"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

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Christophe Tarricone

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Christophe Tarricone

Service National Universel: patriotisme, air pur et pastilles de Vichy.

in Ecole/Mémoires Vives by

Aucune période contemporaine de crise nationale n’a échappé à une réflexion sur la jeunesse, vue à la fois comme une victime de la crise, un facteur de la crise (cette jeunesse par sa décadence ne peut que précipiter le déclin de la nation) et une solution à la crise, une fois qu’elle aura été régénérée, rééduquée, de nouveau convaincue des vertus du patriotisme et du nationalisme, seuls ciments efficaces de la communauté nationale. Vichy a ainsi vu naître l’expérience des Chantiers de la jeunesse initiée par le très pétainiste général de La Porte du Theil, qui de juillet 1940 à la fin de l’année 1944, concerna plus de 500 000 jeunes garçons soudainement perçus comme responsables de la défaite car gangrénés par l’esprit de jouissance, parce que convertis au culte de l’apéro, pour avoir perdu tout amour pour la patrie et donc toute volonté de sacrifice pour elle. Il fallait donc, au plus tôt, redresser cette jeunesse défaillante, l’extirper de l’influence malsaine des villes où l’usine et les mauvaises idéologies l’avaient pervertie. Cette volonté se concrétise dans la création de 40 groupements des chantiers de la jeunesse en zone dite libre, situés dans des déserts au sens monastique même du terme, où les jeunes hommes doivent passer 8 mois. Cette expérience s’inscrit dans une réflexion foisonnante et multiforme où s’entremêlent attrait pour le scoutisme, intérêt pour l’expérience des équipes sociales de Robert Garric, normalien et catholique pratiquant . Celui-ci fonde un mouvement au sortir de la Première Guerre mondiale qui…

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L’école au temps de l’hystérie islamophobe

in Ecole/islamophobie/Laïcité/Religions by

Il y a des temps dans la vie d’un pays où l’on sent que tout s’emballe, qu’une sorte d’hystérie s’installe. On a du mal à se rappeler précisément à quel moment tout à commencé à déraper, pourquoi on en est arrivé là, mais le constat est implacable Les décisions irrationnelles succèdent aux prises de parole intempestives, la concurrence entre excités et haineux emporte la raison des plus faibles, chaque événement est analysé au prisme du soupçon d’une cinquième colonne intérieure qui minerait, par son refus de disparaître par fusion et dissolution dans le corps commun, la communauté dans son ensemble. Il semble que malheureusement nous en soyons là. Que cette séquence ait été ouverte en 1954, 1962, 1973, 1989, 2001, 2004, 2012, 2015 ou le 16 octobre 2020 importe peu. S’évertuer à trouver l’événement autour duquel se cristallisent les tensions formidables et la détestation de tous contre tous qui semble nous agiter c’est la marotte de ceux qui de Cnews aux plus hautes sphères de l’État pensent que trouver un point de départ permettra de désigner un ennemi clairement identifié, s’exonérant par la même de toute réflexion profonde sur les raisons structurelles qui empêchent un modèle qui a l’ambition de permettre la réalisation d’un progrès politique, économique et social pour tous. Et l’on peut légitimement penser que lorsque cette agitation continuelle, ces conflits, cette haine touchent l’école, qu’ils prennent pour cadre l’école, qu’ils visent une partie des élèves de cette école, nous ne sommes plus très loin du désastre. Bien…

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Maurras et Pétain, faux plis du drapeau de Macron

in Antisémitisme/Chroniques du déni/islamophobie by

« Nous sommes devenus une société victimaire et émotionnelle. La victime a raison sur tout. Bien sûr, il est très important de reconnaître les victimes, de leur donner la parole, nous le faisons. Mais dans la plupart des sociétés occidentales, nous assistons à une forme de primat de la victime. Son discours l’emporte sur tout et écrase tout, y compris celui de la raison. Par conséquent, celui qui a tenu un discours antisémite ou a collaboré tombe forcément dans le camp du mal radical. Je combats avec la plus grande force l’antisémitisme et le racisme, je combats toutes les idées antisémites de Maurras mais je trouve absurde de dire que Maurras ne doit plus exister. Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire. À cause de la société de l’indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l’Histoire et on simplifie tout. » – Emmanuel Macron, dans l’interview accordée à L’Express le jeudi 17 décembre 2020. Comment perdre une autre occasion de se taire ? Emmanuel Macron peut, à juste titre, dans l’entrevue qu’il accorde à L’Express s’alerter que la parole publique soit aujourd’hui affaiblie par le relativisme, par des commentaires permanents qui finissent par faire oublier le sens premier même de cette parole. Mais le moins que l’on puisse écrire c’est…

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La question de l’enseignement de l’arabe, entre postures racistes et justifications utilitaristes à côté de la plaque.

in Chroniques de la violence brune/Ecole/islamophobie/Laïcité/Mémoires Vives by &

La question de l’enseignement de cette langue dans le système scolaire français est devenu un marronnier depuis déjà bien trop longtemps. À intervalle régulier, l’opinion est secouée par le surgissement de ce débat, souvent à l’issue de l’initiative d’une ou d’un ministre de l’éducation nationale proposant de faciliter l’enseignement de cette langue. En 2016 comme en 2018 et encore aujourd’hui, ceux qui s’émeuvent de cette initiative ne cachent même pas le racisme autour duquel leurs éructations se construisent. Et ils racontent à peu près tout et n’importe quoi pour fustiger cette mesure. Pour ces éminents connaisseurs de l’école et du destin des enfants d’immigrés, cet apprentissage favoriserait le communautarisme. Comme si la possibilité offerte à des enfants ou petits enfants d’arabophones d’apprendre à l’école la langue de leurs ascendants allait immédiatement précipiter toute cette marmaille vers les classes de langue arabe. Réflexion digne d’une moule, mais on ne sera guère étonné de la part de Ménard et consorts. Un petit décentrement sur les choix linguistiques des descendants d’Italiens ou d’Espagnols leur aurait suffi pour ne pas raconter n’importe quoi. Combien sommes-nous à ne même pas avoir envisagé d’apprendre à l’école une langue qui nous rattachait immédiatement à notre altérité ? Combien il a fallu de détours aux descendants d’Italiens de seconde ou troisième génération, ce qui est la situation de la grande majorité des élèves éventuellement concernés par cet enseignement de l’arabe aujourd’hui, pour s’intéresser à la culture et à la langue italienne autrement qu’à travers la composition des repas…

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The “Décathlon hijab” case: secularism in the broad sense or racism?

in Other Languages by

The “affair” of the running hijab is the latest development in the debates on the place of Islam in France. These debates seem endless since 1989 in a context of increasing influence of fundamentalist tendencies among Muslims in France (without any possiblity of accurately determining which ones can be grouped under the term Islamists). It is also the context of a greater visibility in the public space of the presence of the adherence to this form of Islamic practice, particularly by women, through the display of clothing. This development is taking place in a context marked by terrorist attacks claimed by Islamist jihadism, and committed by French people or young men who grew up on French soil. This can only lead to be suspicious that any form of Islamist fundamentalism could be colluding with this violence. A violence that is never blind, since it has targeted victims and places that are quite clearly identified. The decision taken by a wholesaler to market this garment to women could only provoke tensions, because it was once again bringing back to the centre of the debate the question of the place of women in the Muslim religion and its relationship to men. Behind this anecdotal fact lies the haunting question of women’s control of their bodies, the question of the obligation that can be imposed on them to cover themselves or even hide in a society that has seen French women, through their mobilization, gradually become masters of their bodies since the 1960s…

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Affaire du “hijab Décathlon”: laïcité au sens large ou racisme ?

in Laïcité by

L’ « affaire » du hijab de running est le dernier développement des débats sur la place de l’Islam en France. Ces débats semblent sans fin depuis 1989 dans un contexte de progression de l’influence des tendances fondamentalistes parmi les musulmans de France (sans que l’on sache précisément dénombrer ceux que l’on rassemble sous le vocable d’islamistes) et une plus grande visibilité dans l’espace public de cette présence par l’affichage vestimentaire, par les femmes en particulier, de cette adhésion à cette forme de pratique de l’Islam. Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par des attentats revendiqués par le djihadisme islamiste et commis par des Français, ou des jeunes hommes qui ont grandi sur le sol français, ce qui ne peut que conduire à soupçonner toute forme de fondamentalisme islamiste de collusion avec cette violence jamais aveugle puisqu’elle a ciblé des victimes et des lieux tout à fait clairement identifiés. La décision prise par une enseigne de grande distribution de commercialiser ce vêtement à destination des femmes ne pouvait que susciter des crispations car une nouvelle fois elle remettait au centre du débat la question de la place des femmes dans la religion musulmane et de son rapport aux hommes. Derrière ce fait anecdotique se rejoue la question lancinante du contrôle par ces femmes de leurs corps, la question de l’obligation qui peut leur être imposée de se couvrir, voir de se dissimuler, dans une société qui a vu les femmes françaises par leur mobilisation devenir progressivement maîtresses de…

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L’échec programmé des classes populaires, le lycée selon Blanquer

in Ecole by

Maîtriser la communication est sûrement essentiel pour faire de la politique mais cela ne peut en rien constituer une politique publique en soi, encore moins en matière d’éducation et d’école. Jean-Michel Blanquer est sûrement un expert de la communication politique, à tel point qu’il arrive à vendre dans l’opinion et chez les parents une réforme portée essentiellement par les vertus en partie conservatrices du mérite comme si elle allait se traduire dans les faits par une égalisation des chances.

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Lycées et égalité sociale: faire grève pour une réforme radicale

in Ecole by

Réformer le lycée, oui mais pour faire quoi ? Hier, une nouvelle fois, nous enseignants, enfin une partie d’entre nous (le ministère compte moins de 10% de grévistes) nous sommes mis en grève, en particulier contre la mise en place de la réforme dite Blanquer du lycée. Baroud d’honneur ou jalon posé pour une refondation d’un système secondaire qui peine à résoudre son défi majeur, la réduction des inégalités face à la réussite scolaire, ce mouvement minoritaire doit pour nous être l’occasion de penser dans les établissements une profonde transformation du secondaire puisque le ministère ne prend même plus la peine de nous considérer comme des interlocuteurs dans les mutations que lui porte. Car nous avons bien conscience que l’école a besoin d’être transformée, et c’est là peut être le seul point d’accord que l’on peut avoir avec le ministre qui s’illusionne quand il interprète la faible mobilisation comme un ralliement à ses mesures. En ces heures de grand débat, il devrait venir visiter de façon impromptue quelques lycées et rencontrer les personnels, cela l’éclairerait rapidement sur l’ampleur du soutien dont il bénéficie…

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Mémoire de la Shoah: un sondage problématique

in Mémoires Vives by &

La publication le 27 novembre par CNN d’un sondage portant sur l’antisémitisme dans plusieurs pays européens a entraîné de nombreuses réactions quant aux résultats. Un élément en particulier a attiré l’attention en France: selon ce sondage près d’un français sur cinq ignore ce qu’est la Shoah. Le chiffre a été particulièrement commenté. Pourtant ce résultat interpelle. La prise en compte de la part de personnes déclarant ignorer ce qu’est l’Holocauste parmi les résultats recueillis dans les différents pays européens (sept au total) sur lesquels le sondage a porté offre une perspective globale, permettant de mettre en lumière plusieurs choses et d’interroger cette statistique concernant la France.

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Violence à l’école, violence de l’école

in Ecole/Instants by

La violence à l’école, pour moi, c’est paradoxalement d’abord le souvenir de celle d’une famille d’élève à l’encontre de son enfant. Le souvenir d’une rencontre avec un père et son fils que j’avais convoqués pour une remontée de bretelles et qui s’est terminée par une volée de coups sur un gamin de cinquième après l’exposé du premier reproche que j’avais à lui faire en tant qu’élève. La violence, pour moi, a le visage trop prévisible de ce qui devait advenir presque immanquablement à ce jeune garçon, le conseil de discipline quelques mois plus tard, la prison pour lui devenu adulte et ensuite l’errance d’hébergement d’urgence en hébergement d’urgence. Et pour moi l’apprentissage que peut-être, tout n’était pas bon à dire. Et la certitude désormais ancrée de ne pas être, ou pas assez capable de changer les destins individuels de ceux que l’Etat me confiait au nom d’une mission que l’on sent tous comme vitale pour notre commun. Mais dont on comprend rapidement qu’elle est rendue trop souvent impossible pour ceux qui en ont le plus besoin à cause des poids qui créent et entretiennent les inégalités au vu et au su de tous.

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