
Une main arrachée. Des yeux éborgnés. Une mâchoire et les dents défoncés. Des crânes claqués contre le bitume. Des cous étranglés. Des bras cassés. Des visages tasés. Des attouchements sexuels. Des poitrines qui suffoquent sous le poids trop lourd de cinq policiers. Une noyade simulée par un représentant des « forces de l’ordre ». Des personnes menottées, enfermées, déshabillées de force, insultées, humiliées. Ou encore alignées par dizaines contre un mur.
Voilà ce que la Macronie fait aujourd’hui à nos enfants, des jeunes qui pour certains ont à peine 13 ans.
4500 mineurs placés en garde à vue. Des tirs tendus de LBD à bout portant. Dans le visage et dans les jambes. Des policiers qui pointent leur arme sur des lycéens réfugiés dans des bâtiments scolaires. Des grenades balancées sur des rassemblements pacifiques. Des voitures de police qui foncent sur des rassemblements de jeunes. La police montée qui les charge. Ailleurs, des motos qui percutent volontairement des manifestants, ou des journalistes. Des chiens lâchés sur les jeunes manifestants. Des élus, des enseignants et des parents d’élèves insultés, menacés, jetés au sol.
Tout ça, rappelons-le, parce que la jeunesse revendique le droit d’étudier dans de bonnes conditions. D’avoir des enseignants, des AESH, des infirmier.es , des Assistant.es d’Education, des psychologues scolaires et des assistant.es sociaux. D’avoir des locaux pas infestés par les rats ou des cafards. Sans amiante, sans moisissures d’humidité, sans plafonds qui s’effondrent. D’avoir de l’eau potable. Suffisamment de WC, avec des portes qui ferment, du papier et du savon. De disposer de plus de 30 minutes pour déjeuner. De ne pas passer des examens par 40 degrés l’été, ni des hivers à 18 degrés en classe. Et de ne pas être 40 par classe.

Mais les ministres millionnaires de ce gouvernement, tous formés dans des écoles privées, comme leurs enfants, méprisent l’école publique, comme ils méprisent les gens qui ne font pas partie comme eux des 5% les plus riches. Pire, ils font de la casse de l’Education nationale et des services publics une priorité, parce qu’ils ne supportent pas l’idée d’intérêt général, et de redistribution des richesses. Et bien sûr, aussi, pour pouvoir redistribuer aux grandes fortunes et aux détenteurs du capital les ressources de ce patrimoine commun broyé.
Et lorsque l’on ose remettre en cause ce nouvel ordre établi, et la misère sociale qu’il entend généraliser, le pouvoir réprime les manifestants dans le sang pour les intimider et les faire taire. Avant de nous dire, en cœur avec les médias aux ordres : « légitimité de la violence institutionnelle ». Mais cette « légitimité » cache bien mal la totale illégitimité politique d’un pouvoir qui n’est même plus élu et ne reconnaît même plus le résultat des urnes. Elle cache bien mal le rejet généralisé des réformes et budgets qui se succèdent, toujours au profit des mêmes 5% les plus riches de la population, entraînant toujours plus de malheur au sein de la population.
Le cycle de la casse sociale, des protestations matées dans le sang, de la destruction des droits fondamentaux, et de la confiscation du pouvoir politique, n’est pas nouveau. La Macronie l’a imposé comme une norme depuis 9 ans. Elle a installé la peur chez les citoyen.nes : la peur d’aller manifester, la peur de revendiquer ses droits, la peur de défendre les droits des autres, la peur d’afficher ses idées politiques, la peur de s’engager.
Jusqu’alors pour la majorité de la population, ça ne touchait que « les autres ». Les gilets jaunes, les gamins des quartiers populaires quand un des leurs se faisait assassiner par la police, les musulman.es « un peu trop » politisé.es, les militants contre un génocide en Palestine, les camarades handicapé es qu’on laisse crever en silence en plein canicule, quand on ne leur propose pas juste de les « aider à mourir ».
Et le mouvement antifasciste a toujours prévenu qu’accepter les injustices, la répression sanglante et les lois d’exception pour une catégorie de population, c’est l’accepter pour tout le monde. Et que l’inaction et l’indifférence parce que ça concernerait « les autres » est à la fois une complicité morale, et aussi un déni du réel à venir : la fin des libertés garanties nous rattrape toujours, le droit détruit pour un seul l’est pour nous toustes.
Aujourd’hui, ce sont nos enfants dont les corps sont violentés et les libertés détruites. Le cycle de l’exploitation et de la répression a atteint une forme d’aboutissement. Macron et ses gouvernements ont fait de notre système politique un régime autoritaire et de l’espace citoyen une zone contrôlée et policée.

Les lycéens ont courageusement ouvert la voie, les étudiants leur emboîtent le pas. Les travailleurs et précaires les rejoignent. Il ne dépend que de nous de faire du mouvement social qui s’ouvre l’occasion d’un retour à l’Etat de droit.
C’est le moment pour les droits fondamentaux de retrouver toute leur place. C’est le moment pour l’espace civique de redevenir un espace de liberté et d’égalité pour toustes. C’est le moment de se battre contre les injustices sous toutes leurs formes : exploitation capitaliste, suprémacisme blanc, islamophobie, colonialisme, patriarcat, validisme.
Bonne lutte à toustes ! Nous sommes ensemble !