Aurore Berger: traquer le prétendu « nouvel antisémitisme » , réhabiliter l’ancien
La théorie du « Grand Remplacement » est une théorie raciste dont la généalogie est profondément antisémite. Ce n’est pas une accusation polémique, mais une histoire largement documentée par les chercheurs qui travaillent sur les extrêmes droites, le suprémacisme blanc et l’antisémitisme.Le remplacement des populations blanches n’a pas d’abord été pensé comme un simple phénomène démographique. Dans une part importante de cette tradition idéologique, il est présenté comme le résultat d’une volonté politique : quelqu’un organiserait l’immigration, encouragerait le métissage, détruirait les frontières et travaillerait à la disparition des peuples blancs. Et pendant très longtemps, ce quelqu’un a porté un nom : les Juifs. C’est ce qui rend les déclarations d’Aurore Bergé particulièrement sidérantes. Le 10 septembre 2026, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations explique que le « Grand Remplacement » relève de la « liberté d’expression ». La veille, sur CNews, elle avait refusé à plusieurs reprises de qualifier cette théorie de raciste. Sur Franceinfo, elle précise que cette théorie serait « mensongère », « fausse factuellement », qu’elle « attise les peurs », mais que chacun aurait néanmoins « le droit de défendre cette idée-là ». La qualifier de raciste reviendrait, selon elle, à dire « qu’on n’a pas le droit d’en débattre ».[1] Il fallait oser, car Aurore Bergé est aussi celle qui, depuis plusieurs années, réclame d’élargir toujours davantage ce qui doit être reconnu et poursuivi comme antisémite.Elle affirme que « l’antisionisme est devenu le cheval de Troie de l’antisémitisme », soutient la…