"Je n'ai pas vécu la liberté, mais je l'ai écrite sur les murs" (la révolution syrienne)

Author

Anshl Mihaly

Anshl Mihaly has 3 articles published.

Avatar

Les Juifs ne sont jamais Juifs

in Antisémitisme/Chroniques du déni/Négationnisme by

Les Juifs ne sont jamais Juifs. On avait Shlomo Sand et ses disciples trop nombreux qui annonçaient “la bonne nouvelle” tant attendue : les Juifs et avant tout les ashkénazes n’en étaient pas (1). D’autant, nous apprenait-on avec un sourire narquois et satisfait, que, du temps où on ne les avait pas encore rayés de la carte des peuples d’Europe centrale et de l’Est, ils parlaient sans le savoir (les idiots) une langue turque, le yiddish. On aura maintenant aussi un de ses affidés, Julien Cohen-Lacassagne qui, dans un pamphlet publié, tiens donc, à La Fabrique (2), nous livre un calque parfait du livre de son maître. Un calque censé parachever le travail et qui applique avec diligence la même idéologie réductrice et négatrice, les mêmes procédés discursifs et le même dédain pour les sources historiques, aux Juifs d’Afrique du Nord (prochain épisode sans doute, les Juifs yéménites, irakiens, iraniens, indiens et chinois). Si les Ashkenazes étaient sans le savoir des Khazars convertis, ayant au passage perdus de manière inexplicable leurs yeux bridés, les Toshavim (les premiers arrivés) et Megorashim (les exilés d’Espagne) d’Afrique du Nord sont eux des Berbères de religion juive (voir la recension critique, exhaustive et charpentée d’Alexandre Journo publiée par l’INRER (3) ). Etant entendu que si les Juifs ne peuvent, par essence sans doute, exciper de la moindre existence collective dans l’Histoire en tant que ce qu’ils sont (ils s’illusionnent et mentent au Monde), ce ne peut évidemment être le cas des Berbères, qui avec…

Lire la suite

Légitimer l’antisémitisme en prétendant le combattre

in Antisémitisme/Chroniques du déni by

Légitimer l’antisémitisme en prétendant le combattre Un texte, intitulé « Lignes de force de l’UPJB (Union des Progressistes Juifs de Belgique) contre le racisme en général et l’antisémitisme en particulier », a été adopté en décembre 2019 par l’AG de cette organisation bruxelloise. Il est accessible sur son site (www.upjb.be) et sa page Facebook. Ce texte est emblématique tant en raison de ce qu’il dit au sujet de l’antisémitisme que du statut de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique, ou de toute autre organisation juive comparable, au sein de la gauche “anti-impérialiste” et antisioniste.   Descendante directe de l’ « organisation de masse » du parti communiste belge au sein de la population juive bruxelloise, l’UPJB a hérité de celle-ci une identité fondée essentiellement sur un résistancialisme qui, se référant à la participation active des communistes juifs à la résistance armée, représentait la seule version possible, dans un cadre communiste, d’un engagement juif. A partir de la fin des années 70, la question palestinienne a pris progressivement de plus en plus d’importance dans l’engagement de l’organisation jusqu’à en représenter l’axe principal, le ciment identitaire et sa « carte de visite » dans la société civile et le monde politique. Au cours des deux dernières décennies, l’UPJB s’est appropriée à usage démonstratif le vocabulaire diasporiste du Bund (parti socialiste juif opposé à l’Internationale communiste). Elle n’est pas pour autant en mesure, ainsi qu’en attestent ces « lignes de force », de penser la condition juive diasporique hors les cadres de pensée…

Lire la suite

Unorthodox et le conformisme des archétypes.

in Médias etc. by

Unorthodox a généré et générera de nombreux articles journalistiques et bientôt académiques. La presse juive américaine a livré quelques réactions particulièrement critiques y compris venant d’ex-orthodoxes qui ont ressenti le désir et la nécessité de s’extirper du monde khassidique, mais n’en sont pas pas moins réservés et parfois scandalisés par la manière dont la série dépeint leur univers d’origine. Ces réactions portent sur la manière dont la vie communautaire et familiale est décrite ainsi que sur la vraisemblance même du récit, particulièrement de la partie berlinoise dont même le “coach” en chef (et rabbin dans la série) a pu dire dans une interview récente qu’elle ne peut correspondre à un parcours réel. On a largement comparé Unorthodox à la série israélienne Shtisel. Cette dernière relève également d’une recomposition du réel, il s’agit de “cinéma”, pas d’un documentaire “caméra à l’épaule” ou d’un épisode d’une télé-réalité anthropologique à ne surtout pas inventer. Mais Shtisel ne s’est pas construite sur le même genre d’oppositions et personne, semble-t-il, ne s’est senti trahi, sans doute parce que le monde de cette série n’est pas univoque mais complexe. Celui de Unorthodox est dur, parfois inhumain. Son héroïne n’est pas déchirée entre des aspirations paradoxales à l’instar du professeur de religion et peintre de Shtisel. Elle s’oppose mais sans qu’on ne comprenne vraiment comment son opposition s’est construite ou ce qui la distingue de ces femmes qui papotent à l’entrée de l’immeuble dont elle s’enfuit. Seule la fuite la motive. Interroger le succès de la série…

Lire la suite

Go to Top