoumise et Le Media sont finalement à l’image de ce badinage sordide avec l’extrême-droite la plus décomplexée. A la pêche aux électeurs de Philippot ou aux fans de Soral. Copinant sans honte avec le pire de l’islamophobie ou le pire de l’antisémitisme, c’est selon le moment.

Regarder cette vidéo un an après, pourquoi ? Pour voir la France Insoumise telle qu’elle est, tout simplement, pendant qu’il est encore temps. Et que les belles âmes qui auraient peur de faire de la pub à ce néo-nazi de Nabe tremblent pour de bonnes raisons: regarder en face la collaboration de ce qui se présente encore comme une force progressiste avec le fascisme le plus décomplexé est une nécessité que la France Insoumise nous impose.

La plus grande fierté des insoumis est de ne surtout pas faire barrage. Jamais.

La vidéo est accessible ici:

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